TREMPAGE DU PAPIER
11 est incontestable que le trempage enlève au papier une partie de son glaçage, qui ne peut lui être rendue par le sati-
LE PAPIER
nage après l’impression; mais, en compensation, le papier trempé épargne bien mieux le caractère.
Avec une bonne pâte de papier, de bons caractères, une bonne encre et de bons rouleaux, il n’est pas nécessaire de tremper le papier. Mais le travail n’est pas toujours suffisamment payé pour employer du papier de première qualité ni de l’encre fine, et puis le caractère ne reste pas éternellement neuf. Dans ces conditions, si l’on veut produire un travail soigné, il est indispensable de tremper le papier.
Cette opération se fait de la manière suivante :
On prend des parties de quinze à vingt feuilles pour les faire glisser, dans toute leur largeur, dans un bac rempli d’eau. On empile successivement ces parties pour les mettre ensuite en presse, afin que toutes les feuilles soient bien imprégnées.
Si l’on n’a pas de presse à sa disposition, on pose un poids assez lourd sur la pile de papier préalablement recouverte d’une planche (ais).
On peut aussi tremper le papier en aspergeant, à l’aide d’un petit balai, des fractions de dix à quinze feuilles mises à plat.
Après la trempe, le papier doit être remanié , c’est-à-dire retourné par fractions, pour que la moiteur ne se tienne pas du même côté.
Cette opération a beaucoup d’importance, car de la façon dont elle est faite dépend la répartition régulière de l’humidité. Au lieu de retourner les pincées de papier sens dessus dessous, il faut remanier en aile de moulin.
On doit avoir soin, en remaniant le papier trempé, de faire disparaître les plis qui peuvent s’être formés.
Le papier ne peut être trempé trop longtemps à l’avance, si l’on veut éviter des taches jaunes ou piqûres dans les feuilles, taches qu’il est presque impossible de faire disparaître.
Le papier trempé le matin peut être remanié le soir et employé le lendemain.
On trempe mécaniquement, à l’aide d’un appareil mouilleur, le papier en bobines dont on se sert aux rotatives.
Il faut que les papiers soient bien à point, ni trop, ni trop peu mouillés. Selon le genre d’impression que l’on doit exécuter, on jugera s’il est nécessaire ou non de tremper le papier.
Il est bien entendu que, pour pouvoir subir l’opération de la trempe, le papier doit être collé.
Le papier du Japon ne peut être trempé : on intercale les feuilles qui doivent servir au tirage entre d’autres feuilles de papier ordinaire, légèrement humides.