DE L'ORDRE DU BIENHEUREUX SAINT FRANÇOIS
DÉDIÉ AU TRES-MAGNIFIQUE ET TRÈS-DÉVOT SEIGNEITR RODRIGUE DE C1IAVES. DE I.A VILLE DE CIUDAD-RODRIGDE.
TRADUIT DE L'ESPAGNOL par L'ABBE CENAT DE L'HERM.
Très-magnifique et très-dévot seigneur, si j'ai écrit ce petit traité, et si j'ai consenti à son impression, je ne l'ai pas fait par ma propre détermination, mais uniquement pour répondre aux instances tant de fois réitérées que vous m'avez faites de mettre par écrit quelque chose sur l'oraison, qui fût clair, court et succinct, afin que l'utilité en fût plus générale. Un traité peu volumineux et peu coûteux, me disiezvous, serait à la portée des pauvres qui sont dans l'impossibilité d'à-" cheter des livres chers; et clair.il serait utile aux personnes qui ont peu d'intelligence et de pénétration. Ayant compris qu'il y a du mérite à obéir en pareil cas à qui demande une chose aussi pieuse et sainte, que le fruit que l'on peut retirer de celle que vous me proposez, je me suis mis à l'œuvre pour l'exécution de vos saints ordres , bien assuré que ce petit travail ne peut manquer d'être profitable pour moi, si le désir et le grand empressement de plaire à votre seigneurie et à celle de dona Francesca, votre épouse, qui ne vous est pas moins unie par le lien de la charité et de l'amour en Jésus-Christ, notre bien, que par celui du mariage, ne me fait perdre une partie de mon mérite. S'il est vrai, comme on n'en peut douter, que se réjouir du bien que font les chrétiens nos frères, soit un mérite particulier et différent de celui
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