‹ uvres tres-complètes de Sainte Thérèse (volume 2)Chapitre 99 sur 448 · CINQUIÈME ÉLOGE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME ÉLOGE

De l' Illustrissime et Récérendissime Seigneur don Antoine Pérez, Evéque d'Urgel. Il est extrait d'une lettre qu'il a écrite à la Révérende Mère Anne de Jésusy fondatrice

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372 ÉLOGES Di: B. JEAN DE LA CROIX.

des Carmélites déchaussées, en France et en Flandre, en lui renvoyant les OEttvret spirituelles du Vénérable Pire Fr. Jeun de la Croix.

Je renvoie a V. R. les Œuvres du vénérable Père Jean de la Croix, voire roaîire spirituel, que vous avez souhaité que je lusse. Elles sont si saintes, que, jugeant selon la petitesse de mon esprit, je crois que votre sacrée religion s'y peut voir comme dans le miroir de toute sa perfection. On y enseigne si clairement la voie purgative dont vous faites profession, qu'on appelle pour sujet un des traités, la Nuit obscure, pour apprendre à l'homme spirituel à ne se pas regarder soi-même au point de pouvoir dire comme saint Paul, parlant de Noire-Seigneur : Peut nous, nous ne connaissons plus personne désormais selon ta chair ; et si nous avons connu autrefois Jésus-Christ selon la chair, nous ne le connaissons pas maintenant de la sorte (II Cor., v, 16). Si on s'attache aussi à la vie illuminalive, elle y paraît avec tant d'éclat, qu'on peut dire après le même Apôtre : Ce n'a point éié avec les paroles que la sagesse humaine emploie pour persuader ce qu'elle se propose, que je vous ai porté et que je vous ai prêché l'Evangile, mais avec la démonstration de l'esprit et de la puissance (I Cor., 11, i et 10). On peut même ajouter avec lui : Pour mous, nous avons tes sentiments de Jésus-Christ. Si on cultive enfin la vie unitive. on trouve ici toute sa perfection en un degré si éminenl. qu'il semble qu'on ait l'expérience de ce que saint Paul a écrit aux Corinlbiens : Celui qui s'unit au Seigneur, devient un même esprit avec lui (I Cor. vi, I"). Ainsi V. K. peut garder ces livres comme un riche trésor, et comme un grand don du ciel, puisqu'ils renferment des instructions dont la pratique est fort salutaire ; et je ne doute pas que celui qui les a donnés ne les observât d'une manière excellenie. Je prie V. R. de se souvenir de moi en ses prières.

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