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AVANT-PROPOS

Je suis heureux de pouvoir remercier ici tous ceux qui mont aidé à mener à bonne fin la tache que j’ai entreprise, sans oublier la presse technique de tous les pays d'Europe, qui , par ses appréciations êlogieuses, a certes contribué pour une large part à la diffusion de ce manuel.

Jean DUMONT.

Bruxelles, mai iqo6.

du Typographe

Considérations générales.

Ordre. — L’orclre dans le rangement et la classification du matériel typographique est une des conditions essentielles pour obtenir un travail facile et productif.

Dans un atelier où tout est à sa place, l’ouvrier, du premiei coup, trouve ce dont il a besoin et n’a pas à perdre de temps à des recherches souvent infructueuses; la facilité de travail que lui procure cet ordre lui rend la besogne agréable et a une très grande influence sur le goût qu’il y déploie ; tandis que là où règne le désordre, l’ouvrier perd du temps, s’énerve, et finalement en arrive à une production coûteuse et imparfaite.

Une maison où l’ordre ne règne pas, a dit l’économiste J. -B. Say, devient la proie de tout le monde.

Que le typographe s’habitue donc à ranger immédiatement et proprement tout le matériel qu’il a employé ; s’il voit une lettre à terre, qu’il la ramasse et la mette en casse; s’il fait un pâté, c'est-à-dire un mélange de lettres et de blancs, qu’il le répare ou le distribue soigneusement; si sur le marbre ou sur une casse traîne une interligne, qu’il la mette à sa place sans que le chef le lui ordonne. Cela doit se faire instinctivement.

L’ouvrier doit bien se pénétrer de cette vérité, que chaque chose a une place et que tout doit être mis a sa place. C’est ainsi qu’il acquerra de l’ordre, et l’ordre dans l’atelier — nous ne saurions assez insister sur ce point — • est un des principaux

vade-mecum du typographe.

facteurs de la prospérité. Eu coopérant à la prospérité du patron qui l’occupe, l’ouvrier soigne ses intérêts personnels, car sa façon de travailler le distingue des indifférents et le fait sortir de la masse à un moment où il s’y attend le moins.

De même, le typographe ne doit pas perdre de vue que le travail de la composition demande une attention soutenue ; il doit par conséquent éviter toute conversation étrangère à son travail, de jouer ou de fredonner le refrain du jour. En ne tenant pas compte de cette recommandation, il s’expose à produire une composition très irrégulière, remplie de coquilles, où les bourdons et les doublons ne manqueront pas.

Les casses doivent être tenues dans un état de propreté constante, et périodiquement le chef d’atelier les inspectera et en fera enlever tout ce qui est étranger au caractère qu’elles contiennent.

Nous attirons tout spécialement l’attention sur le cassetin aux cadrats et celui où l’on jette d’ordinaire les mauvaises lettres ou les bouts d’espaces et d’interlignes. Ces deux cassetins-là sont bien souvent convertis en magasins à pâté.

Dès leur entrée à b imprimerie, les apprentis doivent être exercés au triage du pâté, provenant du balayage des ateliers et du nettoyage des casses, ils assemblent les caractères par corps sur un composteur en bois, mais la mise en casse de ces lettres doit être faite par le chef du matériel ou par un ouvrier connaissant bien tous les caractères de l’atelier et leur emplacement.

En réalité, si tout le personnel observait les prescriptions que nous donnons d’autre part, il n’y aurait pas de pâté à trier; mais comme il faut compter avec la routine et les mauvaises habitudes, force nous est de définir cette opération.

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