‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 90 sur 448 · LA GRANDE BRETAGNE · texte numérisé non relu

LA GRANDE BRETAGNE

Madame ,

Les œuvres du Bienheureux Jean de la Croix sont reçues de toutes les personnes de piété, avec une approbation si générale, que j'ose espérer- de la bonté de Votke Majesté, qu'elle ne trouvera pas mauvais la liberté que je prends de mettre sous sa protection Royale la traduction que feu ai (aile. Votre Majesté y verra les saintes maximes quelle pratique, et les secrets de la vie intérieure dont elle est si bien instruite : la mortification même des passions, des sens, de l'esprit et de la volonté, le détachement des créatures, la pureté de l'amour divin et de l'union intime avec Dieu, ne lui paraîtront pas des choses nouvelles, puisqu'elle en a depuis longtemps l'usage et l'expérience.

En effet, Madame, quelque force d'esprit que vous inspire l'admirable exemple de ce pieux Monarque, à qui l'amour et le culte de la Religion Catholique ont attiré l'a haine et la persécution des ennemis de l'Église; comment pourriez-vous être contente dans la privation de vos Royaumes, si vous ne trouviez votre satisfaction dam la contemplation de ce Royaume éternel qif Jésus-Christ vous a acquis par son Sang? Comment pourriez-vous conserver une paix si profonde dans les troubles des affaires présentes, si vous ne goûtiez la paix divine que Dieu répand dans les âmes saintes ? Comment seriez-vous si constante et si égale dans les vicissitudes du monde, si vous n'aviez remporté une entière victoire sur les passions et sur les sens, qui sont les sources ordinaires de nos changements? Comment souliendriez-vous avec tant de fermeté les efforts des ennemis, qui mettent votre velu à une si rude épreuve, si vous n'aviez appris dans le commerce que vous avez avec Dieu, à adorer ses desseins sur vous, et à baiser la main qui vous frappe ? Comment souffririez vous avec une patience héroïque d'être dépouillée de tout ce que la terre a de plus glorieux, si vous ne mettiez votre plaisir et votre gloire à vous revêtir de Jésus-Christ crucifié ? Comment seriez-vous éclairée, touchée, persuadée de ces vérités, si tous ne possédiez celle science des Saints, qu'on puise dans la méditation des grandeurs de Dieu, des exemples du Sauveur et des maximes de l'Evangile?

La lecture de cet Ouvrage ne servira pas peu à fortifier dans le cœur de Votre Ma-

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36i PREFACE DE L EDITEUR.

jesté les dispositions heureuses dont le Seigneur l'a prévenue avec tant d'abondance. Llle y connaîtra les admirables communications dont Dieu favorise tes âmes qu'il a éprouvées par de longues souffrances. Elle y remarquera comme il élève les personnes crucifiées au sublime étal de l'union divine. Elle y apprendra que les Croix intérieures et extérieures sort un chemin sûr pour arriver à ta sainteté. Elle y découvrira les moyen* que Dieu emploie pour s'attacher inséparablement les âmes souffrantes. Enfin, Madame, Votre Majesté y trouvera de quoi s'affermir dans l'esprit d'oraison, dans le mépris des grandeurs humaines, dans l'amour de la Croix, dans le détachement des choses créées, dans l'union avec Dieu, et dans celte force chrétienne, qui l'élève au-dessus des accidents de la vie.

Tandis que tout le monde admire ces illustre* qualités, permettez-moi. Madame, de présenter cet Ouvrage à Votre Majesté, pour lui marquer ma reconnaissance particulière de ses bontés pour notre Compagnie, et le profond respect avec lequel je suis,

Madame , De Votre Majesté ,

Le très-humble et très-obéissant serviteur en Jésus-Christ ,

Jean MAILLARD; rft' la Compagnie de Jésus.

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