TT1.Z.B
BfaiSfSeignenr, si la guerre eut pour tous tant de charmest» D*où vient que de leurs mains tous arrachez les armes ? Et, puisque leur discorde est Tobjet de vos voeux , Pourquoi par vos conseib Tont-ils se Toir tous deux?
CRéON.
Plus qa*à mes ennemis la guerre m*est mortelle»
Et le courroux du Ciel me la rend trop cruelle :
n s*arme contre moi de mon propre dessein ;
Il se sert de mon bras pour me percer le sein.
La guerre s*allumait, lors^e, pour mon supplice,
Hémon m'abandonna pour servir Polinice;
Les deux firères par moi devinrent ennemis ,
Et je devins , Attale, ennemi de mon fils.
Enfin» ce même jour, je fais rompre la trêve,
J*excite le soldat, tout le camp se soulève.
On se bi^at, et voilà qn*nn fils désespéré
Meurt, et rompt an combat que j*ai tant préparé.
Mais iLme reste un fils, et je sens que je Talme,
Tout rebeUe qu'il est et tout mon rival même;
Sans le perdre, je veux perdre mes ennemis ;
Il m'en coûterait trop sMl m'en coûtait deux fils.
Des deux princes d'ailleurs la haine est trop puissante :
Ne crois plis qu'à la pau jamais elle consente;
Moi-même je saurai si bien l'envenimer.
Qu'ils périront tons deux plntAt que de s'aûmer.
Les autres ennemis n'ont que de courtes haines ;
Mais quand de la nature on a brisé les chaînes,,
trag^dib. 4S
Cher Attale, il n'est rien qoi puisse rénnir Cenx qae des nœuds si forts n*ont pas su retenir. L*on hait avec excès lorsque Ton hait un frère. Mais leur éloignement ralentit leur colère.
Quelque haine qu*on ait contre un fier ennemi. Quand il est loin de nous , on le perd à demi Ne t*étonne donc plus si je reux qu'ils se voient ; Je veux qu'en se voyant leurs fureurs se déploient ; Que, rappelant leur haine au lieu de la chasser. Ils s'étouflPent, Attale, en voulant s'emhrasser.
JLTTAI.B.
Tous n'avez plus, Seigneur, à 'craindre que vous-même : On porte ses remords avec le diadème.
CRioir.
Quand on est sur le trdne on a bien d'autres soins , Et les remords sont ceux qui nous pèsent le moins* Du plaisir de régner une âme possédée De tout le temps passé déitoume son idée ; Et de tout autre objet un esprit éloigné Croit n'avoir point vécu tant qu'il n'a point régné. Mais allons. Le remords n'est pas ce qui me touche; Et je n'ai plus un cœur que le crime effarouche. Tous les premiers forfaits coûtent quelques efforts ; Mais» Attale , on commet les seconds sans remords.
FIF DU TROI5IB|iB ACTE.
46 LES FBÀaBS BirVBMIS ,