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DES LIGNES DE PIED

Les lignes de pied se composent souvent en cadrats du corps du caractère de la page. Xous leur préférons de beaucoup les réglettes d’une seule pièce sur douze points, puisque la ligne de pied a surtout pour but de soutenir la composition au serrage de la forme. Les cadrats ne peuvent remplir qu’assez médiocrement cet office, et les employer à cet usage, c’est immobiliser inutilement un matériel dont on peut avoir besoin.

Les signatures (1) se placent dans les lignes de pied, à la première page de la feuille, ainsi :

ou, si l’ouvrage est indiqué :

Le renfoncement doit être le même des deux côtés.

Au cas où le chiffre de la signature se présenterait immédiatement sous un chiffre d’une opération terminant la page de texte, on reculerait la signature, soit à gauche, soit à droite, du blanc nécessaire pour éviter toute confusion.

1 Jean Kœlhof, de Lubeck, imprimeur à Cologne, imagina les signatures en 1472.

Au premier cahier, il mit une lettre a; au second, une lettre b, et ainsi de suite.

Il les employa pour la première fois dans l’ouvrage intitulé : Johannis Xider Prœceptorium divine lecjis, in-folio.

Aux in-quarto, on mettait une lettre A au premier cahier, sur le premier feuillet; Aij sur le deuxième; Aiij sur le troisième; Aiv sur le quatrième.

Quelquefois, on mettait A2, A3, etc.

Au second cahier, on employait la lettre B. et l’on continuait de la même manière.

Quand l’alphabet était épuisé, on recommençait en doublant, triplant, quadruplant la lettre; la première était majuscule, les lettres subséquentes minuscules, Aa, Aaij, etc.; Aaa, Aaaij, etc.

Ce système resta en vigueur jusque vers la fin du XVIIIe siècle.

On remplaça les lettres par des chiffres arabes, et l’on ne mit plus de signatures aux feuillets suivant le premier du cahier, ce qui, du reste, n’avait aucune utilité.

Certaines impositions en deux ou trois caliiers exigent la répétition de la signature à la première feuille du cahier ou du carton, pour faciliter le travail du brochage. Dans ce cas, on ajoute un point au chiffre :

On ne met pas de signatures aux faux titres et grands titres qui se placent en tête du volume. Mais on les met aux faux titres et aux titres qui se trouveraient à l’intérieur.

MISE EN PAGES

Ayant bien pris toutes ses dispositions et les corrections en première étant terminées, le metteur rassemble les compositions — c’est ici que son livre d’inscriptions lui viendra en aide — et détermine la longueur des pages.

A cet effet, il prend un certain nombre de lignes de texte pour faire une page pleine, sans titres. Il y adapte le folio et la ligne de pied, prend une réglette de trois ou de quatre cicéros qu’il applique contre la composition, et fait une entaille à l’endroit où se termine la page.

Il a ainsi une mesure cle longueur qui doit être observée pour toutes les pages du volume.

La galée sur laquelle se fait la mise en pages doit être assez longue pour pouvoir contenir deux ou trois pages, afin de permettre le remaniement en cas de besoin.

Les grandes divisions d’un ouvrage, telles que les titres, livres ou chapitres, commencent généralement en belle page (1) et ne prennent ni titre courant ni folio.

Les subdivisions se mettent à la suite les unes des autres.

On peut aussi faire suivre les chapitres, mais alors on ne peut couper un sommaire ou une épigraphe.

(1) Supposons une fin de titre ou de chapitre à la page 15 : la page 16 sera page blanche, et le titre ou chapitre suivant commencera à la page 17, c’està-dire en belle page. Il convient d’ajouter que le metteur évitera autant que possible d’amener des pages blanches, dût-il même réclamer à cet effet l’intervention de l’auteur.

DE LA MISE EN PAGES

Lorsque les chapitres se mettent à la suite, il faut que le titre, suivi d’un sommaire ou non, soit accompagné d’au moins deux ou trois lignes de texte. Il en est de même quand l’alinéa d’un chapitre commence par une lettrine.

Si l’on se trouvait dans l’impossibilité d’observer les trois règles qui précèdent, on reporterait de préférence tout le titre à la page suivante et on remplirait le vide par un filet ou un fleuron au milieu de la ligne, comme fin de chapitre.

Une fin de livre ou de chapitre doit comporter au moins six lignes pour former une page.

Lorsque des exemples sont précédés d’un texte explicatif qui se termine par une ligne courte, il faut tenir compte du blanc produit par les cadrats que contient cette ligne courte, et proportionner en conséquence le blanc à mettre entre l’exemple et le texte qui vient immédiatement après.

Les caractères à employer pour les titres des divisions et des subdivisions d’un livre doivent être gradués d’après leur importance. Ainsi l’on composera :

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