AVIS VIII
Pour tirer du fruit des persécutions.
Si nous voulons que notre âme tire avantage des persécutions et des injustices, il nous faut considérer qu'elles attaquent Dieu avant nous, et que, quand le coup parvient à nous, il a déjà été porté à la divine Majesté par le péché.
Celui qui aime véritablement doit vivre pour l'objet aimé, et non pas pour lui-même. Tout ce que ce cher objet veut bien souffrir, pourquoi ne le souffririons-nous pas? Nous ne devons avoir d'autre chagrin que celui de voir Dieu offensé. Eh! que nous importe à nous autres? on ne peut faire aucun mal à notre âme; et pour ce qui est de ce corps de terre, il a bien mérité de souffrir.
Souffrir et mourir, c'est tout ce que nous devons désirer.
Personne n'est tenlé au-delà de ce qu'il peut supporter.
Kien n'arrive sans la volonté île Dieu. Mon père, vous êtes le >■' d'Israël et celui qui le mène, disait Elisée à Elie v4 Rois -, 12).
REMARQUES
Lorsque nous recevons une injure, nous ressentons toujours plus vivement l'oi'feuse qui nous est faite, que relie qui esl faite à Dieu. Cela \ieut de ee que nous nous aimons nous-mômes plus que nous n'aimons Dieu. Si nous étions bien pénétrés de la doctrine de la Sainte, si l'amour divin prévalait en nous sur l'amour propre, nous nous affligerions principalement par rapport à Dieu ; nous implorerions sa miséricorde pour celui qui nous offense, et la haine ni la vengeance ne pourraient trouver place dans notre cœur.
Les dernières paroles de cet avis ont pour objet les effets admirables de la grâce. Dieu a tant d'amour pour l'âme qu'il fait presque tout pour elle, avec sa grâce ou par sa grâce. C'est lui qui nous excite, c'est lui qui nous élève, c'est lui qui omis réveille, c'est lui qui nous porte, c'est lui qui nous anime, c'est lui qui nous montre le chemin, c'est lui qui nous ouvre les yeux, c'est lui qui panse nos plaies, c'est lui qui nous guérit, c'est lui qui nous touche le cœur, c'est lui qui nous conseilla, c'est lui qui nous instruit, c'est lui qui nous persuade, c'est lui qui nous convainc, c'est lui qui triomphe de nous; enfin, comme disait saint Paul (1 Cor. 15, 10), t ce n'es! pas moi qui agis, mais c'est la grâce de Dieu qui agit avec moi : non ctjo, seci yralia Dei mectmi. C'est-à-dire, je donne à Dieu ma volonté, mais c'est lui qui me fait la grâce de lui donner ma volonté ; j'opère, mais c'est Dieu qui me fait opérer; c'est Dieu qui me donne le pouvoir d'opérer par lui, avec lui, pour lui.
AVIS DONNES PAR LA SAINTE DEPUIS SA MORT, PAR LE MOYEN DE l'iL— LUSTRE ET VÉNÉRABLE FILLE CATHERINE-DE-JÉSUS FONDATRICE DU COU- VENT DE VÉAS, AU PÈRE JÉRÔME GRATIEN, PREMIER PROVINCIAL DE 1.1 RÉFORME, ET AUX CARMÉLITES.