‹ Vacher l'éventreur et les crimes sadiquesChapitre 10 sur 40 · IV. — LES RAPPORTS MEDICO-LEGAUX SUR LES GRIMES AVOUES · texte numérisé non relu

IV. — LES RAPPORTS MEDICO-LEGAUX SUR LES GRIMES AVOUES

1° AFFAIRE DE BEAUREPAIRE (Isère)

Nous soussigné Claude Brottet, docteur en médecine à Vienne, ancien interne des hôpitaux de Lyon, médecin expert près le tribunal de 1" instance de Vienne, à la requête de M. le juge d'instruction, en date du 24 fnai 1894, serment préalablement prêté, nous nous sommes transporté à Beaurepaire pour examiner le cadavre de la nommée Eugénie Delomme, trouvée morte dans la journée du dimanche 20 mai, victime d'un assassinat, et avons fait en présence de M. le procureur de la République et de M. le juge d'instruction qui nous accompagnaient les constatations suivantes:

Le cadavre de la nommée Eugénie Delomme, âgée de vingt et un ans, ouvrière à l'usine Lévrier, a Beaurepaire, a été trouvé dans une haie à 200 mètres environ de cette usine. Nous relevons en cet endroit des traces de lutte, et des taches de sang sur les herbes et sur le sol ;

(1) Vacher s"il n"a pas encore eu d'imitateur, a tout au moins des défenseurs. Il parait que M= Charbonnier a reçu plusieurs lettres de gens bien intentionnés s'ofTrant pour défendre la cause de Vacher. Inutile d'ajouter que certaines de ces lettres indiqueraient de la part de leurs auteurs un certain degré de dérangement cérébral.

des vêtements de la victime, notamment un corset et un fichu ont été trouvés à quelque distance du cadavre ; plus loin des traces de pas partant du lieu du crime et se dirigeant h travers champs ont pu être suivies et remarquées par nous, nous avons reproduit ces empreintes sans avoir pu en prendre le moulage à cause de la mollesse du sol détrempé par la pluie.

Le cadavre d'Eugénie Delomme avait été transporté à l'hApital de Beaurepaire,et c'est là que nous avons procédé h l'autopsie en présence de M. le procureur de la République,

Examen du cadavre. — Eugénie Delomme, vingt et un ans, taille 1m. 60, assez bien constituée, vêtements déchirés et souillés de boue; chemise de toile, tricot coton gris, taille carreaux bleus, jupe tricot rouge, jupon rouge à galon noir, robe à rayures rouges et blanches, petit fichu laine loutre, bas de laine rayés rouge et blanc, souliers Molière ; à la semelle adhère une couche épaisse de boue argileuse.

Le corps porte des traces de lutte dans la boue qui souille les parties inférieures jusqu'à la ceinture, ainsi que la partie supérieure de la poitrine, les avants-bras et les mains. Toute la face à droite, la région du cou, la paume des mains sont maculées de larges taches de sang. La région mastoïdienne droite est le siège d'une vaste plaie à direction verticale en forme de croissant, mesurant 8 centimètres de longueur. Le sang qui s'en est échappé a souillé et agglutiné les cheveux qui sont épars et retiennent dans leurs mailles des fragments de terre humide.

Varéole du sein droit a été arrachée par une déchirure ;i lambeau interne, cette blessure est peu profonde et mesure 6 à7 centimètres d'étendue.

Rigidité cadavérique.

Face. — Les paupières sont fermées, Tœil est terne, non affaissé, la bouche est entr'ouverte, la langue est serrée entre les arcades dentaires,

Dissection de la plaie mastoïdienne. — Cette plaie en arrière de l'oreille droite est longue de 8 centimètres, elle est profonde et a mis à nu l'apophyse mastoïde, et par décollement la surface antérieure de l'os temporal. Les bords sont nets et ont été produits par un instrument tranchant, le sang qui a coulé en abondance a agglutiné les cheveux et taché toutes les parties voisines. De chaque côté du ceu, suivant le tracé des veines jugulaires la peau présente une teinte

bleuâtre ecchymolique sur une largeur de deux travers de doigt.

Nous prolongeons pour retrouver sa direction celte plaie en incisant verticalement. Peu de caillots, et nous trouvons des ecchymoses profondes sur toute cette étendue.

Dissection de la bouche. — La lèvre inférieure a été déchirée a sa face interne par une violente pression sur les arcades dentaires. Nous incisons verticalement la symphyse du menton et nous découvrons successivement des ecchymoses: 1° au niveau de la symphyse; 2' à la hauteur de l'os hyoïde, et deux autres étendues jusqu'à la fourchette du sternum. En un mot ces ecchymoses occupent toute la face antérieure du cou.

Rien de particulier dans la bouche et le pharynx. L'os hyoïde n'est pas fracturé ; d'une façon générale tous les tissus et les organes du cou sont ecchymoses et infiltrés de sang noir.

Thorax. — Le larynx présente des ecchymoses disséminées sur toutes ses faces.

Ouverture du larynx. Taches ecchymotiques dans les cavités.

Écume légèrement rosée. — Nous retrouvons des taches ecchymotiques tout le long des gros vaisseaux. Les ganglions bronchiques sont volumineux et colorés en noir.

Le cœur est de volume ordinaire, graisseux à sa base, traces d'ulcérations cicatrisées à la pointe du ventricule gauche (péricardite ancienne).

Poumon gauche. — Cavité pleurale remplie de sang noir. Adhérences à la base suite de pleurésie ancienne, congestion intense du lobe supérieure.

Nous trouvons quelques ecchymoses sous-pleurales masquées en partie par la teinte générale ecchymolique du tissu pulmonaire.

Poumon droit. — Adhérences multiples, ecchymoses sous-pleurales très nombreuses et très faciles à distinguer sur le fond qui est moins congestionné que du côté opposé. Pas de sang dans la plèvre.

Nous retrouvons également quelques ecchymoses épaisses sous l'enveloppe péricardique.

En poursuivant la dissection de la trachée et des grosses bronches, vers les bifurcations, nous retrouvons une quantité notable d^écume rosée.

Région abdominale. — V^ers la partie pubienne supérieure nous

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conslalons des traces de piétinement par une semelle de soulier ayant imprimé dans la peau de petits points symétriques. L'empreinte a un bord convexe de (i centimètres de hauteur sur 6 1/2 de largeur correspondant comme forme à celle de la semelle d'un soulier à bout arrondi. Le pli de l'aine ;i gauche est également le siège d'empreintes irrégulières sur une longueur de dix centimètres et une largeur de cinq centimètres environ.

Sur ces deux empreintes, la saillie des clous a excorié l'épiderme. Sur la rotule gauche et sur la face externe du genou droit, nous relevons également un certain nombre de ces empreintes.

Abdomen. — A mesure que nous incisons les parois abdominales, et que nous découvrons les parties profondes nous trouvons un lac de sang noir épanché, ainsi que des ecchymoses étendues à la région cardiaque de l'estomac, et à la face antéro-supérieure du côlon transverse.

Estomac. — Cet organe est volumineux et dilaté, il renferme les restes abondants d'un repas récent à peine digéré où nous reconnaissons facilement les aliments suivants : pAtes alimentaires, en forme de lettres d'alphabet, fragments de pain et de fromage, pas de trace de vin.

Foie assez volumineux, sain.

Reins et rate normaux.

Organes génitaux. Poils châtains, vulve largement ouverte, défloration ancienne, absence de fourchette, muqueuses décolorées, pas de blessures de ces organes ni du périnée. Rien d'anormal à l'examen des organes génitaux internes.

Nous avons retiré du vagin un liquide blanchâtre granuleux, que nous avons examiné au miscroscope et dans lequel nous n'avons pas trouvé de spermatozoïdes, mais seulement des débris épithéliaux et des vibrions du genre trichomonas.

L'examen que nous avons fait du cadavre d'Eugénie Delomme et des circonstances du crime nous permet d'en retracer les péripéties et d'en tirer les conclusions suivantes.

La victime a lutté contre son agresseur qui l'a étendue à terre, a relevé ses vêtements, et en présence de sa résistance a d'abord cherché à étoufl'er ses crisen comprimant la bouche et en serrant violemment le cou, pendant que couché ou agenouillé sur elle, il ap|)uyait son pied et son genou sur le corps (ecchymoses et empreintes du ventre et des genoux).

La suffocation, l'asphyxie était à peu près complète quand il a,

pour achever cette résistance, plongé un couteau (tenu dans la main gauche) dans le cou de la lille Delonnne (la main droite appuyant sur la bouche et sur le cou).

Une abondante hémorragie produite par la section des vaisseaux du cou et notamment des veines jugulaires a rempli la cavité thora. cique, et a filtré jusque dans l'abdomen ou nous avons retrouvé ses traces.

En résumé.

Eugénie Delomme est morte :

1* Par suffocation et par strangulation avec compression des parois de la poitrine ;

2° Par hémorragie externe et surtout interne très abondante.

Cette mort est le résultat d'un crime, elle remonte au samedi 19 mai à 8 heures du soir, à peine \ heure après le repas du soir que la fille Delomme avait pris à l'usine.

Vienne, le 8 Juin 1894.

2° AFFAIRE DE VIDAUBAN (Var)

Nous soussignés Séraphin Roubaudy, officier de santé demeurant à Vidauban et Julien Balp, docteur en médecine, médecinexpert devant les tribunaux, demeurant à Draguignan, sur la réquisition de M' Guichar de Grandpent, juge d'instruction près le tribunal de première instance de Draguignan, après avoir prêté le serment exige par la loi nous nous sommes transportés, ce 21 novembre 1894, au quartier de Biais, territoire de la communede Vidauban, « à l'effet de procéder à l'autopsie du cadavre de la nommée Louise Marcel, de constater le nombre et la nature des blessures qu'elle porte ; d'indiquer le ou les instruments qui paraissent les avoir produites, de déterminer les causes de la mort ainsi que l'époque à laquelle elle paraît remonter, d'indiquer en outre dans quelle situation devait se trouver la victime lorsqu'elle a été frappée par l'assassin, celle de ce dernier par rapport à elle; et si les mutilations que l'on constate sur sou corps ont été faites avant ou après la mort ; de vérifier et faire connaître si la jeune Louise Marcel ne porte pas sur les bras ou autres parties du corps des ecchymoses ou autres traces de violences, indiquant qu'il y aurait eu lutte entre elle et le meurtrier, avant le crime, et si elle n'a pas été l'objet de viol, ou de tentative de viol de la part de son meurtrier ».

Nous avons trouvé le cadavre de L. Marcel étendu sur le sol, à 3 m. oO environ de la porte d'entrée, dans la bergerie où on Ta

découvert. Le corps do celle fille, qui avait treize à quatorze ans, est très précocement développe ; par sa taille, ses dimensions et ses formes on dirait en effet celui d'une jeune femme de dix-huit à vingt ans. Elle devait être lourde et robuste.

Son cadavre est couché sur le dos, la tète est en quart de rotation de façon que le visage est tourné à gauche regardant vers le fond de la bergerie dans la direction opposée a la ])orte d'entrée ; le membre supérieur droit est dans l'extension, écarté du corps, à angle droit, c'est-à-dire perpendiculaire à son axe, et dans la direction delà porte la face palmaire de la main regardant en haut, les doigts à demi fléchis ; le membre supérieur gauche est allongé le long du corps avec la face palmaire de la main tournée vers la cuisse gauche, les doigts à demi fléchis; la jambe droite à demi fléchie sur la cuisse du même côté est repliée sous le membre inférieur gauche qui est allongé, de sorte que les cuisses chevauchent l'une sur l'autre.

Les vêtements sont dans le plus grand désordre, ils se composent d'un tablier, d'un jupon de laine, d'un corsage à manches, d'un corset à baleines, d'une chemise, de bas et de bottines. En avant et en haut ils sont peu souillés de sang, mais ils ont été coupés à grands coups d'instrument tranchant, et déchirés un peu à gauche de la ligne médiane depuis le cou jusqu'au dessous de la ceinture, puis écartés de droite et de gauche de façon à bien découvrir toute la poitrine; à la partie inférieure les vêtements sont relevés presque jusqu'en haut des cuisses, ensanglantés sur une large surface, la chemise surtout, et présentent quelques coupures tresnettes. En arrière ils sont relevés jusqu'au-dessus des reins et tout ensanglantés presque du haut en bas.

Le sol sur lequel est étendu le cadavre est disposé en pente légère dans la direction des pieds, il est tout imprégné de sang depuis le dessus de la tête jusqu'à vingt centimètres plus bas que les pieds, une autre vaste tache de sang, au niveaude laquelle la terre estégalement imbibée de ce liquide, remonte à l'endroit où repose la cuisse droite jusque vers un point situé à trente centimètres environ de la main droite du côté de la porte de la bergerie. 11 est probable (pie la tète de L. Marcel reposait d'abord sur ce dernier point et que son corps a été retourné et traîné la où il a été découvert, de la sorte s'expliqueraient tout à la fois la direction des deux mares de sang, le relèvement des vêlements en arrière et la souillure de terre du tablier.

Les pieds de L. Marcel sont environ à «rente cenlimètresde distance de l'un des supports ou pieds d'une table qui se trouve dans l'angle de la bergerie, à droite de la porte d'entrée. Sur la lable nous

constatons plusieurs taches de sang et sur lesupport arrondi, qui est le plus rapproché des pieds du cadavre, nous relevons des taches de sans; produites par une main droite qui, h deux reprises, a saisi ce support, le pouce en avant, les autres doigts en arrière.

Nous allons successivement décrire les nombreuses blessures que nous constatons sur le cadavre de L. Marcel.

1° La tête présente deux blessures siégeant a la face. Ce sont deux plaies linéaires et transversales de la lèvre supérieure et de la joue droite; elles sont parallèles l'une à l'autre et distantes de deux a trois millimètres; elles s'étendent du milieu de la lèvre supérieure au milieu de la^oue droite et mesurent quatre centimètres et demi de longueur; leurs bords et leurs angles, au sommet sont très nettement sectionnés ; la plaie supérieure n'intéresse que les parties molles, la plaie inférieure pénètre dans Tos maxillaire supérieur sur une longueur de deux centimètres et traverse même cet os de part en part sur une longueur d'un demi-centimètre, au niveau de la racine de la première grosse molaire, en produisant une fente osseuse très étroite, linéaire à travers laquelle la lame du bistouri pénètre à peint'. Ces deux plaies n'ont donné lieu à aucune hémorragie, elles ont donc été faites quand la circulation du sang avait cessé, au moment même de la mort ou après la mort. Elles sont la conséquence de deux coups portés à l'aide d'un instrument tranchant à lame assez forte puisqu'elle a sectionné un os, et très finementaiguisée puisque la section osseuse reçoit à peine la lame d'un bistouri. Le meurtrier était au côté droit de la victime quand il lui a porté ces deux coups et celle-ci était déjà exsangue et étendue sur le sol.

'i" Au cou nous constatons une vaste plaie transversale et béante, pénétrant dans le larynx et le pharynx ; si on en rapproche les bords maintenus écartés par la rétraction des tissus et la légère extension de la tête, on constate qu'elle est formée par deux plaies linéaires se réunissant a angle droit tout à fait au-dessous du menton; de ce point une branche de la plaie, longue de trois centimètres, dont l'angle inférieur est très émoussé, descend verticalement en bas vers le sternum, l'autre branche est transversale et se dirige à droite jusque au-dessous de l'angle de la mâchoire (angle postérieur et inférieur du maxillaire supérieur) et mesure huit centimètres. Sur la même ligne que cette dernière branche, à deux centimètres au-dessous du lobule de l'oreille droite, existe une plaie linéaire à bords et à angles très nets qui semble faire suite a la précédente par sa direction et par la communication qu'elle a avec elle, celte petite plaie mesure un centimètre. Celte vaste plaie dont les bords sont très nets, ainsi que les

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anples, à rexception do celui que nous avons signalé comme élant très émoussé, et la petite qui en est le prolongement sont les conséquences d'un coup portéà l'aide d'un instrumentpiquantel tranchant, dont la lame a été enfoncée son tranchant dirigé en haut, son talon en bas, obliquement de gauche i\ droite et d'avant en arrière du milieu du cou jusque sous l'oreille droite, La pointe a pénétré sous le menton et est allée ressortir sous l'oreille, ensuite le manche de l'instrument eyant été relevé en haut en décrivant un arc de cercle, le tranchant a sectionné les tissus de bas en haut et a produit la branche transversale de la blessure qui a huit centimètres.

C'est selon toute probabilité un fort couteau, un coutelas, qui a produit ces blessures du cou : sa lame doit mesurer au moins dix centimètres de long et trois centimètres de largeur près du manche. L'instrument a sectionné la veine jugulaire et la carotide externe ainsi que les vaisseaux laryngiens et thyroïdiens, il a produit une large saignée du cou. C'est par cette plaie (|ue le sang de L. Marcel s'est écoulé.

La partie antérieure et supérieure desvètements n'étant pas ensanglantée, il est probable que la victime était déjà étendue sur le sol quand le meurtrier, couché ou incliné sur elle, lui a porté ce coup qui a occasionné la mort en quelques minutes.

3° La maiîi r/auche est ensanglantée sur toute sa face palmaire, tous les doigts sont coupés sur une profondeur variant d'un demicenliraètre à un centimètre, obliquement du haut en bas, à la face palmaire de la première phalange, ces coupures sont irrégulières par suite probablement des différences de pression des divers doigts et aussi des mouvements imprimés à l'arme par le meurtrier pour la dégager, car la coupure du pouce est opposée à celles des doigts et toutes ces plaies digitales proviennent de ce que L. Marcel a saisi à un moment donné de la scène du meurtre la lame de l'instrument dont la frappait son meurtrier. Nous avons d'abord pensé que cette lame devait avoir deux tranchants mais nous pensonsqu'en dégageant la lame très pointue d'un couteau, la pointe finement aiguisée peutêtre des deux côtés a pu produire toutes les coupures des doigts. Ces plaies ont largement saigné et elles ont été produites quand la circulation était encore active, que la victime avait encore la force de serrer fortement. Le meurtrier était en face deL. Marcel quand celleci a saisi l'arme ; ils pouvaient être debout l'un et l'autre ou bien le meurtrier était incliné sur sa victime renversée à terre.

4" La >natn droite n'est pas ensanglantée, elle porte cependant deux coupures d'un centimètre et demi de longueur, l'une à la face

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palmaire de la première phalange du pouce, l'autre également sur la face palmaire de la première phalange de l'index. Elles sont opposées l'une à l'autre, bien que celle du pouce soit assez profonde, elles n'ont saigné ni l'une ni l'autre. Elles ont dû être produites, selon le même mécanisme que celles de la main gauche, par l'instrument tranchant saisi par L. Marcel durant la lutte, mais à un moment où la circulation cessait et où les forces lui manquaient pour serrer vigoureusement l'arme en se défendant. Les positions du meurtrier et de la victime devaient être les mêmes que lorsque se sont produites les coupures de la main gauche.

5" La poitrme, à sa partie antérieure, n'est qu'une vaste plaie s'étendant d'une aisselle à l'autre et allant du cou au creux de l'estomac. Les deux seins déjà très développés ont été complètement détachés par un instrument tranchant et piquant manié de façon à pénétrer obliquement de dehors en dedans, et d'avant en arrière de leur circonférence jusqu'au-dessous de leur partie centrale et promené en cercle tout autour, en rasant les côtes. De cette façon chaque sein a été enlevé en une fois, mais il y a eu un assez grand nombre de reprises dans le maniement de l'instrument ainsi qu'en témoignent les irrégularités et les encoches des bords delà section, parfois l'arme violemment conduite s'est échappée et a produit de profondes entailles dans les chairs voisines. Entre les deux seins l'instrument tranchant d'abord laboure profondément les tissus depuis le cou jusqu'au creux de l'estomac, divise la peau et le tissu circulaire jusqu'au sternum. Le sein droit renversé était replacé sur la plaie circulaire résultant de son enlèvement, le sein gauche avait été jeté à deux mètres cinquante de distance loin du corps, sous la table qui est dans le voisinage. Les deux énormes mutilations pratiquées ainsi sur la poitrine n'ontdonné lieu à aucune hémorragie : elles ont été faites après la mort.

6° A Vabdomen nous constatons sept blessures que nous décrivons ci-après.

A. — La première de ces blessures, en allant de droite à gauche, est dirigée de l'hypocondre droit vers le bas de la région iliaque droite, elle mesure vingt centimètres de longueur, trois de profondeur, elle n'est pas pénétrante, ses deux sommets sont à angles très aigus et se prolongent par de fines sections épidermiques sur une longueur d'environ un centimètre en haut comme en bas, ce qui indiquerait que la lame tranchante a été promenée comme pour découper, de haut en bas, avec des pressions variables; les bords très nets n'ont donné lieu à aucune hémorragie.

B. — A deux centimètres plus en dedans de la plaie précédente

existe une blessure non pénétrante de 3 centimètres en longueur et en profondeur, h bords nets, à angles très vifs, et n'ayant pas saigné, dirigée de haut en bas.

C. — Parallèlement aux deux plaies précédentes, à \ centimètre à droite de l'ombilic, nous constatons une troisième plaie abdominale à section nette, décrivant une ligne légèrement brisée de 11 cent. 1/2 de longueur, pénétrante en haut seulement sur une longueur de 4 à 5 centimètres, son angle supérieur est légèrement émoussé, l'angle inférieur est très aigu. Plusieurs anses intestinales et le mésentère ont été traversés par Tinstrument dont la pointe est allée s'arrêter contre la colonne vertébrale. Cette blessure paraît être le résultat d'un coup porté par un instrument tranchant et piquant, agissant obliquement de haut en bas et de droite \\ gauche, l'instrument ayant été ensuite promené dans la plaie en changeant de direction à chaque effort. L'arme a pénétré à 12 centimètres de profondeur. Le meurtrier devait être en face de sa victime qui était sans doute déjà couchée à terre quand il a porté ce coup. Elle a donné lieu à une hémorragie interne.

D. — Une quatrième plaie, peu profonde, siège à 2 centimètres audessus du mont de Vénus ; elle est verticale, à bords et angles nets et mesure 3 centimètres de long, sans hémorragie.

E. — A la région abdominale gauche existe une grande blessure presque triangulaire : de l'un de ses angles situé environ à 5 centimètres à gauche de l'ombilic, descendent deux plaies linéaires, pénétrantes, mesurant chacune 15 centimètres de longueur, l'une vers le milieu du pli de l'aine gauche, l'autre a l'extrémité evlerne de l'aine ; un troisième coup a sectionné à peu près complètement la base de ce V renversé, de sorte qu'un large lambeau de paroi abdominale flotte sur une masse d'intestins sortis par cette plaie béante. Cette plaie a saigné.

F. — A4 centimètres plus en dehors, siège une sixième plaie abdominale, non pénétrante, n'intéressant qu'une partie de la peau, verticale, de 12 centimètres de longueur.

G. — Une septième plaie de l'abdomen existe encore à 2 centimètres en dehors de la précédente, au (lanc ganche ; elle est à peu près verticale, mesure 8 centimètres de longueur et profonde de 3 centimètres ; elle est peu pénétrante, ces deux dernières blessures n'ont donné lieu à aucune hémorragie.

7° En arrière du corps, nous constatons une incision mesurant 44 centimètres de longueur et 12 centimètres de profondeur, descendant depuis l'hypocondre g.iuche jusque dans le milieu inlerfessier

dans le voisinage de l'anus qui est intact. Cette blessure est oblique de dehors en dedans dans le sens de la direction et dans le sens de la profondeur. Los bords et les deux angles sont très nettement sectionnés. Dans la profondeur des tissus l'instrument tranchant, manié toujours corïinie pour découper, a été promené à quatre reprises différentes tout le long de la blessure, traçant quatre sillons en sections très reconnaissables. Le périoste de l'os iliaque a été légèrement entamé sur une longueur de 1 centimètre ; sa section est très nette.

Cette immense plaie n'a donné lieu à aucune hémorragie. Elle doit être la conséquence d'une tentative faite par le meurtrier, après la mort de sa victime, pour dépecer le cadavre et désarticuler la cuisse. L'instrument tranchant qui a produit la blessure doit avoir une lame très forte, ayant environ 12 centimètres de longueur et bien aiguisée. Le meurtrier a dû retourner le cadavre sur le ventre pour pratiquer celte blessure, et se trouver ii droite du corps.

8° Sur le devant de la cuisse gauche, un énorme lambeau de peau, de tissu cellulaire et de muscles, s'étendant presque du pli de l'aine jusqu'à o centimètres au-dessus du genou, d'une épaisseur variant de 1 centimètre en bas a 3 centimètres en haut, ayant en bas, où il est arrondi, une largeur de 3 centimètres et en haut 12 centimètres, a été détaché par des sections multiples opérées à l'aide d'un instrument tranchant manié de bas en haut et de gauche à droite par le meurtrier placé a droite de sa victime. Les bords de la plaie présentent de nombreuses encoches provenant de nombreuses reprises dans les efforts de section. Cette mutilation n'a donné lieu à aucune hémorragie.

La région vulvaire ne présente aucune trace de violences, elle n'est souillée ni de sang ni d'autre liquide : la membrane hymen est intacte et l'anneau vulvaire ne paraît avoir subi aucune dilatation. 11 n'y a pas traces d'autres attentats à la pudeur. Nous recueillons néanmoins par des tampons de coton hydrophile tout ce qui paraît lubréfié, sans être apparent, la vulve et le vagin.

L'estomac ne contient que deux ou trois cuillerées de matière demiliquide en voie de chymification dans lesquelles nous avons reconnu du pain qui avait été mangé depuis peu.

Nous ne constatons aucune ecchymose, aucune trace de violence sur les autres parties du corps, il pourrait se faire que les légers épanchements sanguins qui constituent les ecchymoses et les meurtrissures, la circulation ayant été rapidement, presque dès le début de la lutte qui a du se produire à un moment donné, ralentie et éteinte, n'aient pas eu l'importance qu'ils ont d'habitude et que leur produc-

tion ait été troublée et tout à fait incomplète, Néanmoins nous avons prati(iué quelques incisions aux lèvres pour vérifier si la jeune L. Marcel avait subi des pressions violentes, si elle avait été bAillonnée, et nous n'avons rencontré aucune tface d'épanchement dans les tissus des lèvres ; il n'y a donc pas eu de pression violente sur la bouche.

La rigidité cadavérique est complète : elle l'était déjà ce matin à 10 h. 1/2 quand l'un de nous est venu faire les premières constatations. Il est 4 heures du soir quand nous procédons à rautopsie. Il y a déjà quelques larves dans la plaie du cou.

De toutes ces constatations nous concluons en déclarant :

1° Que la jeune Louise Marcel qui devait être très robuste a été terrassée et a reçu d'abord un coup d'instrument tranchant qui a [)roduit la plaie du cou, coupé de gros vaisseaux, ce qui a donné lieu à une hémorragie rapide et abondante ayant entraîné la mort en quelques minutes (de 5 à 10 minutes);

La partie antérieure et supérieure de ses vêtements n'ayant pas été largement ensanglantée, il est à peu près certain qu'elle était à terre quand elle a reçu ce coup mortel;

2° Que Louise Marcel, dans la lutte, a saisi à deux reprises l'arme du meurtrier, la première fois de la main gauche quand elle avait encore beaucoup de force et que la circulation était encore entière, la seconde fois de la main droite quand les forces l'abandonnaient et quand la circulation du sang ne se faisait plus;

3° Que c'est au moins quinze minutes après que la saignée du cou a été faite que le meurtrier a pratiqué les nombreuses blessures et s'est livré aux mutilations décrites ci-dessus et c'est à la région abdominale qu'il a dû frapper d'abord, deux des plaies de cette région ayant donné lieu à de légères hémorragies internes;

4° Que l'instrument qui a dû servira commettre le crime est probablement un coutelas dont la lame forte et bien aiguisée, surtout à la pointe qui est peut-être à double tranchant, mesure environ 12 centimètres de longueur et 3 centimètres de largeur près du manche ;

5° Que le meurtrier doit être assez fort et assez bien musclé pour terrasser Louise Marcel et pratiquer sur elle les blessures et les mutilations que nous avons constatées ; qu'il a occupé successivement diverses positions par rapport à sa victime qu'il a frappée tantôt de face, tantôt du côté droit avec des obliquités variables ; qu'il a relevé les vêtements avant de frapper sur le ventre ;

6° Qu'il n'y a pas eu viol; que s'il y a eu tentative de viol ou d'autres attentats à la pudeur, ces tentatives n'ont pas laissé de

traces ; que l'examen microscopique du peu de liquide recueilli dans le vagin et a la vulve démontre qu'il n'est pas composé de sperme ;

7" Que la mort de Louise Marcel remonte à plus de douze heures et à moins de viugt-quatre heures.

Vidauban, novembre 1894.

3» AFFAIRE D'ÉTAULES OU DU BOIS DU CHENE (Côte-d'Or)

Je soussigné, docteur en médecine à Dijon, certifie m'ètre transporté, le 13 mai 1895, à Étaules sur la réquisition de M. le Juge d'instruction Tondut, à l'effet de pratiquer l'autopsie de M"° Mortureux Augustine, âgée de dix-sept ans, assassinée la veille au Bois du Chêne, ccmmune de Douai.

Il résulte de l'examen les faits suivants : en premier lieu, j'ai cherché à savoir si la victime avait été siolée. La position des vêtements autorisait, en effet, cette hypothèse. Les jupes étaient relevées jusqu'au-dessus du genou ; de plus, le pantalop avait été écarté et la chemise remontée à un travers de main au-dessus du pubis. En outre, sur la peau de la partie inférieure du ventre, et sur le pantalon, on trouvait des traces légèrement rougeâtres, comme si une main incomplètement lavée du sang qui la tachait avait été promenée en ces points ; cependant les parties génitales externes n'offraient aucune trace de violence et d'écartement, la membrane hymen était intacte tout en étant largement ouverte à son centre. Il ne paraît donc pas y avoir eu de défloration, ou même d'intromission d'un doigt dans les parties génitales. En second lieu, j'ai cherché la cause de la mort.

La victime présentait au cou quatre plaies : la plus importante, d'une longueur de 0"", 10 environ, oblique de gauche à droite et de haut en bas, avait tranché incomplètement la trachée-artère audessus du cartilage thyroïde et presque complètement la veine jugulaire et la carotide primitive droite. Cette plaie avait dû amener la mort très rapidement et immédiatement la chute de la victime, si elle ne s'était pas produite auparavant. Cette plaie a été évidemment causée par un instrument tranchant, appuyant davantage du côté droit de la victime ; au-dessus et à droite de celte plaie principale on en trouve deux autres, sous la mâchoire inférieure droite, de quatre centimètres environ de profondeur, n'ayant lésé aucun organe essentiel, et produites par un instrument tranchant et piquant enfoncé perpendiculairement dans le cou. Or, ces deux plaies s'adaptent

exactement au couteau trouvé sur le lieu du crime, le meurtrier avait dû chercher à enfoncer celui-ci dans le cou, mais étant peu pointu, l'efTet a été peu considérable, sauf beaucoup de sang. La quatrième plaie se trouve à l'angle de la nic^choire inférieure gauche et elle a été produite de la même manière que les deux précédentes dont elle présente du reste toutes les apparences. Il est probable que le meurtrier a attaqué la gorge de la victime par les coups dirigés de haut en bas, puisque celle-ci ayant été renversée, il a tranché la gorge par un deuxiemecoup à direction se rapprochant de l'horizontale.

La face porte du reste une plaie contuse superficielle au front et à gauche et une deuxième de même nature au bas de la joue gauche. Ces deux plaies contuses se sont produites par la chute de la victime sur les pierres plates que l'on trouve entremêlées à l'herbe, au niveau de la première mare de sang.

A la poitrine on constate deux i)laies, l'une n'ayant été que très légère puisqu'elle ne consiste qu'en une éraillure de la peau à direction transversale, en arrière du sein droit ; la deuxième a pénétré jusque dans la cavité thoracique en perforant la plèvre, mais non le poumon et le coeur; il y avait dans la cavité pleurale du côté gauche 2o0 grammes de sang environ dû à l'ouverture d'une artère intercostale. Cette plaie de poitrine à gauche, ainsi que la perforation du vêtement et du corset, avait les mêmes dimensions que le couteau mentionné plus haut, et qui s'y adaptait parfaitement. Il est probable que celui-ci a dû se casser sur une lame de corset, dans le coup porté à droite, puisque la plaie de ce côté a été très superficielle. Il est probable aussi que ces deux plaies de poitrine n'ont été effectuées qu'après celles du cou, étant donné que l'une se trouve en arrière du sein droit, l'autre à trois doigts au-dessus du sein gauche. Elles n'ont du reste pas entraîné de conséquences immédiatement graves vu leur peu de profondeur. On [leut affirmer, du reste, qu'elles ont été faites la victime étant couchée, car le poumon gauche ne présentait aucune coloration dans toutesa moitié antérieure, tandis que la partie postérieure était teinte de sang venant de l'artère intercostale. Les doigts des mains ne présentent aucune blessure quelconque. Au poignet droit, deux petites plaies contuses de la dimension d'une pièce de 0 fr. 20, superficielles et symétriques, siégeant l'une dans la direction du pouce, l'autre, dans celle du petit doigt. Au bras droit on trouve également trois contusions au niveau du coude et de la face postérieure du bras. Ces deux petites plaies et les trois contusions nous paraissent avoir été produites soit par le choc contre les pierres dans les convulsions de l'agonie soit par les mouvejnents de la victime en se débattant contre son meurtrier.

Les deux oreilles présentaient des orifices pour boucles d'oreilles ; celles-ci avait été enlevées avec beaucoup de dextérité car on ne voyait à droite aucune lésion, et à gauche une très légère écorcbure en avant du lobule, et rien en arrière de celui-ci.

L'estomac contenait environ 50 grammes de liquide blanchâtre paraissant constitué par du café au lait.

La mort est donc due à des coups de couteau portés au cou d'abord

de haut en bas et d'avant en arrière, puis, la victime ayant été

renversée, à un dernier coup qui a tranché la gorge presque

horizontalement,

D"^ J. Quioc.

Dijon, le 14 mai 1895.

P. S. — J'ai examiné très attentivement les cheveux saisis entre les doigts des deux mains de la victime. Ces cheveux par leur longueur et leur finesse sont certainement des cheveux de femme et par leur couleur, leur finesse et leur aspect, ils m'ont paru, ainsi qu'aux personnes présentes, appartenir à la victime dont les cheveux avaient été dénouésdans la lutte.

4° AFFAIRE DE SAINT-OURS (Savoie)

Nous soussigné, lauréat des Hôpitaux et membre de la Société de médecine légale de Paris, sur l'invitation en date du 24 août 1895 de M. Henry^ du Gardien, juge d'instruction, à l'effet de visiter le cadavre de la veuve Morand, d'en faire l'autopsie et de dire :

1° Quelles sont les blessures et lésions ([ui ont été remarquées;

2° A l'aide de quel instrument elles ont été faites;

3° Quelle a été la cause de la mort et à quel moment elle remonte;

4° S'il y a des indices de viol ou de tentative de viol ayant précédé ou suivi l'assassinat,

Nous nous sommes transporté le dit jour, en la commune de Saint- Ours, au domicile de la veuve Morand, et là, à 6 heures du soir, en présence des magistrats, avons constaté ce qui suit.

La veuve Morand est âgée de cinquante-huit ans; elle est étendue sur la terre nue dans la première pièce de sa chaumière, la tète un peu déclive à cause des inégalités du sol. Auprès du cadavre est une assiette brisée avec une cuiller et des restes de soupe. Sa robe est relevée sur l'abdomen. La jambe droite est étendue ; la jambe gauche

est demi-fléchie, en abduction. La cuisse droite et les genoux sont maculés de sang, bien qu'il n'existe aucune plaie dans ces régions.

Le doigt médius gauche porte à sa face palmaire une petite plaie transversale qui paraît avoir été faite avec un instrument tranchant.

Mais la lésion principale, qui a été la cause de la mort, consiste en une plaie béante énorme située au devant du cou, parallèlement à la mâchoire inférieure. L'instrument vuinérant a rasé le menton et tranché les tissus entre l'épiglotte et Tos hyoïde, en découvrant entièrement le larynx et le cartilage thyroïde. La peau et les muscles offrent plusieurs incisions; ils sont pour ainsi dire mâchés, et l'horrible ouverture résulte évidemment de plusieurs coups sauvages portés avec un instrument tranchant mal affdé, comme le mauvais couteau qui nous a été présenté. Les parties molles paraissent plutôt déchirées que coupées. Les gros vaisseaux latéraux du cou sont divisés, et une hémorragie considérable en a été la conséquence.

Le cadavre apparaît pâle et exsangue.

On trouve deux contusions sur la bosse frontale droite, des éraillures et de la terre au genou droit, beaucoup de sang au genou gauche.

Les poumons sont normaux. Le cœur est vide. L'estomac contient un demi-litre environ d'une soupe de farine et une certaine quantité de prunes.

Les autres organes n'offrent rien de particulier à noter.

Nous avons disséqué avec soin les organes génitaux, et spécialement le vagin et l'utérus dans toute leur étendue , nous n'y avons rien trouvé ressemblant au sperme, ou à une violence quelconque. Néanmoins nous avons recueilli le peu de mucus (|ui se présentait et nous l'avons misentre deux j)laques de verre, pour de là être soumis à l'examen histologique, suivant le cas.

Malgré la saison chaude, on ne remarque aucune trace de putréfaction.

En somme la veuve Morand a succombé à l'hémorragie causée par l'instrument tranchant de son agresseur.

La mort remonte à peu d'heures. Nous ne trouvons pas de traces de viol.

En foi de quoi, nous avons rédigé et signé le présent rapport que nous déclarons conforme à la vérité.

Chamb(;ry, 3iJ août 1895.

D' Carret.

VACHER LEVENTREUR

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