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HABILLAGE I)U CYLINDRE

La garniture du cylindre constitue ce que l’on nomme, en langage typographique, V habillage ou Y étoffage. Nous attirons l’attention des imprimeurs sur ce point, qu’un excellent étoffage amène une notable économie dans l’emploi du caractère (1).

Certains imprimeurs ont la mauvaise habitude de mettre un gros blanchet sur le cylindre de leur machine pour tous les tirages.

Qu’ils fassent cela pour les affiches, nous le comprenons; mais pour l’impression des ouvrages de ville et des gravures, ils feront bien de s’en abstenir.

L’habillage du cylindre a pour but :

1° D’amortir le coup du cylindre, en interposant entre celui-ci et la forme un corps compressible destiné à amortir l’effet de la pression ;

2° De donner plus d’élasticité à la pression ;

3° D’éviter le foulage , c’est-à-dire cette pression excessive qui produit un relief au revers de la feuille, et qui provoque l’usure du caractère ou l’aplatissement d’une gravure : moins il y a de foulage, plus la durée du caractère sera longue, cela n’est pas difficile à comprendre.

L’expérience et la pratique donneront à l’ouvrier soucieux de son travail une idée exacte de l’étoffage nécessaire au travail qu’il doit produire. Voici l’opinion d’un praticien émérite, M. A.-L. Monet, auteur d’un excellent manuel intitulé : Machines typographiques et procédés d'impression :

« Machines en blanc. — On tire généralement à sec, c’està-dire sans recouvrir la mise en train d’une étoffe quelconque.

(4) Certains imprimeurs confondent les deux expressions Étoffage et Étoffes. La différence est assez sensible cependant. Étoffage veut dire habillage du cylindre de la machine, tandis que par Étoffes on entend la différence entre le prix de revient d’un travail et le prix facturé au client; en un mot, le bénéfice réalisé par l’imprimeur. (Voir Sixième Partie : Agencement et conduite d'une imprimerie.)

Dans ce cas, il est indispensable d’employer le blancliet de fond recouvert de calicot, ne serait-ce que pour obtenir l’épaisseur d’habillage en concordance avec les proportions du cylindre relativement au marbre.

)) Lorsque la forme mise sous presse ne se compose que de filets espacés, de cadres, ou travaux du même genre, il est indiscutablement plus avantageux de tirer le plus à sec possible, afin d’arriver à une impression nette et sans foulage. On ne craindra donc pas de remplacer le blancliet de fond par une étoffe mince, d’un tissu serré, satin ou satinette.

)) Au contraire, lorsque les tirages comportent des gravures lourdes, des fonds d’action, des vignettes présentant des à plat, il ne faut pas liésiter à recouvrir la mise en train d’une étoffe moelleuse, pleine, élastique : Casimir, mérinos, et de préférence du satin. Nous ne sommes guère partisan du mérinos et nous repoussons absolument la toile de calicot pour recouvrir les mises en train. Ces étoffes sont dures et la trame, plus ou moins apparenté, ne tarde pas, sous une forte pression, à laisser son empreinte à la surface des parties mates. »

Pour l’impression des photogravures, l’étoffage du cylindre doit être particulièrement soigné.

On appliquera directement sur le cylindre du satin français assez fort, que l’on recouvrira d’un fin calicot, lequel recevra à son tour la feuille de mise en train. Les découpages appliqués, on les recouvrira d’une feuille de papier bien satiné.

C’est ce que les praticiens appellent l’étoffage mi-dur.

On peut en outre essayer l’habillage que voici :

Comme première application sur le cylindre, une feuille de carton collée à mi-colle, puis une feuille de mise en train assez forte, à recouvrir d’un satin français moyen, sur lequel on tend encore, dans certains cas, une feuille de marge légèrement collée.

Le satin français peut être remplacé par du cachemire blanc, bien fin, F expérience ayant démontré que cet habillage résistait même pour des tirages à 200,000 exemplaires.

L’étoffage n’est pas identique pour toutes les machines.

Aux machines à retiration, par exemple, il doit être renforcé. Plusieurs conducteurs expérimentés remplacent le blancliet

HABILLAGE U U CYI ANDRE.

de fond par une forte toile serrée, sans nœuds ou aspérités,, par-dessus laquelle ils collent la feuille d’assise qu’ils recouvrent ensuite d’un blanchet. Ce blanchet doit être plus épais que celui employé pour la machine en blanc.

Lorsqu’on imprime des ouvrages illustrés sans le secours de feuilles de décharge, on doit placer un blanchet de décharge du côté de première.

Si l’on ne dispose que d’une seule machine en blanc pour tous les travaux à effectuer, l’habillage sera moyen, car il est plus facile de charger l’étoffage en cas de besoin que de changer de blanchet à chaque tirage.

A l’Exposition de Paris en 1900, toutes les machines américaines ou anglaises fonctionnant sous les yeux du public avaient comme habillage du cylindre le carton lisse, avec superposition de deux ou trois feuilles de papier épais.

A quelques-unes de ces machines, il y avait en outre une très légère satinette qui recouvrait le tout, et la mise en train s’appliquait sur la seconde feuille.

On habille les machines à réaction avec un seul blanchet assez fort lorsqu’il s’agit d’imprimer des journaux. Si ce sont des réactions à labeurs, permettant l’application d’une mise en train, l’habillage sera le même qu’aux machines à retiration.

Pour les rotatives, l’étoffage doit être corsé, de façon à bien faire venir les clichés. Tout doit pouvoir être lu dans un journal, et l’on supplée à l’imperfection des plaques — trop hâtivement réparées — par un supplément de pression.

Nous 11e sommes pas partisan de l’emploi du blanchet sur les presses à pédale du genre Liberty. Une feuille de papier brouillard ( buvard ) comme fond, et par-dessus, trois ou quatre feuilles d’un bon papier satiné d’une épaisseur moyenne, voilà le meilleur étoffage que l’on puisse désirer pour les travaux légers, qui sont l’apanage des presses à pédale.

Mais si l’on a des formes pleines à tirer, nécessitant une pression plus intense, évidemment le blanchet s’impose.

Il en est de même pour les presses à pédale à encrage cylindrique.

Aux presses à bras, employées dans plusieurs imprimeries encore, on met un mérinos, un satin, ou même un léger blanchet, entre le grand et le petit tympan, par-dessus la feuille

qui supporte la mise en train. (Pour l’impression des affiches, on emploiera un blanchet de moyenne épaisseur.)

L’étoffe (satin ou Casimir) qui recouvre le grand tympan 11e doit avoir que l’étendue intérieure de l’encadrement en fer; l’excédent nécessaire au collage sur cet encadrement s’obtient au moyen de bandes de canevas que l’on coud à l’étoffe des quatre côtés. C’est plus solide et plus économique.

C’est sur le grand tympan que se colle la feuille de marge et que se fixent les pointures s’il en faut.

Lé petit tympan est garni d’une toile lisse et résistante.

Lavage des Manchets. — Les blanchets mal nettoyés se trouvent rapidement hors de service : la dureté, l’inégalité survenue dans l’épaisseur, l’encrassement^ les accrocs, en sont généralement la cause. 11 convient donc de les entretenir en bon état, et voici comment :

Faire tremper les Manchets pendant vingt-quatre heures dans la lessive de cendres de bois, si possible. Après les avoir débarrassés de l’encre dont ils sont imprégnés, par un lavage au savon de Marseille, on les rince à l’eau.

Ne pas employer de l’eau trop chaude, pour éviter le rétrécissement de l’étoffe. Enduire les Manchets de feutre servant aux machines à réaction et aux rotatives, de savon de Marseille, et les faire tremper pendant vingt-quatre heures, ou plus, si l’encre était trop sèche. Après les avoir frottés avec une brosse pas trop dure et du savon de Marseille, on les rincera.

Pour conserver la souplesse aux Manchets, il faut d’abord un lavage complet; puis, après les avoir rincés, on les trempera dans de l’eau de savon.

Le séchage à l’air est préférable à celui du feu.

Éviter de laisser les Manchets trop longtemps sans les laver; il faut les tremper de temps en temps.

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