EN CARTON
Les fonds en carton sont d’un très grand secours pour embellir un travail à tirer en tons différents, et la confection en est des plus faciles. Tous les fonds qui figurent dans nos modèles ont été obtenus de la façon que nous allons décrire.
Préparation du fond. — On coupe d’abord un morceau de carton un peu plus grand que le fond qu’il s’agit de préparer.
On colle ce carton — le côté le plus blanc à l’extérieur — avec de la colle forte sur un morceau de bois scié à grandeur et à hauteur, et on place le tout sous une presse à copier ou à satiner jusqu’à complète adhérence.
FONDS POUR IMPRESSIONS EN COULEURS
11 importe de s’assurer si les plateaux de la presse ne sont lias défectueux, car toute inégalité se reproduirait fatalement dans la plaque de carton, et pour toute sécurité on recouvre celle-ci d’une feuille de zinc ou autre bien dure et bien lisse. On peut talquer légèrement cette feuille, afin d’éviter que la surabondance de colle ne la fasse adhérer à la plaque de carton, et que celle-ci ne soit détériorée lorsqu’on enlève la feuille de zinc.
Décalque. — La composition terminée et bien établie, on tire en noir une épreuve assez chargée d’encre, — si l’on ne
dispose pas d’encre à report, — on applique cette épreuve sur la plaque de carton, et on opère le décalque à l’aide de la presse. On colle l’épreuve sur l’un des côtés du bloc de bois, afin qu’en cas de 11011-réussite on puisse rabattre l’épreuve sans craindre qu’elle ne change de place, et opérer une nouvelle pression. (Voir fi g . 1.)
Découpage. — Le découpage comporte trois parties distinctes :
1° La délimitation des contours, au moyen d’une incision faite avec une pointe. Cette incision doit être très nette et peut être faite au moyen de la règle pour les lignes droites (voir fig. 2);
2° Une seconde incision plus profonde que la première et en ménageant celle-ci, afin de pouvoir enlever facilement les parties inutiles ;
3° L’échoppage.
La seconde partie du travail se fait avec un couteau bien effilé. L’incision doit être nette et biseautée, de façon à renforcer les parties isolées ou peu soutenues ; il faut éviter que
les tranches aient un rebord extérieur, ce qui nuirait à la netteté de l’impression.
On fait ensuite une incision à 1 millimètre environ du contour extérieur du dessin. (Voir fig. 3.) Cette opération devient inutile lorsque le fond a une forme carrée ou rectangulaire,
FONDS POUR IMPRESSIONS EN COULEURS
puisqu’on peut lui donner, en le préparant, les dimensions nécessaires, et éviter ainsi la perte de temps consacrée à l’éclioppage. Il convient en tout cas de biseauter légèrement les bords, afin de leur donner plus de consistance.
Cette opération doit se faire à l’aide d’un burin (fig. 4), que
Fig. 4.
l’on tient en main comme l’indique la figure 5 :
Fig. 5.
Il faut procéder avec précaution, surtout dans les débuts, afin que les bords ne s’effritent pas sous l’action des incisions répétées.
On procède ensuite à l’enlèvement des parties inutiles. On essaye de détacher un morceau assez grand pour pouvoir être pris avec les doigts, de façon à enlever très facilement les bandelettes de carton isolées par la deuxième incision, sans avoir à redouter la détérioration de la plaque.
Il n’est pas nécessaire d’enlever le carton jusqu’au bois pour les parties intérieures : une profondeur d’un millimètre suffit amplement. Mais pour les bords, cette opération est indispensable afin de donner à l’impression toute la netteté désirable.
On termine en échoppant au burin la bandelette de carton laissée autour du dessin (fig. 6). Il n’est pas nécessaire de suivre exactement les détails de la composition typographique : on peut les contourner tout simplement.
Achèvement. — Le découpage du fond terminé, il faut enduire celui-ci pour lui donner de la résistance.
On donne une première couche avec l’enduit contenu dans le flacon A ; cette couche étant sèche, on enduit les bords du fond à l’aide de l’enduit contenu dans le flacon B\ enfin, on donne une troisième couche de l’enduit A (1).
Ces diverses couches doivent être réparties très également sur la surface du fond avec l’aide du petit blaireau, afin d’éviter les sinuosités qui pourraient se produire et amener par le fait des difficultés à l’impression.
Il faut veiller à ce que le blaireau soit toujours propre, et avoir soin de l’essuyer après chaque emploi.
Si l’enduit A ne s’étend pas facilement, on l’additionne de quelques gouttes du liquide contenu dans le flacon C ; de même pour l’enduit B dont on chauffera une petite quantité au bain-marie, en y ajoutant au besoin une goutte ou deux
(1) On peut se procurer chez son fournisseur habituel tout le matériel nécessaire pour confectionner ces fonds. Les feuilles de carton peuvent être livrées avec surface unie, moirée ou azurée.