‹ V. -- Vicariat des Missions du Mackenzie, CanChapitre 2 sur 3 · POS ES · texte numérisé non relu

POS ES

ment à meilleur compte que nous ne pouvions le faire nous-mêmes. Nous devions, cependant, garder notre indépendance et assurer la liberté de nos mouvements pour la visite de nos missions : un yacht de 24 chevaux a été acheté à cet effet.

C'est un devoir de reconnaissance pour nous de proclamer ici que, si nos missions ont tant prospéré durant les dernières années, c’est à saint Joseph, notre premier Procureur, que nous le devons. Son assistance bienveillante et généreuse a été évidente dans bien des circonstances.

E - Avenir du Pays.

Par suite de la construction du nouveau chemin de fer, l'accès du Mackenzie se trouve facilité au point que l’on entrevoit, pour un temps rapproché, la possibilité de se rendre d’Edmonton à l’entrée du district en trois ou quatre jours. Le moment semble donc venu où les immenses richesses minières du pays et ses pouvoirs d’eau considérables seront avidement exploités. Déjà, plusieurs compagnies puissantes ont entrepris des sondages pour découvrir les réservoirs de pétrole — dont des traces abon-, dantes se retrouvent presque partout.

A mon humble avis, le district pourrait bien être un jour, et avant longtemps, un des plus riches du Canada au point de vue minier et industriel.

Quoi qu’il arrive, dans le Mackenzie, — comme dans tout l’Ouest canadien, du reste — durant les temps héroïques de sa pauvreté et de ses vastes solitudes, les Oblats auront été les pionniers de l'Evangile et de la civilisation. Ils seront là bien'établis pour recevoir les nouveaux venus et faire honneur à l'Eglise,

F — Du Renfort, s. v. p.

Si nos quelques milliers de sauvages étaient réunis en un seul village, deux ou trois Pères suffiraient pour subvenir à leurs besoins spirituels. Mais ils sont nomades et

dispersés sur les lacs, les rivières et dans les bois d’un pays trois ou quatre fois grand comme la France. Nulle part, je crois, ne se présente un ministère aussi ingrat : rien, absolument rien, pas même la fascination du nombre d’âmes à sauver, pour exciter l'enthousiasme ! La Providence semble avoir voulu, en laissant chez nous se multiplier les ‘obstacles au ministère apostolique, montrer que rien ne résiste à sa miséricorde, quand elle veut sauver une âme, — cette âme fût-elle perdue aux confins du monde, jusque dans les glaces du pôle.

D’aucuns seraient, peut-être, tentés de croire que la Congrégation consacre trop de sujets et fait trop de dépenses pour l’évangélisation de notre poignée de pouilleux (1). Il est certain que — si nos vingt missionnaires du Mackenzie, et les 35.000 dollars environ que nous consacrons actuellement chaque année à nos missions, étaient employés chez les nègres du centre de l’Afrique ou les peuplades d'Orient — les résultats seraient plus tangibles et plus attrayants! Mais le bon Maître recherche-t-il seulement le nombre ? Et peut-on douter que son Cœur, débordant d'un amour tout spécial pour les plus déshérités, n’ait inspiré et soutenu les premiers missionnaires qui sont allés planter la Croix jusqu'aux bords de l'Océan Glacial ?

N’a-t-on pas dit que ces missions, où jamais prêtre étranger n’a encore mis le pied, était une des gloires les plus pures de la Congrégation ? Enfin, que de Sujets ont été attirés par les récits de nos missionnaires et qui, actuellement, travaillent sous tous les’ climats et dans tous les pays!

Si nous nous réjouissons de tout cœur du développement merveilleux des œuvres de la Congrégation, sous des climats plus heureux et sur des champs plus favorables, et si nous appuyons de toutes nos sympathies les demandes de renforts adressées par nos vénérables frères les Vicaires des Missions, nous nous permettons hum-

(1) Voici quelques chiffres pour l’année 1919 : —- a) 4.000 catholiques ; b) 7 ou 800 protestants ; c}) 2 ou 300 Esquimaux ; d) 14.084 confessions ; et e} 36.730 cofmunions.

blement d’attirer l’attention bienveillante du Chapitre et de l'Administration générale sur la situation particulièrement pénible de ces pauvres Oblats, qu’on peut bien appeler les « grands isolés », qui se dévouent — sans témoin, sans soutien fraternel — dans des œuvres extrénement arides, œuvres que nous tenons de notre vénéré Fondateur et dont la Congrégation porte toute la responsabilité devant l'Eglise. ‘

D'une partie de cette responsabilité la Congrégation s’est déchargée sur nous, missionnaires du Mackenzie. Nous sommes prêts à tenir usque ad internecionem ; mais nous faiblissons sous la tâche. Avant de succomber, nous crions : Au secours |

+ Gabriel BREYNAT, O. M. I.

Evéque tit. d'Adramyte, Vicaire des Missions. !

Page 1