‹ uvres tres-complètes de Sainte ThérèseChapitre 166 sur 201 · AVIS III · texte numérisé non relu

AVIS III

l'our les cannes déchaussés.

Que les religieux communiquent peu avec les séculiers, et seulement pour procurer le salut des âmes.

Ce n'est point sans sujet que Dieu défendait autrefois à son peuple d'avoir aucun commerce avec les étrangers. Alierùgena non miscebitur libi. C'est qu'il était à craindre que les mœurs étrangères ne vinssent à corrompre les mœurs des enfants d'Israël ; car le vice attire à lui plus aisément la vertu que la vertu n'attire le vice.

Ceci nous rappelle la dispute des bons anges, rapportée par le prophète Daniel (10, v. 15). L'ange du peuple de Dieu disait •« Que le peuple sorte de Cbaldée, de peur i (pie les méchants ne pervertissent les bons. L'ange de Perse disait au contraire • * Que le peuple demeure , parce que les boas convertiront les méchants. » Ce fut

l'ange du peuple qui l'empoi 1 1 : d'où nous devons conclure qu'il y avait plus de lions qui se perdaient par le commerce des méchants, qu'il n'y avait de méchants qui se sauvassent par la fréquentation des lions.

« Toutes les fois que j'ai fréquenté les hommes, disait un grand serviteur de Pieu, j'en suis revenu moins homme, » c'est-à-dire, plus éloigné de la dignité de l'homme, el , plus rapproché de la misère de la bête.

Cependant la Sainte ne demande pas à ses enfants qu'ils n'aient aucun commerce > avec les gens du monde. Elle exige seulement qu'ils en aient le moins qu'ils pour- j ront, el uniquement pour procurer le salut du prochain; c'est-à-dire , qu'ils' joignent la vie active à la contemplative, de manière que celle-ci ait toujours la préférence.

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