ORESTE, PYLADE
^^ ORESTE
Oui, puisque Je retronre un ami si fidèle, Ma fortune ya prendre, une face nouyelle; Et déjà son courroux semble s*être adouci Depuis qu*elle a pris soin de nous rejoindre ici. Qui Veut dit , qu'un rivage à mes vœux si funeste Présenterait d'abord Pylade aux yeux d*Oreste ? Qu'après plus de six mois que je t'avais perdu, A la cour de Pyrrhus tu me serais rendu?
PTLjLDE.
J'en rends grâces au Ciel, qui, m'arrétaut sans cesse. Semblait m* avoir fermé le chemin de la Grèce, Depuis le jour fatal que la fureur des eaux , Presqu'aux yeux de l'Épire, écarta nos vaisseaux. Combien dans cet exil ai-je souffert d'alarmes? I. — Racine- l6
l8a AÏTDROlt AQUS »
Combien à vos inalhenrs ai-^e donné de larmes?
Craignant toujours pour vous quelque nouveau danger.
Que ma triste amidë ne pouirait partager.
Surtout je redoutais cette mélancolie
Oà j*ai TU si long-temps votre 4me ensevelie.
Je craignais que le Ciel , par un cruel secours ,
Ne vous offrit la mort que vous cherchiez toujours.
Mais je vous vois , Seigneur; et , si j'oce le dire ,
Un destin plus heureux vous conduit en Épire.
Le pompeux appareil qui suit ici vos pas
ITest point d*un malheureux qui cherche le trépas.
OHESTB.
Hélas , qui peut savoir le destin qui m*amène ! L'amour me fait ici chercher une inhumaine.
Mais qui sait ce qu il doit ordonner de mon sort; .Et si je viens chercher ou la vie ou la mort?