‹ Œuvres, Volume 1Chapitre 2 sur 115 · JOCASTE , OLYMPE · texte numérisé non relu

JOCASTE , OLYMPE

JOGABTB.

Ils sont sotth , Olympe? Ah 1 mortelles douleurs; Qu*un moment de repos me va coûter de pleurs ! Mesyettx,depuissixmois»étaientouyertsattxlarmes^ Et le sommeÛ les ferme en de telles alarmes ! Puisse plutôt la mort les fenner pour jamais , Et m' empêcher de Toir le plus noir des forfaits ! Mais en sont-ils aux mains?

8 LBS FRÈRES EKHfiMIS ,

OLTMPS.

Da haut de la muraille Je les ai vns déjà tous rangés en bataille; J*ai vn déjà le fer briller de toutes parts.

Et, ponr vons ayertir , j*ai quitté les remparts. J'ai vu le fer en main Étéocle lui-même ; n marche des premiers ; et, d'une ardeur extrême » Il montre aux plus hardis à braver le danger.

JOCASTB.

N'en doutons plus , Olympe , ils se vont égorger. Que l'on coure avertir et hâter la princesse ; Je l'attends. Juste ciel I soutenez ma faiblesse. Il faut courir, Olympe, après ces inhumains; 1^ les faut séparer, ou mourir par leurs mains. Nous Toici donc, hélas ! à ce jour détestable , Dont la seule frayeur me rendait misérable !

Ni prières , ni pleurs ne m'ont de rien servi ; Et le courroux du sort voulait être assouvi. O toi. Soleil, 6 toi, qui rends le jour au monde. Que ne l' as-tu laissé dans une nuit profonde ! A de si noirs forfaits prétes-tu tes rayons?

Et peux-tu , sans horreur, voir ce que nous voyons ? Mais ces monstres, hélas ! ne t'épouvantent guères : La race de Laïus les a rendus vulgaires ; " Tu peux voir sans frayeur les crimes de mes fils , Après ceux que le père et la mère ont commis : Tu ne t'étonnes pas si mes fils sont perfides > S'ils sont tous deux méchans, et s'ils sont parricides : Tu sais qu'ils sont sortis d'un sang incestueux , Et tu t'étonnerais s'ils étaient vertueux.

TRAGéDIE. 9

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