‹ Œuvres, Volume 1Chapitre 24 sur 115 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ÉTËOCIiEyCRÉON.

éTÉOCLB.

(Jui , Créon , c*e8k ici qu'il doit bientôt se rendre , Et tous deux en ce lieu nous le pouvons attendre, lofons Terrons ce qu'il veut ; mais je répondrais bien Que, par cette entrevue, on n'avancera rien.

Je connais PoUnice et soa humeur altière; Je sais bien que sa haine est encor tout entière ; Je ne crois pas qu'on puisse en arrêter le cours ; Et pour moi , je sens bien que je le hais toujours.

CRÉoir.

Mais , s'il vous cède enfin la grandeur souveraine,. Vous devez , ce me semble , apaiser votre haine.

BTBOGLB.

Je ne sais si mon cœur s'apaisera jamais ; Ce n'est pas son orgueil , c'est lui seul que je hais. Nous avons l'un et l'antre une haine obstinée ; Elle n'est pas, Créon, l'ouvrage d'une année; Elle est née avec nous , et sa noire fureur Aussitôt que la vie entra dans notre cœur.

Nous étious ennemis dès la plus tendre enfance ;. Quedisje? nous l'étions avant notre naissance :

Triste et fetal effet d*im sang iacestaenx !

Pendant qa*nn même sein nous renfermait tons deux. Dans les flancs de ma mère nne gnerre intestine De nos divisions Ini marqaa Vorigine.

Elles ont, tu le sais, paru dans le berceau.

Et nous suivront peut-être encor dans le tombeau. On dirait que le Ciel , par un arrêt funeste. Voulut de nos parens punir ainsi Finceste , Et que dans notre sang il voulut mettre au jour Tout ce qu^ont de plus noir et la haine et Tamonr ; Et maintenant, Créon , que j*attends sa venue , Ne crois pas que pour lui ma haine dinûtiue.

Plus il approche , et plus il me semble odieux ; Et sans doute il faudra qu'elle éclate à ses yeux. J'aurais même regret qu*il me quittât Tempire Il faut , il faut qu'il fuie , et non qu'il se retire. Je ne veux point, Créon, le hair à moitié ; Et Je crains son courroux moins que son amitié. Je veux, pour donner cours à mon ardente haine> Que sa fureur au moins autorise la mienne ; Et pnisqu* enfin mon cœur ne saurait se trahir. Je veux qu'il me déteste , afin de le haïr.

Tu verras que sa rage est encore la même.

Et que toujours son cœur aspire an diadème; Qu'il m'abhorre toujours , et veut toujours régner; Et qu'on peut bien le vaincre , et non pas le gagner.

CRioN.

Domptez-le donc , Seigneur , s'il demeure inflexible. Quelque fier qu'il puisse être, il n'est pas invincible ; Et puisque la raison ne peut rien sur son cœur. Éprouvez ce que peut un bras toujours vainqueur.

4S Z.BS FRÈRES EHITEMIS ,

Oui , quoique dans la paix je trouvasse des charmes ,

Je serai le premier à reprendre les armes ;

Et si je demandais qa*on eu rompît le cours ,

Je demande encor plus que tous régniez toujours.

Que la guerre s* enflamme et jamais ne finisse.

S'il faut avec la paix recevoir PoUnice.

Qu*on ne nous vienne plus vanter un l>ien si doux :

La guerre et ses horreurs nous plaisent avec vous.

Tout le peuple thébain vous parle par ma bouche;

Ne le soumettez pas à ce prince farouche :

Si la paix se peut faire , il la veut comme moi.

Surtout, si vous Taimez , conservez-lui son roi.

Cependant écoutez le prince votre frère ;

Et, 8*il se peut , Seigneur, cachez votre colère;

Feignez... Mais quelqu'un vient.

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