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DES PRESSES À VAPEUR DE ‘LA MINERVE,” 212 ET 214, RUË NOTRE-DAME

Enfin nous avons touché la fibre sensible des vaccinateurs publics dans notre article du 20 Juillet qui n’a été publié que le 25 ; ils se sont décidés cette fois à s'exécuter de bonne ou mauvaise grâce, ils l'ont fait dans l'intérêt de l’infaillibilité de la vaccination. Je ne répondrai pas à ce qu’il y a d’impertinent dans l’article du Dr. Larocque; je vais relater les faits de l’enfant Leblanc, et chacun jugera de la valeur du raisonnement des vaccinatenrs pubiles et de leurs amis.

Mr. le Dr. A. B. Larocque veut à tout prix sauver la vaccination en disant que les accusations portées contre cette pratique, sont non seulement exagérées, mais encore fausses, c’est là du moins le sens de son écrit. Il voudrait aussi sans doute que les mauvais effets de la génisse municipale sur l'enfant de Mde. Vve. Leblanc soient dûs à une autre cause qu'à celle du virus animal. ‘ Ce cas, dit-il, est jugé d'une manière officielle par une commission de médecins. ”

‘Îlest bien vrai que le Dr. Larocque était accompagné par plusieurs des vaccinateurs publics ; mais, qui avait autorité de convoquer une assemblée de médecins pour fuire une investigation sur les faits qui se rapportent au cas de l’enfant de Mme. Leblanc ? Personne, et le Dr. Larocque sait parfaitement que si nous nous sommes rencontrés chez le. Dr. Roy, ce n’était pas à la demande du Bureau de Santé : au contraire, c'est moi qui ai proposé dans la ruelle Rolland aux Drs. Ricard, Larocque, Desrosiers et Grenier de nous rencontrer le lendemain chez le Dr. Roy, ce qui fut agréé. Le Bureau de Santé n'avait donc rien réglé quant à notre réunion pour l’examen de l'enfant. Ù

Le Dr. Larocque qui, probablement est ou se croit le Bureau de Santé, me disait, trois jours avant cette réuuion, que le cas d'empoisonnement, mentionné dans ma dernière correspondance, par la vaccine de la génisse du Bureau de Santé, sauverait la vaceination ; il me parla d’enquête. (Cette manière d’arguamenter me parut plus que risible et voici comment : Je lui dis : l'enfant était en danger de mort le 14 du mois, il est peut-être mort à l'heure qu’il est ; je n’en ai pas éu de nouvelles depuis que je le vis pour la première fois. Aujourd’hui, comment pourrez-vous juger des effets qu'a produit votre vaccine sur cet enfant ? Cependant, | je suis - heureux de vous fournir par cet examen une occasion de prouver d’une

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manière victorieuse l'efficacité” de votre vaccination. Le 28 au matin, le Dr. Larocque passa chez moi et laissa un mot sur mon ardoise pour me prévenir qu'à 10 hrs, a. m., les Drs, Rottot, Ricard, Desrosiers et lui se rendraient chez Mde, Leblanc pour examiner l’enfant, et que les Drs. Gauthier et Roy en étaient prévenus. Cette invitation plus qu'étrange a été faite de manière que les Drs. Roy et Gauthier, et moi n'avons pu nous rencontrer à l'heure indiquée. Le Dr. Gariépy m'accompagnait, et ne rencontrant personne chez le Dr. Roy, nous nous sommes rendus dans la ruelle Rolland, Là nous ayons rencontré les Drs. Larocque, Ricurd, Desrosiers et Grenier qui sortaient de la muison de Mde, Vve. Leblanc. Je ne fus certainement pas surpris : je m'attendais même à revcontrer le Dr. Larocque et ses amis vuceinaleurs à cette dernière place. Je fis

narquer que si on écait réellement désireux d'examiner l'enfant, ous pourrions nous rencontrer le lendemain, 29 à 3 hrs. p. m. chez le Dr. Roy ; cette proposition fut acceptée unanimement, Le lendemain, à l'heure indiquée, nous nous réunissions, non pas sur la demande du Bureau de Santé, tel que le Dr. Laroeque l’a publié, mais d’après ce qui avait été convenu la veille.

Le 29, nous étions donc réunis chez le Dr. Roy : Les vaccinateurs et leurs amis, MM. Howard, Rottot, Ricard, Larocque, Desrosiers, Mount, Grenier, Trenholme, Dugdale et Lussier ; et, MM. Craig, Crevier, Gariépy, Gauthier, Roy et Coderre, anti-vaccinateurs.

Le Dr. Rottot fut prié de présider : le Dr. Larocque se chargea d'expliquer le bat de cette réunion, après quoi, je fis remarquer que notre. but, à nous, dans l'examen du cas dont il était fait mention dans ma dernière correspondance, était de fournir aux vaccinateurs publics une occasion de démontrer l'efficacité de leur vaccination ; qu’ils devraient rédiger et publier le procès-verbal de l'examen du cas, et ensuite, à nous d'y répondre dans l'intérêt de la société en général.

Malheureusement, pour les partisans de la vaccination, l’article du Dr. Larocque n’établit nullement l'efficacité de la vaccination ; il ne démontre qu'une chose : l’absence complète de la connaissance du sujet qu'il traite ; par example, ce n’est pas en disant : ‘ En effet, l'enfant présentait: une bonne apparence de santé et était loin d'offrir les signes des terribles effets de la vaccine tels que décrits dans la cor. respondance du 25, même d’après l'opinion des auteurs de la correspondance, ” que le Dr. Larocque prouve l'efficacité de la vacei-

nation.., A-t-il établi qu'il soit faux que l'enfant ait souffert des effets de la vaccine, par la résolution qui 4 été adoptée, après mon départ, ar lc3 vaccinateurs : ‘“ Proposé par M. le Dr, Howard, secondé pur L. le Dr. Mount: Qu'après avoir examiné ‘avec soin l’enfant de Dane. Vve. Leblanc, qu'on avait dit avoir si sérieusement souffert des mauvais effets de la vaccine, cette assemblée est d'opinion qu'elle n’a aucune preuve que tel est le cas ? ”

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Cette résolution n'est-elle pas la preuve incontestable de l’irréflexion, et des préjugés de ceux qui sont en faveur de la vaccination ? Comment pouvez-vous dire que cette assemblée est d'opinion qu’elle n'a aucune preuve que cet enfant ait soufferé des mauvais effèts de la vaccine ? La mère vous dit : que son enfant était bien portant lorsqu'il fut vacciné ; le Dr. Roy dit également que l’enfant était en parfaite santé, vers le 26 juin dernier ; et que le 4e jour après avoir été vacciné, il fut atteint d’une fièvre violente, accompagnée de diarrhée, rebelle aux différents traitements adoptés : que le 18 Juillet il s’est détaché avec la galle une portion de chaire mortifiée, adhérente au bandage qui avait été appliqué sur le bras, Le Dr. Gauthier n’a. t-il pas dit : que le 14, la plaie sur le bras de l'enfant présentait les caractères suivants : taméfaction, rougeur, induration, excavation taillée à l'emporte. pièce d’une profondeur suffisante pour laisser l'os du bras presqu'à nu. Moi, j'ai vu l’enfant aussi le 14, je déclare qu'il était en danger de mort, et que l’état du petit malade tel que décrit pur les Drs. Gauthier et Roy n’a rien d'exagéré. Et vous, qui n'avez pas va l'enfant dans cet état de souffrance, et qui n'avez été appelé que le 29 Juillet, 34 ou 35 jours après l’inoculution du vaccin, pour l’examiner, comment pouvez-vous dire que cette assemblée est d'opinion qu'elle n’a aucune preuve que cet enfant ait souffert des mauvais effets de la vaccine ? Cette résolution ne servira jamais de justification aux vaccinateurs publics, et moins encore de modèle de réflexion dans l'appréciation du cas qui devait sauver lu vaccination.

Une autre partie de l'article du Dr. Larocque, que je ne puis passer sous silence, est la suivante : ‘* Les détails de cette importante affaire seront publiés dans les journaux de médecine seulement, afin de ne pas ennuyer le public d'une question dont les médecins sont les seuls juges compétents, ?”

Comment le public qui est le plus intéressé à counaître la question, vû qu'il sert de sujet aux vaccinateurs, serait’ ennuyé par les détails d'une affaire aussi imporrante ? Si la vaceine est bonne, ou mauvaise, n'est-ce pas le publie qui paie pour, et vous les vaccinateurs qui recevez le paiement de cette opération plus qu'imprudente. Et vous dites : ‘ ifin de ne pas ennuyer le publie, que les détails de cette importante affaire seront publiés dans les journaux de médecine seulement ” ; je crois plutôt que vous choisissez ces derniers comme étant les moins répandus, et vous espérez, par là même que vous continuerez à rester seuls juges compétents des bons ou des mauvais etfets de la vaccine, et à jouir des bénéfices qui découlent de la vaccination jusqu’à ce que le public change les rôles et devienne jugé de ses véritables intérêts.

La photographie du bras de l'enfant Labelle à soulevé Vindignation de la presse anglaise ; elle à eu pour effet de .a faire sortir de

l'état de mutisme dans lequel elle s'était renfermée depuis longtemps, excepté lorsqu'il s'agissait d’insulter les médecins qui ne partageaient pas les opinions des vaccinateurs publics. Cette presse, organe fidèle des Officiers du Bureau de Santé, était toujours à leur disposition quand il s'agissait de prôner les bons effets de la vaccination ; mais, elle ne voulait jamais admettre la publication d'observations propres à faire counaître les résultats réels de cette pratique. La voie de la photographio, adoptée par es anti-vaccinateurs a donc eu pour résultat de faire connaître non-seulement un mauvais cas de vaccination, mais d'attirer l’attention du public anglais sur les effets de cette pratique.

De plus, l'Æhique médicale, pour un certain nombre de médecins, aurait été, parait.il, outragée par l'exposition de la photographie du bras de l'enfant Labelle ; nous en sommes bien fâchés, mais, nous ne voyons pas en quoi ni comment l’Ethique médicale a pu se trouver blessée, ni ce qu’elle a à faire avec une question scientifique, lorsqu'il s’agit d'examiner et de comparer les bons avec les mauvais effets de la vaccination. La voie de la photographie que noùs avons adoptée était donc la seule qui nous permît de faire connaître à la partie anglaise de la population de cette ville les mauvais résultats de la vaccination du Bureau de Santé. (Cette voie nous a réussi, tant mieux, et noùs n'avons rien à regretter à cet égard, On nous reproche d'être allés voir l'enfant Labelle, qui n’était pas notre palient, c'est vrai ; l’enufant n’était pas notre patient, mais il avait été vacciné au Bureau de S: inté, par le D:. Larocque, officier public ; le Dr. avait remis à la mère, vers le ler. Août, un certificat de bonne vaccination ; la mère de l'enfant n'avait done” plus rien à faire avec le Bureau de Santé ni avec celui qui avait vacciné son enfant.

Ba demandant au Dr. Jacques, ce qu'il pensait du bras de son enfant, Mad. Labelle était parfaitement justifiable de faire cette demande, vu que le bras de son enfant était très malade, malgré le certificat de bonne vaccination qu’elle avait obtenu de l'officier de santé, treize jours auparavant. Le Dr. Jacques agissait sagement en faisant voir l’enfant à d’autres médecins avant de lui donner ses soins et

- cela sans manquer d’égard vis-à-vis le Dr. Lar: veque, qui avait déjà jugé

le cas comme étant Le résultat de bonne vaccine. De plus, le Bureau de Santé est une inslitution publique, les résultats de la vaccination doivent être connus sans pour cela manquer à étiquette médi. cale.

Mais ceux qui prétendent que nous avons manqué à l’Æthique médicale, adoptée par une certaine classe de médecins, comment expliquent-ils leur conduite, avec la dignité de la profession, lorsqu'ils affirment que l'enfant Labelle n’a pas souffert de mauvais effets de la vaccination, après avoir entendu les partisans mêmes de la vaccine, comme le Dr. Lussier : leur dire que le cas était tres

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mauvais, qu'il n'avait jamais vu d'ulcères semblables chez aucun des enfants qu'il avait vaccinés ; que ces uleères avaient une apparence presque syphiliique, mais, qu'il ne pouvait pas les attribuer à la vaccine ; le, Dr, Keraedy, que les wlcères avaient le caractère indolent, mais que c'était la constitution de l'enfant qi était mauvaise ; le Dr. Trenholme, que les mauvuis effets de ce cas de vaccination étaient dûs à la constitution serofuleuse de .l’enfant ;et le Dr, Larocque, que la suppuration était un peu abondante ; les Drs, Dagenais, Gauthier, Craig, Raymond et Coderre affirmaient que la photographie représentait fidèlement l’état du bras de l'enfant, Comment, dis-je, expliquer et concilier avec la dignité de la profession, la conduite de ceux qui ont. affirmé que. l'enfant Labelle n’avait pas souffert des mauvais effets de la vaccine, après les témoignages des médecins qui avaient vu l’enfant ? ‘

Le Dr. Campbell, Doyen de la Faculté de Médécine du Coliége McGill, secondé par le Dr. Rottot, appuyé par les Drs. Plante, Trenholme, &ec., en faisant adopter une motion contraire à l'évidence, et affirmer que l'enfant n’avait pas souffert, abusait de son autorité, et en imposait avec ses quarante années d'expérience én disant qu’il n'avait jamais vu un meilleur cas de vaccination | J’expose les faits qui se sont passés à l'assemblée du 15 septembre’ dernier; àla profession de les juger, et d'apprécier les motifs de ceux qui veulent l’enseigner, la diriger dans la pratique de la médecine, et de l’Ethique médicale.

DE L'ORIGINE ET DE LA NATURE DU VIRUS-VAOCIN.—Je vais de nouveau traiter du principe du virus vaccin. L'origine et la nature de ce virus ont été longuement, définies dans des articles publiés dans /a Minerve et autres journaux.

Les cas de mauvaise vaccination sont-ils une condamnation de cette pratique ? Suivant les uns, il faudrait distinguer entre le principe et l'accident pour jugeren définitive ; et selon les autres, lors que les accidents deviennent fréquents, il y aurait un danger imminent de continuer une pratique comme celle de la vaccination, qui n’a rien modifié ni dans la marche, ni dans les effets de la variole ; au contraire, les victimes de cette maladie augmentent avec le nombre des: vaccinés, les épidémies de variole sont de plus en plus fréquentes et durent plus longtemps que par le passé : depuis c:nq à six ans que le Bureau de Santé redouble d'efforts pour faire pratiquer la vaccination, la variole semble se rire de nous ; et si elle ‘uit la marche que la vaccination parait lui tracer, elle finira par être endé. mique si elle ne l’est pas déjà.

Les cas de mauvaise vaccination sont ‘tellement fréquents, et la mortalité si grande, chez les vaccinés, qu'il est urgent d'examiner plus que jamais la valeur de la vaccination, la nature du vaccin et

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son origine, J'ai déjà fait voir quellessont et l'origine et la nature de ln vaccine, dams un pamphlet publié en 1872; j'ai aussi fait voir lé manque d'efficacité de la vacéine comme préservatrice de la variole, Cesendant, dans intérêt dé li santé publique, et sur les suggestions' de quelques amis dé la seienee, je vais examiner dé nouveau la question du principe du virus vaccin, et ensuite démontrer, par des.statistiques, que la vaccine ne protège pas contre les ravages des épidémies varioliques.

La plupart des sivants en Angleterre, en France, en Allemagne, en Italie, &e., sont d’accord'sur la nature et l’origine du'virus vaccin : c'est une affection vésiculeuse, propre ’aw cheval ; cette affection cat susceptiblé de se communiquer par infection et par contagion ; son caractère prédominant est d’être véruwlent, inflammatoire et gangréneux,

Cette affection éruptive, susccptible d'engendrer le cow-po#, s’inocule du cheval à la vache, de celle-ci à l’homme, et constitue le virus-vaccin de Jenner, Élle se développe aussi, sporitanément sur les diverses espèces animales, enfin, cette affection est. le résultat de maladies tuberculeuses pulmonaires, (le.sore-heels ou le grease de Jenner), elle est accompagnée d’ulcérations aux jambes, et de petites vésicules sur les différentes parties du corps du cheval.

Je cite : ‘ Les eaux aux jambes, sore hcels; grease de Jenner, dit Saco, cité par Guérin, inoculées à la vache engendrent le cow-poæ,’ Il dit aussi avoir réussi à inoculer ce virus sur les chévaux, les :vaehes, les veaux, les chiens, les brebis, les cochons, &e. La clavellée des moutons ou le claveau, a été, dit-il, inoculé par Ligné à 300 enfants, qui se trouvant exposés à une épidémie de variole: ne furent pas atteints par la maladie. Il inocula d’autres moutons avec le virusvaccin, et réussit à produire le cow-po,.

‘ La variole du cheval, inoculée à la vache produit le cow-poæ, dit Depaul, et probablement la clavellée ou la variole dû mouton, Il ajoute, que le véritable secret pourmitiger les effets de la variole, chez l’homme, consisterait à la faire passer: préalablement par une autre espèce animale, et à ia lui donner ensuite par voie d’inoculation.

M; Depaul à établi par un grand nombre d'expériences, la preuve de l’inoculation de la variole de l’homme aux animaux; et-qu'avec les pustules produites sur ceux-ci on redonne À l’homme l'éraption appelée vaccine.

I] dit aussi, que le Dr. Thiélé, [de Kassan] au printemps de 1836, ayant.des doutes sur la puissance de son vaccin, vu: que plusieurs vaccinés avaient contracté ja variole durant une épidémie, fit inoculer le virus variolique à des vaches, et il vit se produire des pustules de cow-pox dont il sé servit pour vacdiner les’ enfants qui eurent une vacciné normale ; mais; avec des symptômes généraux plus intenses,

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M. Dépaul, dit encore, “depuis Jenner jusqu'à nous tous les mé, decins ont admis que la plus grande ressemblance existait entre la variole et la vaceine, et, que là maladie aphtheuse du cheval telle que décrite par plusieurs de nos vétérinaires modernes n’est autre chose que la variole. ”

M. Piorry conclut ses observations, devant l'Académie dé Méde. cine, en disant, que le virus de la vaecine m'est autre que celui de la, petite vérole ; que les virus qui donnent lieu à ces diverses affec, tions sontessentiellement de même nature, du même caractère.

M. Bouillaud dit que l’origine de la vaccine a toujours été obs cure, Jenner a très bien connu qu’elle venait du Eh & qu'en 1852, on publiait dans le. recueil vétérinaire, un article dans lequel on démontrait que la vaccine et la variole étaient identiques, et il ajoutait: que le virus vaccinalet le virus varioleux re faisaient qu’un/

M. Devergie a dit aussi : que la maladie éguine n'est autre que la vaccine spontanément développée chez le cheval ; que dès lors la vac: cine à une double origine, le cheval et la vache, il ajoute : les dif” férentes affections considérées jusqu'à ce jour comme susceptibles d'engendrer le cow-pox se résolvent toutes dans une seule ét même maladie, la variole, qui, transmise du cheval à la vache ét de la va che à l’homme constitue le véritable cow-pox, le vaccin,

M. Bouley disait que la maladie du cheval est toujours la même, variable dans ses manifestations, inoculéc à la vache donne la, vaccine ; il existe, dit-il, chez le cheval une maladie à caractère bien déterminé, qui, inoculée à la vache, lui donne à coup sûr le cow-pox ; et, l’origine équine de la vaccine est incontestable aujourd’hui:

M: Bousquet disait: “la variole et la väccine appartiennent: évidemment à la elasse des contagions, elles en ont ‘ous les carac. tères ; et, comme l’a dit Jenner, entre les pustules de la vaccine et celles de la variolé, il:n’y a pas une ombre de différence.”

L'origine de la vaccine, dit M Guérin, étant établie, comme venant du cheval, de nature inflammatoire, virulente, qangréneuse, cantagicuse et épidémique,. dans tous les cas où on a vu se développer le cow-pox (eaux aux jambes, javart, feu de Saint Antoine, mal du talon, sore heels, ulcéralion du jarret) il n'y avait qu'une même maladie, la variole. M. Guérin, maigré qu'il différait d'opinion avec M. Depaul, en venait cependant à la même conclusion sur lg nature de la maladie. à

M. Guérin cite le Dr. Magne, qui disait : il est unanimement re-! connu aujourd’hui que la vaceine provient d’une seule maladie : maladie éruptive du cheval, qui se montre sur toutes les' parties du corps. |

M. Bouvier rapporte que J. Baron qui a écrit la vie de Jennet,' disait, dans un rapport publié en 1839 + “que l'inoculation de la variole de-l’homme à la vache à produit une .affection awoucie, mi-

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tigée, qui, reportée à l’homme, a présenté tous les caractères et les propreté de la vaccine de J'enner ; que la vaccine, au lieu d’être e préservatif de la variole, est la variole mêrne, (J. Baron, Report, p. 30 ) et que c’était aussi l'opinion de Jenner.

Le Dr, Parola dit avoir inoculé, en 1832, des vaches et des génisses avec la variole, et avoir réussi à produire le cow-pox, qui lui a servi à vacciner les enfants ; et il ajoute que la variole et la vaccine sont deux maladies identiques.

Le Dr. Steinbrenner dit aussi que l’inoculation de la variole de l’homme aux vaches est parfaitement démontrée.

Le Dr. Gassner (en 1807) a pratiqué l’inoculation sur onze vaches et a produit de véritables pustules de cow-pox. Il a vacciné plusieurs enfants, et il a obtenu de bonne vaccine. Et, suivant Gregory, en 1802, en Angleterre dans un moment où la vaccine manquait, on s'en procura en faisant traire une vache par un varioleux, la vache eut une éruption caractéristique.

Le Dr. Ceely, en Angleterre, a vu, en 1846, dans un petit village, alors que douze individus étaient atteints de la variole, cinq vaches sur dix, être affectées du cow-pox. Il attribuait cela à ce que ces Vaches avaient léché la bourre du lit d’une femme morte de la variole,

Suivant M. Bouley, Jenner aurait parlé d’un jeune poulin, dont la maladie était un engorgement chaud, douloureux d’un membre postérieur, sans suintement humoral en surface, comme dans le grease, ce qui, par un abcès, fournit une matière dont l’inoculation produisit le cow-pox.

‘ Jenner a signalé les accidents qui peuvent résulter pour l’homme de ses rapports de contact avec les chevaux affectés de la maladie qui fait naître le cow-pox.”?

Le Dr. Rennie dit qu’en Angleterre, il était bien connu’que des mé. decins vétérinaires avaient découvert que la —ymphe du Dr. Jenner n’était que le grease provenant des maladies des poumons du cheval. Les vieux torchons du Dr. Jenner étaient saturés de matières purulentes provenant des plaies des chevaux malades, et avec lesquelles il ënoculait; voilà, dit-il,‘ la source ou l’origine du virus vaccin, lequel n’a jamais originé de la vache, mais a été transmis du cheval à celle-là.” Cette dernière cpinion ne saurait être suspecte à personne, vu qu’elle vient d’un des compatriotes de Jenner, le Dr, Rennie : elle ne fait que corroborer celle d’un grand nombre de médecins distingués, et de médecins vétérinaires également instruits, d’Angleterre, de France, d'Allemagne, d'Italie, &e., il serait trop long d’énumérer les noms de ces hommes autorisés à juger de l’origine et de la nature varioleuse, inflammatoire et gangréneuse du virus

vaccin.

Pour plus d'informations, voir : le Bulletin de l’Académie Impé-

‘riale de médecine, tom. 29e. Paris 1863-64; The anti-vaccinator

and Public Health Journal, Leeds, 1872-73 ; et ‘“ Important Facts on vaccination, ”” by Edmund Procter, London 1873.

La vaccine avec la variole, maladies identiques, appartiennent à la classe des contagions, (Bousquet) ; maladies inflammatoires et gangréneuses (Hertwig, de Berlin) ; la vaccine propage la variole (Marston).

Le virus vaccin, dont j'ai établi l’origine et la nature dans mon dernier article publié dans l’Union Médicale du mois dernier, est le produit d’ure maladie varioleuse, propre au cheval et à la vache ; il est contagieuæ, inflammatoire et gangréneux. Afin de satisfaire ceux qui ne croiraient pas entièrement à la nature varioleuse, épidémique de la vaccine, je citerai encore M. Bouvier, qui disait, devant l’Académie Impériale de médecine de Paris : ‘* Quels sont en effet les traits principaux de la maladie équine vaccinale, varioliforme, décrite par MM. Lafosse, Sarrans, Bousquet, Leblanc, De. paul, Bouley ? (1) C’est une affection éruptive, générale, aiguë, fébrile, dans laquelle la #èvre diminue et cesse lorsque l’éruption a eu lieu. Cette maladie se manifeste non seulement aux membres inférieurs, où elle est suivie d’écoulements purulents, mais encore dans différents points de la surface du corps du cheval.” Bullet. Acad. Imp. de méd. tom. XXIX, p. 391.

M. Bouvier continue et dit :—{* Tous les médecine de l’Inde, du temps de J. Baron, croyaient à la nature varioleuses des épizooties fréquentes de cette contrée. Ils les voyaient naître, régner et s'éteindre en même temps que les épidémies varioleuses de l’homme. Ils inoculaient la variole à des enfants avec les produils de l’éruplion épizootique. J'ai déjà cité les expériences de M. Macpherson et de M. Wood; ce ne sont pas les seules. fn 1837, une série d'inoculations du virus pris sur des vaches malades produisit de vé. ritubles varioles, comme dans les cas de M. Wood. M. Brown, dans une autre occasion, prit des croutes sur le dos et l'abdomen d’une vache frappée par l’épizootie, les délaya dans un peu d’eau et inocula cette matière à quatre enfants, qui eurent une éruption locale, tout à fait semblable à la vraie vaccine, et seulement accompagnée de symptômes généraux plus intenses qu’à l'ordinaire, Ces enfants servirent à une suite de vaccinativns, qui n'offrirent rien d’anormal pendant deux mois. Au bout de ce temps, les enfants qui reçurent le vaccin de cette source eurent une éruption secondaure générale, avec fièvire, et l’un d'eux mourut. ”—Jdem. pp. 412-414.

‘* What is this ‘ vaccine virus ? ”’ 16 is an animal poison ; and yet we introduce this into the living blood of a healthy child. ” M. J, Pickering, F.$.S,

(1) (Tous m:mbres de l'Académie de médecine de Paris.)

Je citerai encore l'un des plus grands médeeiïns, physiologistes et anatomistes d'Angleterre, Sir John Hunter, contetnporain de Jenner, qui jugeait comme. suit la nature de tout virus animal :

“ Any extranéous substance introduced into the blood modifies the vitalised, or living fluid ; the introduction by inoculalion of mineral poisons, or vegetble” poisons, is hazardous, and, in certain quantities, may be destructive: but the introduction of animal produots from another living body, be it a man, a eow, or even the ass, is infimitely more pernicious, because ollied to it in being vitalised.” ‘ Important facts on vaceination by Edmund Procter, London 1873.”

Les citations que j'ai faites, établissent l'origine et la nature du vaccin ; elles ne laissent aucun doute sur la virulence de ce virus, qui

produit partout des effets contraires à ceux pour lesquels il est intro.

duit dans les constitutions saines ; et, encore s’il était introduit dans une constitution déjà malade en vue d'arrêter ou de modifier la maladie commençante, on pourrait peut-être se dire, vû la gravité de cette maladie, la variole, et le peu de succès obtenu par les différents traitements jasqu'à présent, on est justifiable d’avoir recours à la vaceination, comme moyen extrême pour traiter cette maladie ; mais, eroire qu'au moyen de l'inoculation du virus variolique ou vaccin, véritable poison animal, dans une constitution saine, on préviendra le développement de la variole et de ses effets, chez les inoculés, est une des erreurs les plus funestes de la médecine.

La pratique de la vaccination aujourd’hui n’est que l'attribut de sourds quine veulent pas entendre, tels que les vaccinateurs publies, leur porte-voix, le président du Bureau de Santé et les éditeurs de journaux anglais qui voient dans cette pratique le seul préservatif efficace contre la variole, malgré les 119 victimes de cette maladie, pour le mois d'octobre dernier : 94 au cimetière de la eôte des Neiges ; 39 vaccinés ; 5 vaccinés sans succès, et 10 trop jeunes ou malades pour être vaccinés ; 17 sans renseignement, 23 non vaccinés ; les 25 autres au cimetière du Mont-Royal, vaccinés !1 Ii faudrait être dépourvu de toute faculté d'observation, et ne pas réfléchir sur les résultats qu'a produits la vaccination parmi nous, depuis 5 à 6 ans qu'on veut imposer cette hideuse opération, pour demander que cette pratique soit forcément introduite, par des règlements de la Corporation, dans toutes les familles, écoles, manufacturas, boutiques et tout cela sur la recommendation des officiers de scaté : pour eux, cette pratique est vitale. Mais, pour M. Kennedy, et les journalistes anglais, est-ce par leurs connaissances pratiques qu'ils recommandent tant au public la vaccination ? ces humbles gardiens de la santé de nos famiiles sont remplis de solneitude pour cette pratique, qui compte ses vic{imes par millions , est-ce par dévouement aux intérêts publies, ou bien pour conserver une prati. que, que les Anglais regardent comme nationaie ? Si cette pratique

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