‹ Vaccination antidiphérique: Essai d'immunisation en un temps à l'aide d'anatoxine activée par l'hydrate d'alumineChapitre 22 sur 27 · MODE · texte numérisé non relu

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durable de l’antigène sur l'organisme, le principe de la vaccination en un temps apparaît logique et séduisant. II ne semble pas aussi opposé qu'on pourrait le croire d’abord à la méthode des apports répétés d’antigène.

Ce qui conditionne, en effet, une vaccination correcte, c’est, outre la valeur immunisante de la préparation, la durée de stimulation de l'organisme par l’antigène. Or, à peu de chose près, cette durée est égale, que la sollicitation soit double et intermittente (injections répétées) ou unique el prolongée (réservoir d’antigène).

Tout revient à se demander si, pour chauffer une pièce, on doit alimenter un foyer de deux büûches flambant clair et vif, mais tôt brûlées, ou l’entretenir par une branche de chêne massive qui se consume lentement : comparaison un peu simpliste, mais qui caractérise deux attitudes en face du problème de la vaccination.

Du point de vue doctrinal et expérimental, on ne peut qu'être satisfait par l’artifice habile du précipité peu soluble faisant réservoir d'antigène. Néanmoins, c'est le résultat pratique de cette vaccination qui, seul, pourra légitimer notre jugement sur sa valeur.

Il importe donc d'examiner si l’immunisation en un temps répond à un progrès réel dans le domaine de la prophylaxie ou si, au contraire, elle mérite les critiques qu’on lui a opposées. |

Pour nous faire, sur la méthode, une opinion impartiale, il est nécessaire de considérer

le nombre des sujets qu'elle atteint ;

les réactions qu’elle provoque ;

son efficacité qualitative et quantitative ; la durée de l’immunité qu’elle confère.

Il est hors de doute qu'une technique simplifiée, réduite à l’injection unique, soumet à une opération correcte un plus grand nombre d'individus.

RÉRRNNT

Non seulement elle encourage les volontés hésitantes, mais encore elle fait abstraction des circonstances fortuites, des ‘facteurs psychologiques qui contrarient l’achèvement d’une vaccination en deux temps.

Elle gagne, en ne les perdant pas, les 10 à 15 pour 100 de sujets qui, d’après SORDELLI, RAMON, échappent à la seconde « piqûre ». Ces vaccinations incorrectes, ces pseudovaccinés, imputables à la seule répétition des injections, ne peuvent être négligés lorsqu'on met en balance l’étendue numérique des deux méthodes d’'immunisation. Un calcul très simple est, à cet égard, démonstratif

Après la vaccinalion en deux temps, on admet que sur 100 sujets, 10 (au minimum) ne sont pas correctement vaceinés. Dès lors, la prophylaxie ne compte à son actif que 90 pour 100. Et comme sur les vaccinés corrects, le pourcentage d’immunisés n’atteint pas 100 pour 100, le moins qu’on puisse dire est que la vaccination en deux temps — du fait surtout du deuxième temps — aura moins de 90 pour 100 d'immunisés. (Pour cette démonstration, nous avons pris les chiffres les plus faibles ; notre raisonnement aurait plus de force encore avec les chiffres plus élevés de pseudo-vaccinés qu'admettent certains auteurs — SCHMIDT, JENSEN, FARAGO, par exemple).

La vaccination par dose unique atteint d'emblée tous les sujets qui se présentent, si bien qu'on n’a pas à se préoccuper de les réunir à nouveau. Qu'il nous soit permis d'insister sur cet avantage : il n’est pas à dédaigner dans les conditions où ont lieu, d'ordinaire, les séances de vaccination collective (dispensaires, écoles, etc..). Il faut réunir le même jour, à la même heure, les sujets à vacciner, les infirmières, les médecins. Ce n’est rien, en apparence en réalilé, ceux à qui incombe celle organisation matérielle savent à quelles difficultés se heurtent leurs efforts, C’est dans ces difficultés, souvent insurmontables, que

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