‹ Œuvres, Volume 1Chapitre 55 sur 115 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

AXIANE, CLÉOFILE.

\Jvoi f Madame , en ces lieux on me tient enfermée? Je ne puis au combat voir marcher mon armée; Et, commençant par moi sa noire trahison, Taxile de son camp me fait une prison!

Cest donc là cette ardeur quUl me faisait paraître! Cet humble adorateur se déclare mon maître !

Et déjà son amour, lassé de ma rigueur, Captive ma personne au défaut de mon cœur !

CLÉOFILE.

Expliipiez mieux les soins et les justes alarmes

D'un roi qui pour vainqueurs ne connaît que vos charmes ;

Et regardez , Madame , avec plus de bonté

L* ardeur qui l'intéresse à votre sûreté.

Tandis qu'autour de nous deux puissantes armées,

Tfxme égale chaleur au combat aoimées.

De leur fureur partout font voler les éclats ,

De quel antre o6té condniriez-vous vos pas?

Où pourriez-vous ailleurs éviter la tempête?

Un plein calme en ces lieux assure votre tête.

Tout est tranquille

ia6 ALBXAHDAB^

▲xiurB.

Et €'«8t cette traaqniUité Dont je ne puis souffrir Findigne sûreté.

Quoi , lorsque mes sujets , mourant dans une plaine* Sur les pas de Porus combattent pour leur reine; Qu*an prix de tout leur sang ils signalent leur foi ; Que le cri des mourans rient presque jusqu'à moi; On me parle de paix? et le camp de Taxile Garde, dans ce désordre , une assiette tranquille! On flatte ma douleur d*un calme injurieux!

Sur des objets de joie on azséte mes yeux ! >

' CliéOPILK.

Madame» touIcz-tous que Tamour de mon ft^re Abandonne aux périls une tète si chère ?

Il sait trop les hasards....

ÀXIANE.

Et , pour m*en détouraer, Ce généreux amant me ùât emprisonner ?

Et, tandis que pour moi son rival se hasarde , Sa paisible valeur me sert ici de garde.

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