DIXIÈME LETTRE
A la mère Eléonor Baptiste, prieure des carmélites déchausse'es du cou~ vent de Véus. Il lui enseigne en quoi consiste la vie apostolique et l'abnégation religieuse.
Jésus soit en votre âme. Ne croyez pas, ma chère fille en Jésus- Christ, que je ne vous aie pas porté compassion des travaux que vous avez essuyés avec vos sœurs : non, assurément, cela n'est pas. Cela n'empêche pas néanmoins que je ne me console beaucoup, lorsque jo fais réflexion que Dieu vous a appelée à la vie apostolique, qui est une vie d'humilité et de mépris, et qu'il vous conduit par cette voie. Certes Dieu veut que celui qui entre en religion soit religieux de telle sorte, qu'il renonce à toutes les choses du monde et que toutes les choses du moud ■ le renoncent lui-même, parce que Notre-Seigneur veut être son trésor, sa consolation, son plaisir, toute sa gloire. Au reste, ma, fille, Dieu vous a fait un bien signalé, puisque, oubliant toutes choses, vous pouvez maintenant jouir seule de votre Dieu. Vous devez aussi recevoir avec agrément, pour l'amour de Notre-Seigneur, tout ce qu'il plaira aux hommes de vous faire, puisque vous n'êtes pas à vous-
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