RÉGLAGE DES ROULEAUX
Le réglage des rouleaux se fait très simplement. On prend une lettre d’un caractère d’affiche en bois (de 20 cicéros) ayant exactement la hauteur des autres caractères de l’atelier; on la présente devant les rouleaux pour s’assurer de leur position .
Si la lettre heurte le rouleau, c’est que celui-ci est trop bas, et si la lettre passe trop facilement, le rouleau est trop haut.
Les rouleaux qui sont trop hauts ne peuvent encrer convenablement la forme, et ceux qui sont trop bas dansent sur la forme par suite du choc qu’ils reçoivent de la composition à chaque évolution de la machine. De plus, lorsqu’il s’agit de registres, les rouleaux se coupent au contact répété des filets, et finissent par déposer des parcelles de pâte au grand détriment de la netteté du tirage.
Aux machines à encrage plat, les rouleaux sont haussés en plaçant une bande de carton sur les chemins des rouleaux, sous les supports de cuir.
Pour faire descendre les rouleaux, il faut tout d’abord vérifier leur diamètre avec le moule dans lequel ils ont été coulés. Et si ce diamètre est identique, c’est aux peignes qu’il faut attribuer l’irrégularité. Il faudra limer un peu l’intérieur de ces peignes pour que les fusées des mandrins puissent descendre autant que de besoin.
Si la machine est à encrage cylindrique, le réglage se fait à l’aide des organes qui commandent les rouleaux.
Le réglage est parfait lorsque la lettre peut passer sous les rouleaux. L’expérience doit être faite d’un côté à l’autre des rouleaux, et non pas au milieu seulement, la position des rouleaux devant être exactement parallèle à celle du marbre.
LE PAPIER
Aux débuts de l’imprimerie, le papier se fabriquait exclusivement à la main.
Ce genre, encore employé de nos jours, notamment pour les titres d’actions fiduciaires, les impressions moyenâgeuses et
surtout pour les registres de l’état civil, parce qu’il résiste admirablement aux rigueurs du temps, était uniquement composé de pâte de chiffons.
Aujourd’hui, ainsi qu’on a pu le remarquer aux dernières expositions, le bois, la paille et l’alplia sont, en grande partie, substitués aux chiffons, et la fabrication se fait mécaniquement.
Puis il y a les papiers couchés, principalement employés pour l’impression des photogravures.
Ces papiers sont recouverts d’une couche de pâte formée d’une matière inerte telle que du kaolin, du blanc de Meudon ou d’un émail, et d’une quantité convenable de colle très adliésive, gélatine ou caséine. Pour les papiers de qualité supérieure, on emqdoie un mélange de blanc fixe ou de blanc satin avec de la gélatine. Pour les qualités communes, on emploie le kaolin.
Les papiers se divisent en trois grandes classes :
Le papier d’impression, le papier d’écriture et le papier servant à remballage et aux usages divers.
Le papier d’écriture, qui contient une plus grande partie de colle, se différencie du papier d’impression par sa dureté, sa résistance, et aussi en ce qu’il permet à l’écriture un tracé net sans aucune bavure. Son froissement se fait également plus bruyamment que celui du papier d’impression.
Les papiers sont fabriqués sur les dimensions indiquées ciaprès et se vendent par feuilles, par mains, par rames, par bobines pour les journaux quotidiens, et au £>oids.
La rame comporte 480 ou 500 feuilles.
La ramette équivaut à la moitié de la rame.
La main est la dixième partie de la ramette ou la vingtième partie de la rame.
Si la rame comporte 500 feuilles, il suffira de doubler le nombre de kilos que pèse la rame pour connaître en grammes le poids d’une feuille de ce même papier. Ce renseignement permettra de déterminer avant l’impression le prix de l’affranchissement qu’exigera l’envoi par la poste de l’imprimé à exécuter sur le papier choisi, ce qui évitera des surprises désagréables.
Lorsqu’on a l’emploi d’un assez grand nombre de rames de
LE PAPIER
papier, il est avantageux d’en commander une fabrication. On entend jiar fabrication, toute commande d’un poids minimum de 500 kilos. La fabrication devient, en maintes occasions, une notable source de profits, parce qu’elle permet d’exiger les dimensions exactes du papier nécessaire, d’où absence complète de déchets.
Il y a trois espèces de papier à imprimer : le papier collé, mi-collé et sans colle. Nous en exceptons les papiers couchés et frictionnés.
Depuis l’invention de la presse mécanique, l'emploi du papier collé et mi-collé va en augmentant et tend visiblement à faire disparaître celui du papier sans colle. La beauté de l’impression dépend peu de l’encollage du papier, mais le papier collé, même quand il a été préparé avec une pâte de qualité inférieure, a plus de solidité et moins de mollesse que celui qui ne l’est pas.
Les livres de classe, les dictionnaires et les ouvrages qu’on feuillette souvent doivent toujours être imprimés sur du papier collé, et non sur du papier couché.
Pour l’impression des gravures, la première condition est que le papier offre une surface parfaitement unie et glacée, que la pâte en soit moelleuse et amoureuse. Les papiers couchés conviennent on ne peut mieux, mais il est regrettable que ces papiers soient si lieu résistants. Et souvent aussi l’encre, pour lieu qu’elle soit forte, arrache des parcelles de la couche crayeuse. Il faut, dans ce cas, l’affaiblir légèrement â l’aide d’un peu de vernis faible.
La qualité du papier est ce qui concourt le plus â une belle impression. On ne saurait, en conséquence, apporter assez d’attention dans le choix qu’on en fait.
Qu’un imprimeur qui vient d’acheter un caractère neuf en vue de faire une belle édition, ait la malencontreuse idée de l’imprimer sur du papier ordinaire, les frais qu’il aura faits ne lui serviront à rien et son caractère sera perdu avant la fin de l’ouvrage.
De plus, à chaque mise sous presse, après un délai très court, toutes les parties de la machine, les roues, les cylindres, etc., seront recouverts d’une poussière blanchâtre provenant du papier.
La notion de la distinction entre papiers est assez difficile à acquérir, et cependant elle est nécessaire.
Il faut beaucoup d’étude et une grande expérience pour pouvoir reconnaître au premier coup d’œil le format; au froissement ou à la langue, la qualité et le degré de colle ; à l’odeur, son genre de fabrication, etc.
Sur un papier fortement glacé ou vernis, l’encre prend diffilement et ne sèche pas. Et si l’on donne trop de pression, le papier s’arrache. On y remédie en imprimant une deuxième fois simplement avec du vernis mélangé de siccatif.
Quand on emploie des papiers visqueux, l’encre doit être forte et abondante.
La constitution chimique du papier peut encore être la cause d’un résultat négatif dans les impressions en couleurs. On imprimera, par exemple, des encadrements en rouge sur un papier paraissant très favorable, et au bout de deux ou trois jours, la belle teinte rouge sera devenue une vilaine teinte brune. Le fait s’est produit. Si l’on a un tirage important à faire, on agira sagement en spécifiant à son fabricant de papier le genre d’impression que l’on se dispose à effectuer.
L’emmagasinage des papiers est souvent négligé : on les entrepose un peu partout, à l’humidité ou à la poussière. Il faut au papier des locaux secs et aérés. Dans un magasin humide, les papiers sans colle et ceux mi-collés se piquent; les papiers satinés ou glacés perdent leur lustre, d’où souvent mécomptes plus coûteux pour l’imprimeur que celui pouvant résulter des feuilles gâtées pendant l’impression.
Une petite recette pour se rendre compte de la résistance d’un papier : mettre dans sa poche différents types à essayer, et les laisser exposés pendant quelques jours au frottement du vêtement. Les examiner ensuite : si les plis sont intacts, le papier est bon; les mauvais jiapiers seront en lambeaux. C’est simple à faire, et peu coûteux.