PAPILLOTAGE DANS L’IMPRESSION
d’excellente étoffe, arrivera forcément à s’amincir davantage aux endroits de la pression, et, cependant, il gardera sur ses deux côtés, où il n’y a pas d’impression, son épaisseur primitive. Quelque peu considérable que soit cette différence, elle suffit néanmoins pour produire, à un moment donné, les plis si redoutés.
Sur tout cylindre réellement cylindrique, la feuille de papier s’étendra, dans toute sa longueur, d’une manière uniforme. Au surplus, il est facile de s’en convaincre : il suffit d’enrouler une feuille de papier sur un rouleau quelconque ; du moment qu’il est exactement cylindrique, on ne constatera aucun pli.
Il résulte donc de ce qui précède, que l’on ne peut avoir assez de soins du cylindre de la machine, et qu’il est indispensable de le vérifier de temps à autre pour s’assurer s’il est toujours bien à hauteur.
PAPILLOTAGE DANS L’iMPRESSION.
Le papillotage peut se produire lorsque le cylindre n’est pas bien assis sur les bandes de support, ou bien par l’usure des crémaillères et engrenages qui commandent le cylindre et le marbre.
La position du cylindre peut être très facilement rectifiée; quant aux pièces usées de la machine, il ne faut pas hésiter à les faire remplacer.
Le dérèglement du cylindre peut être amené par une insuffisance ou par un excès d’étoffage.
« Lorsque l’étoffage est trop fort, dit encore M. Monet, le cylindre est forcément plus haut qu’il ne doit l’être normalement; il n’y a plus entraînement solidaire du cylindre et du marbre : c’est alors une frappe liésitée, un manque de coïncidence entre la mise en train et la forme.
» Et lorsqu’il est insuffisant, le conducteur bride le marbre en descendant le cylindre outre mesure. Il y a gêne générale dans les organes de la machine, et si le conducteur veut se servir des supports pour éviter le papillotage qui se produit dans ces conditions, c’est qu’il n’aura pas observé le fait suivant : plus on jilace de supports partiels en face des blancs
de la forme, lorsque l’étoffage est trop mince, et plus le papillotage augmente.
)) En faisant la mise en train, le conducteur doit donc avoir soin de compter avec l’ épaisseur des découpages, et il devra se persuader qu’en excentrant les cylindres par un excès d’épaisseur de papier, il peut aussi bien produire du doublage, du frisage ou du papillotage, qu’avec un étoffage mal compris. »
En appliquant une règle sur toute la longueur du cylindre, il est facile de voir si l’étoffage est excessif ou insuffisant : il est excessif lorsque les deux extrémités de la règle ne viennent pas s’appuyer sur les couronnes du cylindre, et il est insuffisant lorsqu’un vide se présénte entre le cylindre et la règle.
Le cylindre est bien d’aplomb quand il roule en touchant peu la sangle ; ce contact ne doit pas brider l’arbre dans ses coussinets, mais il faut qu’il y touche, car s’il en était autrement, la forme supporterait tout le poids du cylindre, ce qui amènerait fatalement un écrasement complet.
Et s’il y a du jèu entre les coussinets et l’arbre du cylindre,
11 faut limer les patins des coussinets jusqu’à suppression totale du vide.
Presses à pédale. — Lorsque le papillotage se produit à la presse à pédale, on y remédie en établissant une frisquette (1) sur les pinces, afin de bien maintenir la feuille sur le plateau de marge pendant l’impression.
Si la forme contient beaucoup de blancs creux, comme par exemple une facture, on collera des rondelles de bouchon de
12 points d’épaisseur sur la frisquette. On peut aussi introduire des morceaux de bouchon dans les blancs de la forme, de façon à ce qu’ils ne prennent pas l’encre.
DÉCHIREMENT DU PAPIER A L’iMPRESSION.
Le déchirement du papier se produit sur toutes les presses mécaniques.
(1) Etablir une frisquette, c’est coller sur les pinces une feuille de papier assez consistant, dans laquelle on découpe les parties de texte à imprimer. Les parties non découpées masquent les blancs de la forme.