Va-t-on consulter l'amirauté et sur quoi? [microforme]
Lorsqu'on attribue au gouvernement l'intention de “consulter l'amirauté” sur la politique qu'il doit adopter, on fait sans doute erreur,
En vérii!, le moment serait mal choisi, HF faudrait au moins laisser au gouvernement et au parlement britanniques le temps et le soin de découvrir si, oui où non, Famirauté est coupable d'avoir “trahi un mandat public"”—"“betrayal of public trusl'si elle a réellement fait preuve, depuis des années, d'imbécillité, de fourberie et d'ignorance, si elle a êncouragé la délation et l'insurbordination parmi les officiers de marine, Car c'est de tout cela qu'un amiral anglais, ancien “ommandant d'es dre, membre du parlement britannique, accuse ces Lords de l'Amirauté que nos ministres canadiens prendraient comme leurs guides militaires et constitutionnels, dont ils feraient leurs éminences grises, juste au moment oùle ministre de la marine britannique vient &e leur enlever Ja maitié ‘de leur autorité pour la transmeltre à ur consei, supérieur de 14 marine. (4)
Mais l'amirauté fût-eile le corps le plus respectable, le plus éclairé, le plus habile du monde,--toutes les accusations de lord Beresford fussent-clles absolument fausses—ce n'e.! pas ce burcau que le gouverne-
ment canadien doit consulter. Er +...
Quelles que soient la nature et là portée du projet de loi ou des mesures de fait que le ministère Borden proposera pour remplacer la loi de 1911 et ia politique du ministère Lourier-il devra nécessairement choisir entre deux alternatives: où revenir au principe de l'autonomie coloniake, préconise par le mémoire de 1896; cu reconnaitre, sous une forme et à un degré quelconques, le principe de la perticipation des colonies aux guerres de la Grande-Bretagne.
Dans le premier eus, il n'y a lieu à aucune consultatioi
Dans le deuxième cas, se pose de nouveau le problème nolitique et constitutionnel:
Side Canada contribue, sous une forme et à un degré quelconques, à la défense générale de l'Enmpir: quelle part d'autorité exercera-t-il sur te gouvernement de l'Empire?
La relation directe et absolue entre la représentation politique et la contribution militaire, les princioaux membres du ministère actuel l'ont reconnue hautement, sans armbages, lorsqu'ils ont combattu l'adoption de la loi de ba marine. M. Doherty, M. Monk, M. Borden luiméme ent déclaré qu'il ne pourrait être question de contribution militaire sans représentation politique. La seule différence qui existait suf ce point entre M. Monk et ses futurs collègues, c'est que MM. Borden et Doherty semblaient dire que si l'Angleterre nous offrai la représentation, nous ne pouvions refuser la contribution—tandis que M. Monk ne paraissait disposé ni à conceder l'une ni à accepter l'autre, Mais tous trois reconnaissaient que les deux questions étaient liées indissokublement.
ll en est encore ainsi. Le changement de ministère n'y a rien fait,
Ce problème, M. Borden n'y échappera pas plus que M. Laurier: aucun politicien, fort où faible, habile ou dissiraulé, rusé ou poltron, n'y échappera; car il se rattache aux fondements mêmes de l'eapire, aux principes essentiels de la constitution britannique et du droit cuonial, aux traditions les plus glorieuses du peuple ingho-saxon.
Ce problème, je le répète, ce n'est pas le peuple canadien-français, amoili par la conquête et l'abaissement moral de ses politiciens, qui le posera: ce n'est pas même le groupe nationabiste qui en réclamera la solution la plus rigoureuse; ce sera le peuple anglo-canadien qui, revenu de sa fièvre et de ses illusions ullra-luyalistes, exigera avec vigueur, avec brutalité même, la pleine mesure de ses droits: il mesurera l'accomplissement de ses devoirs à l'aune de l'exercice de ses prérogatives.
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C'est dor c toute la question des relations du Canada et de la Grinde- Bretagne qui se pose; c'est la base même du régime colonial, de l'organisation politique et militaire de l'Esapire.
Et ce vaste problème, Fup des plus graves qui se soient imposés à l'attention des hommes d'Ejat et du monde britannique depuis la révolution américaine, lés membref- du gouvernement canadien l'aborderaient et tenteraient de le résoudre par uñe consultation avec un simple bureau exécutif de lun des départements du gouvernement anglais?
Allons donci Lest î :
dification ou l'abrogation tarif de faveur, annonsait qu'avant de rien faire, il doit consulter les commis du Board of Trade! où comme si le gouvernement cañädien avant de négocier un traité de commerce où des modifications douanières avec l'Altemugne, la France ou les Etats-Unis, faisait savoir au Canuda et à l'univers “entier qu'il va d'a bord consulter les douaniers allemands, français ou américains! .
Ainsi que me le faisait observer, ces jours-ci, l'un de nos conci-
tovens anglo-canadiens les plus éminents: “Peut-on concevoir rien qui
suit plus propre que cette “consultation avec l'amiruuté" à faire res-
sir entre deux ailernalivest © ‘ iutonomie Coige nue, préconise par Le memoirs ‘H nuire sous une forme et à oun degré quelconques, Le prinetpe à purticipation des colonies aux guerres de ba Grande-Bretagne,
Dans de premier eus, it n'y a lieu à uueune consultation,
Dans le deuxième eus, se pose de nouveau le problème politique et constitutionnel:
Side Canada contribue, sous une forme et à un degré quelconques, à la défense générale de l'Empire, quelle part d'autorité exerceratil sur le gouvernement de l'Empire
La relation directe et absolue entr à représentation politique et lu contribution militaire, les principaux inembres du ministère actuel l'ont reconnue hautement, sans wvbages, lorsqu'ils ont combattu la doption de la doi de hi mari M. Doherty, M. Monk, M. Borden luiméme ent décluré qu'it ne pou:tait ètre question de contribution militaire sans représentation politique Lu seule différence qui existait sur ce point entre M. Monk et ses futurs collègues, c'est que MM. Borden et Doherty semblaient dire que si l'Angleter nous offrait la représentetion, nous ne pouvions refus à contribution—tundis que M, Monk ne paraissait osé ni à c vil l'une nr à accepter l'autre, Mais tous trois reconnaissant que , ux questions étaient liées indissobublement.
I en est encore ainsi, Le changement de ministère n'y a rien fait,
Ce problème, M. Borden n'y échappera pas plus que M Laurier! aucun politicien, fort où faible, habile ou dissimulé, rusé ou poltron, n'y échappera; car il se rattache aux fondements mèmes de l'err aux principes essentiels de In constitution britannique et du droit eulonial, aux traditions } s glorieuses du peuple angko-soxon,
Ce problème, je le repète, ee n'est pas le peuple canadien-français, amoli pur la conqgiète et Fabaissement im ral de ses politiciens, qui le posera: ce n'est pas même le groupe nationaliste qui en réclamera la solution la plus rigoureuse; ce sera Le peuple anglo-canadien qui, revenu de sa fièvre et de 5es illusions ultra-tloyalistes, exigern avec vigueur, avec brutalité mème, la pleine mesure de ses droits: il mesurera l'accomplissement de ses devoirs à l'aune de l'exercice de ses prérogatives,