‹ Vaccination antidiphérique: Essai d'immunisation en un temps à l'aide d'anatoxine activée par l'hydrate d'alumineChapitre 23 sur 27 · FR · texte numérisé non relu

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réside la cause la plus fréquente des vaccinations incomplètes, dont nous avons parlé.

En réduisant de moitié ces raisons d’insuccès et en atteignant ainsi un plus grand nombre de sujets, la vaccination en un temps, même si elle donne un pourcentage moindre d'immunisés, nous semble avoir une portée prophylactique égale à celle de la méthode en deux temps.

C’est sur le chapitre des réactions, fréquentes et intenses, a-t-on dit, qu'on a été le plus sévère pour la méthode. RAMON pense qu’on ne peut guère échapper à ce dilemme : « Ou la proportion d’alun est assez forte pour augmenter l’activité immunisante de l’anatoxine, mais entraîne des réactions trop vives rendant le produit inutilisable, ou la proportion d’alun est faible et l’accroissement de l’immunité est nulle ou minime ».

On ne peut nier que les anatoxines précipitées engendrent des réactions allergiques locales. Quelques-unes ont été assez vives, des abcès se sont produits. Dans quelques cas, l'organisme tout entier a réagi. Mais il convient de préciser les conditions dans lesquelles ces réactions ont été nombreuses ou intenses et de les envisager par comparaison avec celles que détermine la vaccination classique. Î

Ce sont les abcès qui constituent le grief principal contre les anatoxines précipitées. On ne peut nier leur réalité LiLLIAN RosiTzA) ; ils sont, heureusement assez rares (PARAGO, 0,01 pour 100) et à mesure que se perfectionnent les antigènes, on en observe de moins en moins.

SAUNDERS fait, en effet, remarquer qu'ils ne se produisent qu'avec de fortes doses d’activant (3-5-7 pour 100) sans intérêt pratique. Sur la dose optima d’alun à ajouter à la préparation, nous avons donné assez de précisions pour n'être pas obligée d'y revenir :

Il faut nettement distinguer, en outre, l’alun et lhydrate .dalumine. C’est au premier, en effet, qu’on peut attribuer,

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pour une grande part, les abcès signalés et les réactions locales intenses. Le mérite de Scxmipr a été de constater que, à pouvoir activant égal, l’alumine est moins irritante que l’alun. A SorDELLI revient celui d’avoir confirmé cette donnée et fixé expérimentalement la dose minima d'Al (OH)5 qui active au maximum la préparation.

D'autre part, si l’anatoxine de RAMonN, après des millions de vaccinations, a prouvé son innocuité et si l’on ne peut lui imputer que de rares réactions, il faut admettre pourtant que l’immunisation par cet antigène ne va pas toujours sans élévation thermique, sans troubles précis, encore que passagers et peu inquiétants (purpuras, hématuries, parésies transitoires par exemple). On ne saurait repocher davantage à l’anatoxine activée. Pour la plupart des auteurs, il y a — nous l’avons vu — équivalence et similitude des réactions générales entre les deux méthodes.

Localement, on a signalé, avec la vaccination classique, une gêne de courte durée, un peu d’érythéme ; la vaccination en un temps peut être responsable d'irritations et de phénomènes inflammatoires indéniables. Ils sont beaucoup plus le fait de l’alun que de l’hydrate d’alumine — et ce sont les auteurs qui ont employé l’anatoxine-alun qui les ont surtout observés.

Pour notre part, nous le répétons, nous n'avons pas constaté chez nos vaccinés plus de réactions qu'après la vaccination classique ; en aucun cas nous n’en avons élé inquiétée.

En somme, nous pensons que, s’il est des réactions avec la vaccination en un temps, il ne faut pas les exagérer, et que, bien souvent, elles sont imputables à la méconnaissance des contre-indications, à un examen médical préalable trop rapide, à une faute de technique (une injection trop superficielle peut entraîner un nodule

enkysté), ou, surtout, à une proportion excessive d’activant dans les préparations.

Notre essai nous a convaincue que les réactions liées à la vaccination par l’anatoxine à l’hydrate d’alumine (0,0005 par 25 Lf), ne sont pas du tout de nature à entraver la large diffusion de cette méthode et moins encore à la faire rejeter.

Mais la qualité primordiale d’une vaccination est son efficacité : c’est à ce titre que nous allons, maintenant, juger le procédé d’immunisation que nous avons expérimenté.

Si l’on ne doit pas retenir uniquement le pourcentage des succès obtenus par la majorité des auteurs (BAKER et Gizz, 99,01 pour 100 ; WaLzkEr, 100 pour 100 ; PALANT et GorDiNA, 97-99 pour 100), on ne doit pas davantage se baser exclusivement sur les résultats de FRASER et HaL- PERN (62 pour 100), de PoweLzz (82 pour 100) ou de Frrz GÉRALD.

On peut simplement penser que, dans des conditions différentes, la même méthode donne des résultats variables. Il conviendrait de préciser ces conditions : elles peuvent tenir à l’antigène lui-même.

Ici, comme en ce qui touche les réactions, nous pensons que le taux et la qualité de l’activant ont une importance capitale. C’est ainsi que NEMSHILOVA et SHAROSKAYA n’obtiennent que 65,8 à 75,5 pour 100 de succès avec un vaccin précipité seulement par 0,6 pour 100 d’alun. Si la dose réactogène ajoutée à la préparation est par trop insuffisante, on en revient à injecter de l’anatoxine presque brute, et l’on ne doit pas s'étonner de n’obtenir que les résultats acquis par la première injection d’une vaccination double.

MELniK et PALANT, en usant d’anatoxine alun à 0,5- 0,75 pour 100 n’obtiennent que 84,9 pour 100 d’immunisés

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tandis que le pourcentage s’élève dès qu’augmente le taux de lalun.

De même que pour éviter les réactions il fallait fixer le point exact à ne pas dépasser, il convient ici de préciser le point à atteindre.

Une autre conditon de Ja vaccination est inhérente aux sujets eux-mêmes. On sait, depuis longtemps que, non seulement les individus mais les groupes sont inégalement immunisables. Quelques-uns restent inertes : dans notre expérience, ce sont les adultes qui ont montré une « inertie », et conservé, au contrôle, une réaction de Schick positive dans 17 pour 100 des cas. Par contre, l'efficacité du vaccin activé chez les enfants ne saurait faire de doute L’immunité s’est établie facile, rapide dans une proportion importante. Celle constatation nous conduit à une conclusion pratique : c’est pour les enfants que la vaccination en un temps nous semble le plus indiquée puisque c’est chez eux qu'elle affirme le mieux son efficacité immédiate, tout en restant parfaitement inoffensive. N'est-elle pas, aussi, par la rapidité d’immunisation (deux de nos Schick ont été négativés en quinze jours), une heureuse formule quand menace une épidémie ou survient un simple risque de contagion ?

On sera d'autant plus tenté d'y recourir que les « vaccins associés» dont peuvent bénéficier grandement les adultes nous paraissent, pour les petits, d’une indication moins urgente que la seule vaccination antidiphtérique. Un enfant, étant donné son régime et les progrès réalisés dans l'éducation des mères et des nourrices, peut et doit échapper à toute contamination alimentaire, donc à l’infection typhoïdique ; en revanche, il court toujours le risque d’une diphtérie.

Faut-il déduire de l'efficacité de cette méthode sur les moins de quinze ans, qu'il est bon de la leur appliquer dans tous les cas ? Il faudrait être sûr qu’elle les immu-

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nise aussi longtemps que la vaccination classique. Sur ce point, la preuve n’est pas absolument faite, puisque les expériences, favorables d’ailleurs (90 pour 100) de MELxiK et PALANT n’ont pas plus de 2 ans ; au contraire les. preuves de RAMoN, NELIS, LoisEAU s'étendent sur sept années.

A notre tour, en prolongeant nos observations et en renouvelant nos contrôles, nous essaierons de fixer nos idées à ce sujet.

Mais nous pensons, qu'en des circonstances données, la méthode est recommandable et utile. Lorsque ne pourra pas jouer normalement la vaccination en deux temps ou que des difficultés contrarieront son application, quand il s’agira, par exemple, d'’immuniser dans un court délai des individus nombreux, mais non soumis à une discipline collective, une anatoxine activée (du type Sordelli) rendra de précieux services.

Nous sommes persuadés, d’ailleurs, de l'opportunité d'une injection de rappel, aussi bien avec la méthode par dose unique qu'avec la vaccination double : elle est toujours nécessaire pour renforcer l’immunité de quelques individus chez qui le taux d’antitoxine est à la limite de la vaccination » ou provoquer ce «rebondissement antitoxique » que déclanche l'introduction tardive d’antigène dans un organisme déjà immunisé.

Nous croyons donc avoir montré que la vaccination effectuée au moyen d'une anatoxine activée par l’hydrate d’alumine n’est pas une «illusion» mais une réalité — chez les enfants tout au moins —. Le pourcentage d’immunisés qu'elle oblient dans cette catégorie (plus de 96 pour 100), sa mise en œuvre facile, l’absence ou la bénignité des réactions, témoignent de son efficacité et de son intérêt pratique.

En définitive, les deux méthodes de vaccination ne nous semblent pas s’opposer l’une à l’autre, mais avoir chacune

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