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SERRAGE DES FORMES

Le serrage d’une forme, qui est la dernière phase de l’imposition, ne peut être négligemment effectué. Voici comment il faut y procéder :

On serre alternativement et peu à peu les coins des deux côtés, en commençant par le bas, la composition offrant plus d’élasticité dans le sens de la hauteur que dans celui de la largeur.

Nous venons de voir que toute forme, avant d’être serrée définitivement, doit être taquée. Mais il ne faut pas transformer cette opération en un amusement, et tambouriner sur le taquoir.

On s’abstiendra de taquer toute forme serrée contenant des caractères d’écriture, afin de ne pas fausser ou briser les déliés. En outre, on 11e doit jamais serrer ou desserrer une forme sans l’aide du chasse-coins ou décognoir , si l’on veut éviter des détériorations au marbre et au châssis.

On pourrait croire que la manière de serrer une forme est sans influence sur la détérioration du caractère dans les journaux qui impriment sur clichés. Or, un de nos confrères avait fourni le caractère pour un grand quotidien; tous les soins possibles avaient été apportés à la fonte ainsi qu’à l’alliage de la matière, que l’on avait demandée très dure.

Quelques semaines après la livraison, des plaintes arrivèrent sur l’inégalité de la hauteur du caractère. Celui-ci fut vérifié, et 011 trouva que les lettres qui avaient servi le plus souvent n’étaient pas seulement d’un point plus haut que celles ayant peu ou point servi, mais qu’elles avaient perdu aussi leur justesse dans la force de corps.

Beaucoup de lettres portaient les marques évidentes du cran des autres; d’autres s’étaient étendues sous une réglette qui n’avait pas été poussée jusqu’au pied de la composition. C’était la preuve indéniable que le caractère, surchauffé par l’opération du clichage, s’était dilaté vers le haut ou vers le bas par le serrage trop fortement effectué avant le refroidissement de la formé.

DE i/lMPOSITION.

11 est donc prudent, avant de serrer une forme qui vient de subir l’opération du clicliage, de la laisser refroidir en la glissant du marbre sur une grande galée en fer spécialement destinée à cet usage. On repose cette galée avec la forme contre le mur,- et on asperge le tout copieusement avec de l’eau froide. La forme refroidie est reglissée sur le marbre et serrée de manière à pouvoir être transportée.

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