‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 98 sur 448 · ÉLOGES DU B. JEAN DE LA. CHOIX · texte numérisé non relu

ÉLOGES DU B. JEAN DE LA. CHOIX

eernement des véritables révélations d'avec les fausses, et pour Inriifier les âmes dans le chemin de la perfection. De là vient que ceux qui les Usent comparent la doctrine qu'ils contiennent avec celle de saint Denis l'Aréopagite.

TROISIÈME ÉLOGE. Du irès-révérend P. Jean de Vicougna, Recteur du collège de la Compagnie de Jésus,

en la ville d'Vbède, dans les informations faites pour la canonisation du Y. l'.Fr.

Jean de la Croix.

J'ai entendu plusieurs personnes qui parlaient avec beaucoup d'estime de la profonde humilité, de la rigoureuse pénitence et de la très-sublime oraison du saint Père le Frère Jean de la Croix ; et de ce que j'ai vu dans les livres qu'il a écrits, j'mlère que ce saint homme pratiquait une sévère pénitence extérieure, jointe à l'abnégation de soi-même, à la pénitence intérieure, à un ardent amour pour Dieu, comme l'avait fait saint François. Car j'ai eu beaucoup de connaissance dos austérités de re saint Père Fière Jean de la Croix, et du violent amour qui l'embrasait pour Dieu, et qu'il fait assez paraître en ses Ouvrages. C'est pourquoi la tendresse et l'affection qu'il y montre prouvent clairement que c'était l'expérience qui le faisait parler, et qu'il éprouvait en lui même la privation de toutes choses, et le parfait amour pour son Dieu, comme la seule lecture de ses livres nous en peut convaincre. Car elle enflamme aussitôt l'âme et lui donne une marque du grand amour de ce saint Religieux. Je me suis occupe plusieurs fois à la lecture de ses écrits, et la doctrine qu'ils contiennent m'a toujours paru remplie d'une sagesse céle>le. Ce S"ni aussi des preuves évidentes des grandes lumières qui éclairaient l'Auteur, et de l'étroite union qu'il avait avec Dieu. La plupart de ceux que j'ai lus ne me semblent pas avoir une théologie si mystique ni si relevée que celle du saint Père Jean de Ja Croix, lequel y répand de grandes lumières pour aller à la perfection. Pour moi j'avoue, quoique je sois très-peu avancé en cetie voie, que je sens cet effet lorsque je lisses ouvrages, d'où il sort une certaine chaleur qui m'anime à l'amour de Dieu. C'est pourquoi je m'en sers pour mon profit particulier, et pour l'avancement de ceux avec lesquels j'ai quelque commerce en la vie spirituelle ; tellement que, ne les ayant pas d'ailleurs, je les ai fait transcrire. Entre les Œuvres spirituelles qu'il a composées, il s'est trouvé un petit trailé appelé le Mont, où ce saint Auteur décrit la manière de monter à la perfection. Comme il était écrit de sa propre main, je l'ai beaucoup estimé; et comme il contient une excellente doctrine, j'en ai fait présent à madame Thérèse deZuniga, Duchesse d'Arcos, comme d'un riche trésor. J'ai fait tirer des copies de ce petit Mont, que j'ai distribuées à diverses personnes, tant savantes qu'ignorantes, qui toutes en ont fait beaucoup d'état, à cause des principes qui s'y trouvent et de la sainteté de l'Auteur.

QUATP.IÈME ÉLOGE.

Du docteur François Miravete, d'un esprit, d'une pieté et d'une érudition rares, Conseiller et Doyen en la cour de Justice d'Aragon, établie à Saragusse. Jle.-t tiré d'une Lettre qu'il a écrite à une personne religieuse.

Depuis plusieurs années je demande instamment à Dieu en mes prières, quoique bien misérables, la béatification de son grand ami et de son fidèle serviteur, le Père Fr. Jean de la Croix. A la \érilé, je ne l'ai pas connu pendant sa vie ; mais les livres qu'il a composés, et qui sont pleins d'une doctrine céleste, pour la consolation et la conduite des personnes spirituelles le font assez connaître. Ils découvrent clairement sa sainteté, ses vertus illustres, son esprit intérieur et son éminenie oraison; sa mortification sévère, sa rigoureuse pé litence, ses autres perfections, qui l'ont élevé à l'union et à la transformation divine. Il était si enflammé de l'amour de Dieu, que cet ait un Séraphin dans le corps d'un homme. Ses livres donnent des enseignements, et ouvrent des voies admirables pour aller à celle union et à celle transformation. Ils nous montrent les obstacles qui s'opposent à la poursuite de ce bien incomparable, et qui non.-, détournent de cet heureux port. Pour dire, selon mon incapacité, ce que je pense de sa doctrine, je crois qu'elle a é é infuse et révélée. Aussi plusieurs savants et plusieurs spirituels de re royaume estiment beaucoup ses ouvrages, et les ont acheté-, afin d'en lirer du secouis pour arriver à la perfection chrétienne ; et ceux qui ne les ont pas, les désirent et les cherchent pour la même fin.

Page 1