‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 75 sur 448 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

De la préparation qu'on doit faire avant l'oraison.

Nous avons maintenant à traiter en particulier de chacune des parties dont nous venons de parler; nous commencerons par la préparalion, qui est la première de toutes.

En entrant dans le lieu de l'oraison , il faut se mettre à genoux , ou se tenir debout, ou les bras en croix, ou prosterné , ou assis , si on ne peut se tenir autrement. Commencer par faire le signe de la croix, recueillir son imagination, en écarter toutes les idées des choses de cette vie ; élever sa pensée vers le ciel, considérer qu'on est sous les jeux de Notre-Seigneur, s'y tenir avec la même attention et le même respect que si on le voyait réellement présent; concevoir un grand repentir de ses péchés en général : si c'est l'oraison du malin , réciter le Confiteor, et si c'est l'oraison du soir, examiner sa conscience sur ce que l'on a pensé, dit, fait et entendu ce jour-là , et sur l'oubli que l'on y a fait de Noire-Seigneur. S'alfligor des fautes de celte journée, de celles de toule la vie passée, et, en s'humilianl devant la divine majesté, en présence de laquelle on est, dire ces paroles du saint patriarche : Je parlerai à mon Seigneur, quoique je ne sois que cendre et poussière ; dire ensuite ces vcrsels du psaume : J'ai levé les yeux vers vous qui habitez dans les cicux. Comme les yeux du serviteur sont fixés sur les mains de son maître, comme les yeux de la servante sont sur les mains de sa maîtresse, ainsi mes yeux sont tournés vers le Seigneur , dans l'espoir qu'il aura pitié de moi.

Ayez pitié de nous, Seigneur 1 Seigneur, ayez pilié de nous. Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Incapables d'avoir, de nousmêmes, aucuno bonne pensée, Dieu seul nous en rendant capables , et personne ne pouvant invoquer dignement le nom de Jésus, sans une grâce particulière du Saint-Esprit, venez donc, ô Irès-doux Esprit, et envoyez-moi du ciel les rayons de votre lumière. Venez, ô Père des pauvres 1 venez, ô vous qui donnez les lumières! venez, lumière des cœurs 1 venez , ô le meilleur des consolateurs , hôte intime de nos âmes cl leur plus doux rafraîchissement ! Le travail est suivi du repos ; les chaleurs de l'été sont suivies d'une température modérée, et les larmes, de la consolation. O lumière béalifique , remplissez les cœurs de vos fidèles, y. Emilie Spiritum tuum et creabunlur. i}. Et renovabis faciem terrœ. Oratio. Deus, qui corda fidelium, elc.

Vous supplierez ensuite Notrc-Seigneur de vous faire la grâce de conserver l'attention, la dévolion, le recueillement intérieur et le respect que vous devez à la présence de sa souveraine majesté, comme

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aussi d'employer si bien le temps d'oraison, que vous sortiez avec de nouvelles forces et une nouvelle ardeur d'accomplir tout ce qui est de son service. L'oraison qui ne produit pas ce fruit est bien imparfaite et de bien peu de valeur.

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