‹ Vacher l'éventreur et les crimes sadiquesChapitre 39 sur 40 · TRÈS IMPORTANT · texte numérisé non relu

TRÈS IMPORTANT

COMMISSIOX H0(;AT01RE

Nous Emile FOURQUET, juge d'instruction de l'arroiidissemeiit de Belley,

\[i la procédure instruite contre X.,., en fuite, incidpé d'assassinat.

Donnons commission rogatoire à notre collègue de

il relfet de rechercher dans son arrondissement l'inculpé (jui correspond au signalement suivant :

Age de trente ans environ, (aille moyenne, rlioveu.v noirs, barbe noire, inculte et rare sur les joncs, nion^-dulic bnine, sonrcils noirs, yeuv noirs, assez grand, visage osseux.

Signes parlicuUcrs : la lèvre supcrienre est relevée; elle se tord à droite et la bouche grimace lorsque cet individu parle; une cicatrice intéresse verticalement la lèvre inférieure et la lèvre supérieure à droite ; tout le blanc de l'œil droit est sanguinolent et le bord de la paupière inférieure de cet œil est d(''[)onrvu de cils cl lègèrenienl ronge ; le regard de cet individu impressionne dr-sagréablement; sa coiflure, tanlùl un béret, tantôt un chapeau de paille à larges bords, est rabattue sur les yeux et relevée en arrière.

Ces premiers signes particuliers sont surtout à retenir.

I/incnIpé est maigre; ses joues sont creuses; son visage est paie avec des plaques jaunâtres ; ses traits sont tirés et il parait souffrctf^nx. Il a la

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voiv assez mâle et l'élève peu en pciilmit, mais lorsqu'il s'anime elle devient aigre et il s'exprime avec quelque difliculté à cause de la diflormité de la bouche.

Cet individu était au moment du crime chaussé de souliers à semelles en bois, portait un sac en toile paraissant renfermer du linge ou des vêlements et tenait à la main un bàlon.

Il demande généraiomeni de la soupe ou du pain, achète alternativement du vin ou du lait; l'réqueiile les Termes où il s'oiïre souvent comme berger et se dit originaire soit de la liresse, soit du département de la Seine, soit du Dauphiné.

Il se prétend infirme et plus âgé qu'il ne le paraît; dit qu'il a quitté sa famille à la suite d'une discussion ; enfin, il s'exprime tantôt en français, tantôt en patois du Dauphiné ou même du Bugey et vagabonde en demandant l'aumône nolanimentdans les villages et à l'entrée des églises, couvents et chartreuses.

Il s'agit de l'individu désigne par les journaux sous le surnom àe Jacl; l'évcntrcur du Sud-Esl.

Me télégraphier en cas de découverlc.

11 y a mandat d'arrêt.

Inutile de diesser procès-verbaux de recherches infructueuses.

Le juge d' inutrucilon,

Emile Foi rqi et.

Prirrc fh' fan'c ciffnlcv d'iiis rii)-}'<jii'I is.scuit'iit.

La preuve est donc faite. Quand on le voudra, on pourra mettre la main sur ces criminels nomades, vraiment insaisissables h la justice. Il faut que l'on se pénètre de cette vérité ; plus un pays a de vagabonds, plus il y a de crimes commis et impunis.

Xous pensons aussi comme nous l'avotjs écrit, il y a quelques semaines, dans la préface du livre intéressant de }\. Fourquet. sur ce même sujet, (pie le vagabondage est devenu une des manifestations de l'anarchie.

Ces vagabonds ou routiers, véritables parias, sans gîte, misérables, découragés, émancipés bientôt par des théories subversives, règlent leur conduite sur ces principes, prennent en haine la société dont ils s'imaginent saper les bases en s'arrogeant, comme ^'acher, le droit de satisfaire leurs besoins les plus impérieux : ils violent pour jouir et ils tuent ou volent pour avoir de l'argent.

Tels sont les vasabonds criminels.

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(^est dans ce groupe (ju'il faut chercher ceux que les poursuites ou statistiques judiciaires, à propos de certains crimes, désignent couiine auteurs sous le nom de « Inconnus. »

11 est donc indispensable de faire à la Chancellerie ce qu'un juge d'instruction de province a spontanément imaginé.

Nous demandons qu'on institue un juge d'instruction central qui résumera les dossiers de tous les crimes impunis et dont les auteurs sont inconnus. Il pourra grouper les faits similaires, mettre en évidence la nature des blessures, l'analogie des procédés employés, relever le signalement des individus vus dans le voisinage des lieux du crime.

On a proposé toutes sortes de mesures : des maisons de refuge, des colonies de travail, la suppression de !a gendarmerie et son remplacement par un corps de gardiens de la paix rurale.

Ce sont des palliatifs, mais non des dérivatifs ou des modificateurs puissants de cette plaie sociale.

Certes, nous ne nous faisons pas beaucoup d'illusion sur le sort de notre proposition. Écoutera-t-on un médecin, même s'il apporte un remède?

Nous avons cependant confiance et nous osons espérer que ceux qui nous auront suivi dans cette étude nous donneront peut-être raison.

Quoiqu'il en soit, après avoir présenté un ensemble de renseignements sur la question, recherché les causes et discuté les effets produits, nous proposons une mesure administrative comme remède à cette situation.

11 fallait une thérapeutique précise à ce cas de pathologie sociale.

C'est la conséquence de noire étude médico-légale.

NOTES COMl'LÉSILNrAlI'.FS 411

NOTE COMPI.KMr.NTAIUE A I.KTIDK SI R I.E .MAIiOlIS UE SADE

Ce travail était imprimé lorsque M. P. (jinists a publié dans le numéro de janvier dernier de la Grande Revue quelques lettres inédites de la marquise de Sade au marquis de Sade.

Je suis tout à fait daccord avec M. Ginisty pour trouver celte correspondance « profondément touchante ». La marquise de Sade a entouré d'un dévouement sans bornes et sans lassitude son cher prisonniei' pendant ses longues années de captivité à Charcnton et à la Bastille.

A n'en pas douter, ciiaque phrase de lettre en témoigne, ce di'vouemenl avait sa source dans un amour exalté. Sans mentir la marquise de Sade peut écrire : « Mon cœur n'a pas changé; il t'adore et t'adorera toujours. -. i.e moindre billet tendre de son mari la ravit. « Je ne cesse dis relire cis cher billet! Qu'il m'est cher puisqu'il me peint si bien tes sentiments pour moi. Je suis au comble du bonheur; tu sais que tu es le but de toutes mes pensées et que l'idée de ton bonheur me sert de boussole. »

M. (iinisty s'étonne qu'un monstre toi que le marquis de Sade ait inspin'' une telle passion.

L'étude impartiale de la vie du marquis permet, ce me semble, de ne pas s'étonner.

De Sade était considéré en somme comme un débauché élégant, un pru pervers, mais ses retentissants procès, suivis d'ailleurs d'acquittements, ne lui avait pas fait perdre l'amitié de ses pairs.

Ce n'est que sous la dictature napoléonienne que l'on prit l'habitude de déclamei» contre l'infâme marquis et encore assistait-on aux spectacles qu'il organisait.

La marquise de Sade a donc parl'ailement pu, je ne dis pas aimer, ce sentiment n'obéit qu'incomplètement aux convenances mondaines, mais jii dis manifester publiquement son amour pour son mari, le visiter régulièrement en prison, solliciter pour lui.

De Sade avait pris l'habitude d'annoter les lettres qu'il recevait. Ses notes sont souvent cruelles pour les bonnes sentimentalités de sa femme. (^ell<' cruauté, cette défiance, sont une preuve de plus de l'opinion que j'ai formulée sur le caractère véritable du marquis de Sade.

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