XI1.NE
Et vous croyez qu'après une telle insolence Mon amitié , Seigneur, serait sa récompense ! Vous croyez que , mon cœur s'engageant sous sa loi. Je souscrirais au don qu'on lui ferait de moi ? Pouvez-vons , sans rougir, m'accuser d'un tel crime? Ai- je fait pour ce prince éclater tant d'estime ? Entre Taxile et vous s'il fallait prononcer.
Seigneur, le croyez-vous qu'on me vît balancer? Sais-je pas que Taxile est une âme incertaine? Que Tamour le retient, quand la crainte l'^itratne? Sais-je pas que . sans moi , sa timide valeur Succomberait bientôt aux ruses de sa soeur?
Vous savez qu'Alexandre en fit sa prisonnière , Et qu'enfin cette sœur retourna vers- son frère;
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Mais je dolmiis bientôt qu'elle avait entrepris De l'arrêter an piège où son cœur était pris.
PORUS
Et TOUS pouvez encor demeurer auprès d*elle?
Que n'abandonnez-vous cette soeur criminelle? Pourquoi, par tant de soins , voulez-vous épa^gnef Un prince....
▲XIÀNE.
C'est pout vous que je lé veux gagner.
Vous verrai-je, accablé du soin de nos provinces. Attaquer seul un roi vainqueur de tant de princes ? 7e vous veux dans Taxile offrir un défenseur^ Qui combatte Alexandre en dépit de sa sœur.
Que n'avez-vons pour moi cette ardeur empressée^ Mais d'un soin si commun votre âme est peu blessée t Pourvu que ce grand coeur périsse noblement , Ce qui suivra sa mort le touche faiblement.
Vous me voulez livrer sans secours , sans asile , Au courroux d'Alexandre , à l'amour de Taxile , Qui, me traitant bientôt en superbe vainqueur,' Pour prix de votre mort demandera mon cœur.
Hé bien , Seigneur, allez , contentez votre envie : Combattez , oubliez le soin de votre vie ; Oubliez que le Ciel , favorable à nos vœux , Vous préparait peut-être un sort assez heureux. Peut-être qu'à son tour Axiane charmée Allait... Mais non. Seigneur, courez vers votre armée. Un si long entretien vous serait ennuyeux.
Et c'est vous retenir trop long-temps en ces lieux.
PORUS
Ah ! Madame , arrêtez , et connaissez ma flamme ; I. — Racine. lO
XIO AUSXAlTDaB,
Ordonnez de mes jour», dUposez de mon &me.
La gloire y peut beaucoup , je ne m'en cache pas ; Mais que n*y peuvent point tant de divins appas ! Je ne vont dirai point que , pour vaincre Alexandre , Vos soldats et les miens allaient tout entreprendre; Que c'était pour Porus un bonheur sans égal De triompher tout seul aux yeux de son rival. Je ne vous dis plus rien. Parlez en souveraine : Mon cœur met à vos pieds et sa gloire et sa haine.