‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 86 sur 448 · HH · texte numérisé non relu

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TRAITÉ DE L'ORAISON ET I>E LA MÉDITATION

qu'us ofic en comparaison de ce qu'ils désirent. Regardez-vous encore comme dans un miroir, dans la vie des saints et des personnes vivantes qui ont une grande réputation de sainteté ; là vous vous verrez comme uu nain devant un géant et vous serez guéri de votre présomption.

Huitième avis.

On remédiera d'abord à la tentation qui vient du désir immodéré d'apprendre et de savoir, en considérant combien la vertu vaut mieux que la science et combien la sagesse divine l'emporte sur la sagesse humaine. On comprendra ainsi combien il est plus avantageux de se livrer aux exercices qui servent à acquérir l'une, qu'à ceux qui sont propres à l'acquisition de l'autre. Ayez toute la science, toutes les grandes choses du monde que vous voudrez, à la lin vous perdrez toute votre gloire avec la vie. Qu'y a-t-il donc de plus misérable que d'acquérir, au prix de tant de travaux, ce dont on doit jouir si peu de temps ? Tout ce que vous pouvez savoir ici-bas n'est rien; mais si vous vous employez bien à aimer Dieu vous irez bientôt le voir, et en lui vous verrez toutes choses. Au jour du jugement ce n'est pas sur ce que nous aurons lu, niais sur ce que nous aurons fait, ni sur les charmes do notre conversation, ou sur l'éclat de nos prédications, mais sur le bien que nous aurons fait, que nous serons interrogés et jugés.

Neuvième avis.

Le principal remède contre la tentation du zèle indiscret qui nous porte à nous rendre utiles aux autres, est de nous occuper de faire du bien aux autres de manière à ne pas nous nuire à nous-mêmes ; et de ne donner au soin des consciences de nos frères que le temps qui n'est pas nécessaire à celui de la nôlrc, qui en' demande tant qu'un cœur dévot et recueilli n'aurait pas trop du temps de toute sa vie. 11 s'agit d'avancer en esprit, comme dit l'Apôtre, et c'est d'avancer en Dieu qui est en nous-mêmes. Puisque c'est la racine et le principe de tout notre bien , tous nos soins doivent tendre à nous ménager les moyens de faire des oraisons si longues et si profondes qu'elles tiennent toujours le cœur dans le recueillement et la dévotion. Or, pour cela, il ne suffit pas d'une sorte d'oraison et de recueillement quelconque , mais il faut nécessairement que ces exercices soient longs et approfondis.

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