‹ Vaccination antidiphérique: Essai d'immunisation en un temps à l'aide d'anatoxine activée par l'hydrate d'alumineChapitre 16 sur 27 · ETES · texte numérisé non relu

ETES

Réaction de Schick préalable.

Depuis 1923, la valeur biologique de ce test ne s’est pas démentie. Nous savons qu’il existe, chez un sujet donné, un parallélisme entre le «virage» d’une réaction et le taux d’antitoxine dans le sérum. Une réaction négative correspond à peu près à 1/30° d'unité antitoxine. RAMON, DEBRÉ, Mozer ont vérifié la concordance des deux épreuves et donnent toute leur confiance à une réaction de SCHICK « bien faite et bien lue ».

Nos diphtérino-réactions nous ont permis d’abord d’englober dans nos vaccinations tous les sujets réceptifs. Elles ont donné, plus tard, leur signification totale aux contrôles post-vaccinaux.

Nous avons fait nous-mêmes la plupart des réactions ; les autres ont été faites sous nos yeux par des médecins.

Nous devons des remerciements très particuliers au docteur G. LoiïsEeau, de l’Institut Pasteur. Avec une extrême obligeance, pendant huit mois, il a bien voulu, par l'intermédiaire de M. le professeur LISBONNE, nous assurer l’envoi régulier de toxine diphtérique. Cette toxine, spécialement préparée par l’Institut Pasteur pour les réactions de SCHICK, a été toujours égale à elle-même et nous a donné le maximum de sécurité dans nos résultats (1).

Nous avons utilisé le matériel à injection recommandé par le docteur LoïsEAU : seringue graduée à 1/20° et 1/10 de cmÿ ; aiguille fine à biseau court (15-5/10e).

Nous nous sommes appliquée à opérer toujours dans des conditions identiques, suivant une technique invaria-

(4) A noter que 30 de nos 422 réactions de Shick ont dû être pratiquées avec la toxine diphtérique de l’Institut Bouisson-Bertrand, titrée suivant les instructions de la Commission de standardisation des produits biologiques de la Société des Nations.

A Te ble et une asepsie particulièrement soignée, ce qui est une garantie notable d’exactitude.

La dose injectée dans la région deltoïdienne a été constante : 1/10° de cm° de toxine étalonnée, soit 1/50 de la dose mortelle en quatre-vingt-seize heures pour un cobaye de 250 grammes.

Lorsque nos sujets étaient nombreux, nous faisions personnellement toutes les injections de toxine non chauffée au bras droit, une autre personne assurant les injections de toxine chauffée au bras gauche. Ainsi tout risque d'erreur était éliminé. Nous lisions les résultats le quatrième et le septième jour, Par la suite, ayant eu quelque peine à réunir deux fois nos sujels, nous en avons fait la lecture seulement le septième jour. C’est, d'ailleurs, d'après le docteur LoisEAu, le moment convenable pour constater les réactions positives précoces — encore perceptibles — et celles qui apparaissent tardivement.

A peu d’exceptions près, nous avons contrôlé nousmême toutes les réactions. Nous en donnerons les résultats et l'interprétation dans un chapitre spécial.

Précautions prévaccinales. — Contre-indications. — Nos sujets ume fois sélectionnés du point de vue biologique, il restait à nous assurer qu'aucune contre-indication ne s’opposait à leur vaccination. Un interrogatoire individuel minutieux, une analyse d'urine nous donnaient cette garantie. Chez les enfants de moins de trois ans, la courbe de poids nous était un guide sûr ; nous avons différé la vaccination chaque fois que nous avons constaté une chute pondérale.

La méthode en un temps, quoiqu’on en ait dit, ne demande pas un filtrage plus strict des sujets que la

vaccination classique. Encore faut-il n’uliliser qu’une anatoxine activée par faibles doses d’alumine : le vaccin de SOoRDELLI remplit exactement celte condition.

En dehors de contre-indications évidentes cn élevée, états pathologiques aigus, cardiopathie mal compensée, troubles de la crase sanguine), nous n'avons que les lésions rénales, traduites par une albuminurie plus ou moins accusée.

L'analyse nous a révélé, chez une jeune fille qui présentait une réaction de ScxicKk positive, un peu d’albumine : bien qu’elle souffrît d’angines répétées, et souhaitt la vaccination, nous nous sommes abstenue.

D’autres sujets, à Scxick fortement positifs, étaient d’anciens diphtériques : encore qu'on use généralement de prudence à leur égard, nous les avons vaccinés, à l’exemple de SOoRDELLI, selon notre technique habituelle, sans incident.

Pour un seul, mis en éveil par une réaction de SCHICK ultra-posilive, nous avons injecté un em d’antigène en deux temps. Malgré cette précaution, nous n'avons pas évité une réaction locale, légère, mais persistante (dix jours) et un état asthénique sensible dès la première injection.

Enfin, les tuberculoses osseuses chroniques n’ont pas été pour nous une contre-indication : l'expérience de G. et M. Mozer, à Berck, nous donnait sur ce point une sécurité suffisante.

Epreuve d'innocuité. — Avant d'utiliser le vaccin de SORDELLI, et bien que notre confiance fût entière, nous avons voulu vérifier nous-même son innocuité pour le cobaye. À cet effet, deux cobayes À et B de 450 et 500 gr. reçoivent, le 9 novembre, une injection sous-cutanée de o cm° de ce vaccin. À partir de ce jour, on enregistre leur

Ris

Page 1