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GRAVURE CHIMIQUE

La gravure chimique se fait sur zinc et sur cuivre, en creux et en relief. Xous ne nous occuperons ici que des gravures en relief, qui seules sont du domaine typographique.

On peut obtenir de deux manières des clichés gravés chimiquement :

1° Sans l’aide de la photographie :

Par le report d’anciennes épreuves, dues à la gravure sur bois, sur pierre, acier ou cuivre, et tirées sur papier de Chine ;

Par le report de dessins faits au crayon lithographique ou à l’encre de Chine sur papier autographique;

2° Avec l’aide de la photographie :

Par la reproduction de dessins faits au trait et au crayon sur des papiers spéciaux, ainsi que de toute ancienne épreuve imprimée typo- ou litliograpliiquement;

Par la reproduction d’après nature ou d’après dessins au lavis, d’aquarelles, épreuves photographiques, chromos, peintures à l’huile, etc.

Dans le premier cas, l’image à reproduire est décalquée ou reportée sur une plaque de zinc poli; cette plaque est ensuite préparée pour recevoir l’encrage; puis elle est soumise à des

Photogravure d’après dessin.

(Cliché des Établissements Jean Malvaux, à Bruxelles.'.

S. M. MARIE-LOl'ISE, première Reine des Relges.

Photogravure (d’après une lithographie de Simonau).

morsures successives d’acide nitrique, lequel ronge les parties non encrées et respecte les autres.

C’est de la zinco gravure.

Dans le second cas, on interpose, entre la plaque sensible et l’objet à reproduire, un écran formé de lignes entrecroisées en réseau; une fois le négatif obtenu à travers ce réseau quadrillé, on l’applique sur une plaque de zinc ou de cuivre, recouverte de bitume de Judée ou de gélatine. On expose le tout à la lumière, puis l’on sépare le cliché photographique de la plaque de métal. On lave la plaque dans l’essence de lavande ou la benzine, suivant la nature de la couche (pii la recouvre : les parties non isolées se dissolvent, laissant à nu le métal que l’on met en relief par des morsures successives à l’acide nitrique pour les plaques de zinc, ou au perchlorure de fer pour les plaques de cuivre.

C’est de la photogravure, plus communément dénommée similigravure .

C’est à Firmin Gillot de Paris (brevet du 21 mars 1850) que l’on doit les premières gravures obtenues par la morsure d’acides. Le monde de l’imprimerie connut le procédé sous le nom de gillotage et de panicono graphie. Et à partir de ce moment, une quantité de procédés dérivant tous du même principe, se disputèrent les faveurs des éditeurs.

En voici une petite nomenclature :

Chimitypie.

Chromozincolithographie.

Héliograpliie.

Héliogravure.

Hélioplanographie.

Lithmétalographie.

Lithopliotographie.

Pantotypie.

Photochromie.

Photogravure.

Photolithographie.

Photoplanographie.

Phototypographie.

Photozincographie.

Similigravure.

Typogravure.

T vpophotogravure.

Zincograpliie.

Zincogravure.

Puis les procédés ayant la gélatine pour base :

Albertypie.

Autotypographie.

Chrysoglyphie.

Collograpliie.

Colotypie.

Gélatinographie.

Hélioglyptie.

Hélioplastie.

Héliotypie.

Leimtypie.

Potocollographie

Photoglyptie.

Phototypie.

Woodburytypie,

etc.

GRAVURES ET CLICHES.

Il y a en outre la Chaostypie et la Sélénotypie, permettant d’imprimer, en tons différents, un pêle-mêle confus de petits cailloux, marbres, coquillages, etc.

En voici un spécimen :

Sélénotypie.

On peut obtenir des clichés de l’espèce en ménageant sur le marbre un encadrement-boîtier de la dimension 'du cliché désiré ; on y dépose quelques gouttes d’huile et on verse dessus du métal en fusion. L’huile forme le chaos présenté par les deux clichés, car le métal ne prend pas contact avec le marbre là où il y a de l’huile, et il n’y a plus qu’à égaliser l’envers du cliché.

L’impression exige trois tirages :

Le premier se fait sur un fond uni, avec la couleur qui doit faire le fond de la planche et qu’on choisit vive et intense.

Quand ce premier tirage est complètement sec, on procède au second, qui se fait avec du mordant ou mixture pour dorure sur le cliché « cliaostypique » et on bronze les feuilles, au fur et à mesure de l’impression, avec la poudre métallique de la nuance voulue, or jaune, or rouge ou aluminium.

Le troisième tirage se fait sur le même cliclié « cliaostypique », mais en déplaçant la forme de un à deux points, et avec l’encre de couleur qui doit servir de couverture. Il faut éviter de choisir, pour ce troisième tirage, de l’encre trop « opaque » afin de ne pas détruire le reflet métallique du bronze qu’elle doit recouvrir en grande partie.

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