‹ Œuvres, Volume 1Chapitre 93 sur 115 · PT&RHUS · texte numérisé non relu

PT&RHUS

Tu Tas vu comme elle m*a traité.

Je pensais, en voyant sa tendresse alarmée , Que son fils me la dût renvoyer désarmée.

J'allais voir le succès de ses embrassemens.

Je n*ai trouvé que pleurs mêlés d'emportemens. Sa misère Taigrit ; et , toujours plus farouche , Cent fois le nom d'Hector est sorti de sa bouche. Vainement à son fils j'assurais mon secours : C'est Hector, disait-elle, en l'embrassant toujoun; Toilà ses yeux , sa bouche, et déjà son audace : C'est lui-même;, c'est toi, cher époux, que f embrasse. Et quelle est sa pensée? Attend^Uè en ce jour Que je lui laisse un'fils pour nourrir son amour?

PHOEKIX.

Sans doute c'est le prix que vous gardait l'ingrate. Mais laissez-la. Seigneur.

PYRRHUS

Je vois ce qui la flatte.

Sa beauté la rassure ,.et> msdgré mon oonrroux , L'orgueilleuse m'attend encore à sea. genoux. Je la verrais aux miens, Phœni^, d'un ceil tranquille. Elle est veuve d'Hector, et je suis fils d'Achille.

TRAGBDIE. 30^

Trop de haine sépare Andromaqae et Pyrrhus.

FHOEiriX.

Commencez donc. Seigneur, à ne m'en parler plus. Allez Toir Hermione ; et , content de lui plaire , Oubliez à ses pieds jusqu'à votre colère.

Vous-même à cet hymen venez la disposer.

Est-ce sur- un rirai qu'il s'en faut reposer? Il ne l'aime que trop.

PTRRHtrs.

Crois-tu , si j e l'épouse , Qn'Andromaque en son cœur n'en sera pas jalouse?

PHOElfIX.

Quoi, toujours Andromaque occupe votre esprit? Que TOUS importe , 6 dieux 1 sa joie ou son dépit ? Quel charme , malgré vous , vers elle vous attire? ,

PTRRBUft.

Non , je n'ai pas bien dit tout ce qu'il faut lui dire. Ma colère à ses yeux n'a paru qu'à demL Elle ignore à quel point je suis son ennemi.

Retournons-y. Je veux la braver à sa vue.

Et donnera ma haine une libre étendue.

Tiens voir tons ses attraits, Phœnix, humiliés. Allons.

PHORlflX.

Allez , Seigneur, vous jeter à ses pieds.

Allez , en lui jurant que votre Ame l'adore , A de nouveaux mépris l'encourager encore,

PYRRHUS

le le vois bien , tu crois que , prêt à l'excuser.

no AlTDBOKAQtrBy

Mon eflBfBB co«r« apte» «lie, et cb6rehe à s^apûs^F.

EKOBIMX.

Tona aixaez, c*est assez.

VYRKWàS.

Moi, raiiB«r? une ingrat»

Qui me h^it d^antant plas-cpie mon amonr la flatte?' Sans parens » san» amis , sans espoir ^ae sur moi; le puis perdre son fils , peut-être je Le dois ; Étrangère.... que dis-je? esclave dans TÉpire, Je lui donne son fils, mon Âme , mou empire ; £t j^e ne puis gagner dans son perfide cœur D*autre rang que celui de son persécuteur ?

Non , non , je l'ai juré, ma vengeance est certaine. Il finit bien une fois justifier sa haine. J*abandbntte son fils. Que de pleurs vont couler f De qndl nom sa douleur me va-t-cîle appeler?

Quel spectacle pour elle aujourd'hui se dispose ! EUs «a BOvrr», Phesnix, et j*ca serai la cause ; C'est lui meMte Bioi-mAaKenn pMgaard doavlt teiii.,

rHOKirxz.

Et pourquoi ddnc en foire éclater le dessein t Que ne consuMez-Tous tantôt votre faiblesse?

PYRRHUS

Je t'entends. Mais excuse un reste de tendresse , Crains-tu pour ma colère un si faible combat? D'un amour qui s'éteint c'est le dernier éclat. Allons. A tes conseils , Phoenix , je m'abandonne. Faut-il livrer son fils? faut-il yoir Hermione?

PHOEKIX.

Qui, tO)f*ez-la, Seigneur; et, par des vœux soum»,.

Prote«tez-liiL...

Faisons tout ce q6e j'ai promis.

FIN DU SECOIfD ÀCTB.

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