INTRODUCTION
Je n'ai certainement pas eu la prétention, en entreprenant de faire ce petit volume, d'écrire un nouveau livre sur le Tonkin, ne me reconnaissant aucun talent pour cela; cette tâche étant devenue passablement ardue après tout ce qui a déjà été dit et écrit sur ce pays que les uns ont trop vanté, et dont les autres ont raconté le plus de mal qu'il a été possible, je ne me sensen effet nullement assez bien doué pour la tenter.
En tout et pour tout, il faut savoir plaider le pour et le contre, et montrer de la modération, aussi l'exagération des premiers à exalter notre jeune Colonie, a-t-elle été aussi nuisible à sa prospérité que le parti pris des derniers à la dénigrer.
vin INTRODUCTION.
Of , la masse des Français qui ne connaît pas le Tonkin, et qui cependant voudrait bien le connaître, n'a pu jusqu'alors tirer aucune conclusion de toutes ces controverses; elle demande la lumière et jusqu'à ce jour on ne lui a jamais donné que la confusion.
Mon seul but a donc été en faisant ce volume, dégagé de toute espèce de parti pris et écrit avec la plus entière bonne foi, de mettre à la disposition de tous ceux qui se destinent à aller dans l'avenir en Extrême-Orient, l'expérience et les connaissances qu'il m'a été donné d'acquérir pendant mes différents séjours dans notre nouvelle Colonie.
Pour cela, je vais commencer par tâcher d'exposer le plus brièvement possible la situation actuelle au Tonkin.
Je n'ai pas à faire ici le procès du Tonkin. Il est avéré pour tous aujourd'hui, que la conquête du pays est faite, terminée, il est vrai, par la malheureuse affaire deLang-Son, affaire ténébreuse entre toutes, complètement enterrée maintenant, à laquelle il ne faut même plus penser, vu l'impossibilité de découvrir l'exacte vérité.
INTRODUCTION. ix
Il est donc admis, même par les plus récalcitrants, que la conquête définitive date de 1885 ; à cette époque finit la grande guerre et commence la période de pacification.
Il restait encore bien alors quelques débris de l'armée Chinoise sur le Haut Fleuve Rouge, au-dessus d'Hung-Hoa par exemple, dernières épaves des troupes régulières du fameux Lu-Vinh-Plioc, qui étaient restées dans la région haute, parce que nous n'occupions pas encore tout le pays jusqu'à la frontière.
La colonne du Haut Fleuve Rouée, au commencement de 1886, sur Than-Quan et Lao-Kay, à la suite de laquelle nous avons pris définitivement possession de toute cette région, en installant des postes sur cette grande route de Chine, tels que : Cam-Khc, Than-Quan, Rao-Ha et depuis Yen-Raï, pour ne parler que des principaux, et en nous établissant à Lao-Kay sur la frontière même, a chassé devant elle ces retardataires, qui ont dû rentrer en Chine pour la plupart, en laissant bon nombre des leurs tombés sous les coups de nos vaillantes troupes.
Il en a été de même au-dessus de Lang-Son ; on