‹ Œuvres, Volume 1Chapitre 78 sur 115 · PELADE · texte numérisé non relu

PELADE

Quoi, votre Ame à Vanour en esclave asservie. Se repose sur lui du soin de votre vie !

Par quel charme, oubliant tant de tounnetos soufferts, Pouve«-vons consentir à rentrer éttas ses firars? PeAsec^votts qu'Hernûone^ à ^aite inexorable. Vous prépare en Épire un sort plus frvorable? Honteux d*avoir poussé tant de rttvx superflus , Vous l'abhorriez. Ei^n, vous ne m'en parliez pins. Tous me trompiez, Setgueur.

ORfestS.

le me trompais inoi-m[éme.

Ami , n'accable point un maHieureux qui t'aime. Tai-j^ jamais ^dié mon tttnr et mes désirs ?

Tu YÎà -ftidire m. flamme et mes preâiiers smipirs.

T&AGBDIS. l83

Enfin, quind MéoéU« disposa de s» SM* En (xftwe de PyrrhiM, veagtnr du sa famille»

Tu vis mon désespoir; et tu m'as tm depuis Traîner» de mers en mers, ma thaiae et mes enaiâÎB. Je te vis à regret, e» cet état Ibneate, Prêt à suirre partout le dépIoralbU Orcste; Toujours de ma fureur interrompre le cours , Et de moi-même «niia me sauver tous les jours. Mais quand je me souvidus que« parmi tant d'akmes, Hermione à Pyrrhus prodi^iait tons ses charmes. Tu sais de quel courroux mon cœur alors épris. Voulut, en Voubliant, puwt tons ses mépris.

Je fis croire , et je crus ma victoire oertainew Je pris tous mes tran^^rts pour dies transports de haine; Détestant ses rigueurs, rabaissant ses attraits. Je défiais ses yeux de me troubler jamais.

Voilà comme je crus étouffer ma tendresse.

Eu ce calme trompeur }*arrivai dans la Grèce; Et je trouvai d*abord ses princes rassemblés , Qu'un péril assez grand semblait avoir troublés. J*y courus. Je pensai que la guerre et la gloire De soins plus importans rempliraient ma mémoire. Que , mes sens r^renant leur première vigueur, L*amour achèverait de sinrtir de mon cosur.

Mais admire avec moi le sort, dont la poursuite Me fait courir alors au piège que j^évite.

J'entends de tous c6tés qu'on moiace Pyrrhus. **

Toute la Grèce éclate en murmures confus.

On se plaint qu'oubliant son sang et sa promesse, U élève en sa cour Fenumni de la Grèce, Astytnax, d'Bector jeune et malheureux fils ,

l84 AHDROMikQUB,

Reste dé tant de rois soils Troie ensevelis.

rapprends qne , pour rayir son enfance m supplice,

Andjromaqne trompa l'ingénieux Ulysse ,

Tandis qa*un antre enfant, arraché de ses bras.

Sous le nom de son fils fut conduit au trépas.

On dit que , peu sensible aux charmes d*Hermione ,

Mon rival porte ailleurs son cœur et sa couronne.

Ménélas, sans le croire , en paraît affligé ,

Et se plaint d*un hymen si long-temps négligé.

Parmi les déplauirs où son âipe se noie ,

Il s'élève en la mienne une secrète joie.

Je triomphe, et pourtant je me flatte d'abord

Que la seule vengeance excite ce transport.

Mais l'ingrate en mon cœur reprit bientôt sa place;

De mes feux mal éteints je reconnus la trace;

Je sentis que ma haine allait finir son cours ,

Ou plut6t je sentis que je l'aimais toujours.

Ainsi de tous les Grecs je brigue le suffrage.

On m'envoie à Pyrrhus. J'entreprends ce voyage.

Je viens voir si Ton peut arracher de ses bras

Cet enfaot, dont la vie alarme tant d'états.

Heureux si je pouvais , dans l'ardeur qui me presse,

Au lieu d' Astyanax , lui ravir ma princesse !

Car enfin , n'attends pas que mes feux redoublés

Des périls les plus grands puissent être troublés.

Paisqu'après tant d'efforts ma résistance est vaine.

Je me livre en aveugle au transport qui m'entraine.

J'aime , je viens chercher Hermione en ces lieux ,

La fléchir, l'enlever, ou mourir à ses yeux.

Toi, qui connais Pyrrhus, que peuses-tu qu'il fasse?

Dans sfi cour, dans son cœur, dis-moi ce qui se passe.

TRAGEDIE. l8&

Mon Hermione encor le tient-elle asservi?

Me rendra-t-il , Pylade, nn bien qu'il m'a ravi?

PTI.1.DE.

Je vons abuserais , si j'osais vous promettre Qu'entre vos mains. Seigneur, il voulût la remettre. IVon que de sa conquête il paraisse flatté :

Pour la veuve d'Hector ses feux ont éclaté; Il l'aûne. Mais enfin, cette veuve inhumaine ITa payé jusqu'ici son amour que de haine ; Et chaque jour encore on lui voit tout tenter Pour fléchir sa captive ou pour l'épouvanter. De son fils , qu'il lui cache, il menace la tète, Et fait couler des pleurs qu'aussitôt il arrête. Hermione elle-même a vu plus de cent fois Cet amant irrité revenir sous ses lois, Et, de ses vœux troublés lui rapportant l'hommage» Soupirer à ses pieds , moins d'amour que de rage. Ainsi, n'attendez pas que l'on puisse aujourd'hui Vous répondre d'un cœur si peu mattre de lui. n peut, Seigneur, il peut, dans ce désordre extrême. Épouser ce qu'il hait , et perdre ce qu'il aime.

ORESTE

Biais , dis-moi, de quel œil Hermione peut voir Son hymen différé, ses charmes sans pouvoir?

P'ri.ADE.

Hermione , Seigneur, au moins en apparence , Semble de son amant dédaigner l'inconstance.

Et croit que, trop heureux de fléchir sa rigueur. Il la viendra presser de reprendre son cœur.

Mais je l'ai vue enfin me confier ses larmes : £lle pleure en secret le mépris de ses charmes.

iSê AHHmOMâLQUEf

Toujours prête à partir, et dbBflBe«rattl toujours, Qaelqii«f (^s elle app«Ue Oreste à s^n secours.

O&ESTB.

Ah , si je 1» enoyais , j*irais bientôt , Py^de, Me jeter...

inpM.DE.

Achevez» Seigneur, votre BmhttostAs.

Vous attends le roi. Parlez , et lut montrez Contre le fil» d'Hector tous les Grecs conjurés» Loin de leur accorder ce ils de sa maîtresse. Leur haine ne fera qn*innter sa tendresse.

Plus on les -fent broiûBer, plus on va k& unir. Pressez. Demandez tout, poi» ne rien obtenir. Il Tient.

O&BSTB.

Hé bien , ya donc disposer la crneBe A reroir un amant qui ne vient que pour elle.

scÈWJE n.

PYRRHUS, ORKSTE, PHOENIX.

Page 1