DU VERSET J, DU REPONS I£, DU PIED-DE-MOUCHE
ET DE LA CROIX f-
Les J 1$ ^ ne sont en usage que clans les missels, bréviaires, antiphonaires, livres d’heures, etc.
Le signe y sert à marquer les versets de l’Ecriture sainte.
Le signe 1 indique les passages qui se disent ou se chantent dans les offices de l’Église, après les leçons ou après les chapitres.
Tous les deux se composent avec un point y. iç.
Le pied de mouche ^ est employé pour attirer l’attention ou comme point de repère; il se compose sans point.
La croix f servait autrefois de renvoi aux notes marginales. Elle ne s’emploie plus guère aujourd’hui que dans les livres d’offices, dans les dictionnaires avec une valeur de convention, et dans les tableaux généalogiques, devant le millésime du décès. Exemple :
Léopold Ier, roi des Belges, 1790 fl 865..
Les Anglais emploient encore la double croix î comme signe de note.
§ 4. — Emploi des grandes et petites capitales.
DES GRANDES CAPITALES
La fantaisie préside souvent à l’emploi de la grande capitale
Certes, il est des règles qu’il convient de respecter et que nous définissons dans le présent paragraphe. Mais les auteurs qui traitent, par exemple, des matières spéciales, exigent la grande capitale aux mots qui forment le fonds de leur travail.
Ainsi, dans un ouvrage sur la religion ou sur la théologie, le compositeur se verra obligé de mettre une grande capitale à Religion, Foi, Salut, Vérité.
Dans un compte rendu de congrès, le rapporteur exigera la grande capitale à Commission, à Congrès, etc.
En règle générale, on doit mettre une grande capitale :
1° A tout mot qui commence une phrase, un alinéa, un vers, une citation après un deux-points et une énumération disposée en alinéa, qu’elle soit précédée ou non de chiffres d’ordre :
8° La peste ;
9° La fièvre jaune ;
40° La dysenterie ;
41° Les infections puerpérales ;
42ü Et l’ophtalmie des nouveau-nés.
Dans certains cas même, on doit mettre une capitale après une virgule qui tient lieu de deux-points :
La foule criait, d’une part, Vive le Roi! d’autre part, Vive la Reine!
Et parfois en l’absence de toute ponctuation :
La foule criait Vive le Roi ! Vivent les Princes !
2° Aux noms propres et aux prénoms :
Plantin, Elzevier, Thierry Martens, Jean-Jacques Rousseau.
Remarque. — On écrit : Vous avez là un fort bel Elzevier , et des Elzeviers, des Plantins pour des éditions d’Elzevier, de Plantin. Mais lorsqu’on n’a en vue que la personne dont on rappelle l’idée, on écrit : Les plus savants des hommes, les Socrate , les Platon, les Pline, etc.
3° A un nom commun mis à la place d’un nom propre, et réciproquement :
Aristarque (pour désigner un critique éclairé); l’Apôtre (pour saint Paul) ; l’Aigle de Meaux (pour Bossuet) ; le Chantre de Vaucluse (pour l)étrarque).
4° Aux substantifs et adjectifs employés comme surnoms :
Léopold le Sage, Frédéric le Noble, Guillaume le Conquérant, Guillaume Longue-Epée, Artaxerxès Longue-Main, Charles le Mauvais, Jean sans Terre, Berthe au Grand-Pied, Julien l’Apostat, Guise le Balafré, Diane Taurique, Baudouin Bras de fer, etc.
5° Aux noms patronymiques employés substantivement : les Mérovingiens, les Capétiens, les Capulets, les Abencérages.
DES GRANDES CAPITALES
6° Au mot la faisant partie d’un nom propre, et désignant une personne non anoblie, une contrée, une ville ou un établissement :
La Fontaine, La Bruyère, La Chaise, Le Havre, La Hulpe, La Cambre, La Haye, etc.
11 y a une exception à cette règle pour les noms de quelques grands hommes, peintres, poètes, tels que :
le Tasse, le Corrège, l’Arioste, l’Arétin, le Titien, le Caravage, le Parmesan, etc.
Lorsque les mots le, la, de, du, de la, des, précèdent, comme particule, un nom de famille, ils ne prennent pas la grande capitale :
duc d’Arenberg, comte de Mérode, prince de Ligne, marquis de la Trémouille, vicomte des Andelys, etc.
7° Aux mots Van, Van dev, Van den, qui précèdent les noms flamands :
Van Dyck, Van der Meulen,
à moins que la personne désignée ne soit noble; dans ce cas, van ne prend pas la capitale. De même, les particules von en allemand, et don, dom en espagnol et en jiortugais, généralement appliquées aux noms des personnes anoblies, ne prennent pas de capitale.
8° Aux noms de divinités ou qui désignent Dieu :
Dieu, le Créateur, l’Être suprême, le Tout-Puissant, Amour, Vénus, Apollon, Mercure, Jéhovah.
Mais on écrit sans capitale :
les dieux de la mythologie, le dieu Thor.
9° Aux allégories personnifiées :
la Fortune, la Joie, la Douleur, le Temps, la Paix, la Renommée.
Les poètes écrivent :
les Jeux, les Ris, les Grâces, les Jeux, les Amours.
10° Au mot État, dans le sens de nation :
l’État belge, chemins de fer de l’État,
et au mot Église, quand il est employé pour désigner la religion dans son ensemble :
l’Église romaine, l’Église protestante, etc.
On met aussi une capitale aux mots par lesquels on désigne le régime d’un pays, dans le sens absolu :
A la Monarchie succéda la République, à la République, l’Empire.
Suivis d’un complément, ces mots se composent sans capitale :
la monarchie espagnole, l’empire carlovingien, l’empire français, l’empire d’Autriche, l’empire de Russie.
11° Aux noms des grands corps de l’État, des sociétés savantes et des établissements scientifiques :
La Cour assistait au TeDeum; le Sénat, la Chambre des représentants, le Corps législatif, la Cour de cassation, le Conseil des ministres, l’Institut de France, l’Académie royale de médecine de Belgique, membre de l’Académie, l’École de guerre, l’École militaire, la Faculté de médecine, le Conservatoire de musique, l’Université libre, le Collège Saint-Michel, le Cercle artistique et littéraire, le Jardin botanique.
Sans capitale :
les membres d’une académie.
12° Aux ordres de chevalerie ou de distinctions honorifiques :
Chevalier de l’Ordre de Léopold, de la Légion d’honneur, de la Toison d’or, de la Branche-Ernestine de Saxe, de Saint-Grégoire le Grand, de l’Ordre du Christ ; porteur de la Décoration industrielle, de la Décoration spéciale des Mutuellistes, et de la Médaille civique ou de la Croix civique de lre classe.
13° Aux ordres religieux :
l’Ordre de Saint-Benoît, des Frères prêcheurs, des Franciscains, des Cîteaux.
DES GRANDES CAPITALES
14° Aux noms d’événements historiques importants et de guerres célèbres :
la Restauration, la Révolution belge de 1830, la Saint-Barthélemy, les Journées de Juillet ou de Septembre, la Commune, les Vêpres siciliennes, les Cent Jours, la bataille des Éperons d’or, la bataille des Dunes, la guerre de Cent-Ans.
15° Aux noms d’enseignes, de navires :
Aux Trois Rois, A la Maison rouge, La Méduse, La Duchesse de Brabant, L'Albertville.
16° Aux noms de monuments :
Hôtel de ville, Préfecture, Bourse, Opéra-Comique, Théâtre-Lyrique, Saint-Jacques-sur-Caudenberg, le Pont-Veuf.
17° Aux noms de rues, avenues, places publiques :
rue Montagne de la Cour, rue du Marché-au-Charbon, avenue Louise. Grand’Place.
18° Aux noms de peuples, lorsqu’ils sont employés substantivement :
les Français, les Belges, les Allemands, les Anglais; il est né Belge; nous sommes Belges de cœur et d’âme, et nous aimons notre pays.
Comme adjectifs, ils ne prennent pas la grande capitale : des savants belges, des femmes belges, etc.
Ou lorsqu’on veut désigner la langue du pays :
Il faut leur apprendre l’allemand, l’anglais et le russe.
19° Aux noms géographiques :
l’Amérique, le Brabant, Gand, l’Ile de France.
20° Aux noms de mers, fleuves, cours d’eau, montagnes : la mer Caspienne, l’Escaut, la Lys, la Seine, les Alpes.
21° Aux adjectifs employés comme noms propres d’une contrée, d’une forêt, d’une mer, d’un golfe, d’une montagne :
les îles Britanniques, les îles Ioniennes, la mer Rouge, l’océan Pacifique, le golfe Persique, la forêt Noire, le mont Blanc, les montagnes Rocheuses.
22° Aux adjectifs précédant ou suivant un nom propre, lorsqu’ils sont réunis par un trait d’union :
la Grande-Bretagne, le Nouveau-Monde, les Pays-Bas, le Bas-Empire, le département des Basses -Pyrénées, des Hautes-Alpes, la Nouvelle- Zélande, République des Provinces-Unies.
Remarque. — Haut et bas ne prennent pas de grande capitale lorsqu’ils servent à indiquer la situation d’un pays, d’un fleuve, d’une montagne : la basse Egypte, le bas Danube, les hautes Alpes, parce qu’ils désignent la partie du pays, du fleuve ou des montagnes située sur un terrain relativement plus bas ou plus liaut que l’autre partie.
23° Aux adjectifs dérivés d’un nom propre et désignant un monument :
la bibliothèque Mazarine, la chapelle Sixtine.
24° Aux mots Nord, Orient, Midi, Est, Occident, etc., lorsqu’ils servent à désigner des États ou une certaine étendue de pays situés dans ces régions :
les peuples du Nord, de l’Orient, du Midi, l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, voyager dans l’Orient, les contrées de l’Ouest, de l'Extrême- Orient.
Ou bien encore dans les cas suivants :
l’armée de l’Est, l’armée du Nord, la gare de l’Ouest, les pays du Nord.
Mais si ces mots s’appliquent aux quatre points cardinaux ou lorsqu’ils désignent les vents, on les compose sans grande capitale, sauf lorsqu’ils se mettent en abrégé :
Un jardin exposé au nord; ce pays est à l’orient; faire une tournée dans l’est de la France, le midi de l’Espagne; vent du nord, du midi, du sud-ouest.
Par abréviation, on écrit :
N., E., S.-0., E.-S.-E.; le vent, qui soufflait du N.-E., passa au
DES GRANDES CAPITALES
25° Aux noms de villes ou de contrées appliqués à un produit, à un objet de fabrication quelconque, lorsqu'ils sont employés pour désigner la provenance :
Des vins de Bordeaux, de Bourgogne, de Champagne.
Des tabacs de Maryland.
De l’alcool de Cognac.
Du café Moka.
La race bovine de Durham.
Des vases du Japon.
Des marbres de Carrare.
On ne met pas la grande capitale quand on parle du produitmême :
Boire du bordeaux, un verre de bordeaux, de champagne.
Une bouteille de cognac.
Le moka est un café renommé.
Fumer du maryland.
On a remarqué dans ce concours des bœufs de race croisée durhamhereford, des sussex à poil ras.
Voilà de beaux japons.
Voilà de jolis carrares.
26° Aux mots saint, sainte (1), lorsqu’ils servent à former un nom propre d’église, de ville ou de monument :
l’autel du Saint-Sacrement, l’église Saint-Jacques, l’église Sainte- Catherine. l’église des Saints-Michel-et-Gudule, l’hôpital Saint-Pierre, rue Saint-Pierre, la ville de Saint-Germain-en-Laye.
De même, s’il s’agit d’une fête, on composera :
la Saint-Jean-Porte-Latine; c’est demain la Saint -Joseph.
Dans tous les autres cas, saint, sainte ne prennent pas de capitale :
les saints Pères, les apôtres saints Pierre et Paul, la sainte Famille, la sainte Église, le saint sacrement, la sainte table, le saint Évangile, la sainte Bible, saint François de Paule voir, à ce sujet, la liste des mots composés pp. 93 et 94).
(1) Dans certains ouvrages, on abrège les mots saint, sainte, ainsi que dans les almanachs. Dans ce cas, ils prennent la grande capitale (S. Ste) et doivent être composées de la même manière dans tout l’ouvrage.
27° Au mot Roi clans les cas suivants :
Le jour des Rois (Épiphanie).
Les livres des Rois (Ancien Testament).
Sa Majesté le Roi Très-Chrétien (le roi de France).
Le Roi Catholique (le roi d’Espagne).
Remarque. — Les mots pape , roi, empereur, etc., pris dans un sens général, ne prennent pas de grande capitale :
les empereurs, les rois qui gouvernent le monde; le roi d’Espagne; le roi boit.
28° Aux titres honorifiques ou respectueux, lorsqu’ils sont employés sans complément déterminatif :
Sa Hautesse (le sultan).
Sa Majesté a remis hier un drapeau à la Division d’artillerie.
Leurs Majestés se sont promenées au Bois.
Son Altesse Royale le Prince possède une belle collection d’armes.
Sa Sainteté, le Souverain Pontife.
Son Éminence.
Le Roi a réuni ses ministres.
M. le Gouverneur.
Monseigneur l’Évêque.
Le Président de la République.
Le Pape est le successeur de saint Pierre.
La Princesse est très charitable.
Lorsque ces titres sont employés dans un sens défini, c’està-dire quand ils ont pour complément un nom d’homme, de pays ou de peuple, ils ne prennent pas la capitale :
Le pape Adrien VI.
M. le président des États-Unis.
Le roi des Belges.
Le prince d’Orange.
Le prince de Ligne.
Le duc d’Arenberg.
M&r l’archevêque de Malines.
M. le gouverneur du Brabant.
Remarque. — Les titres honorifiques ou respectueux se composent en toutes lettres lorsqu’ils ne sont suivis d’aucun autre titre.
DES GRANDES CAPITALES
Suivis d’un autre titre honorifique, les mots Sa Majesté, Leurs Majestés, Son Altesse Royale, Sa Sainteté, etc., se mettent en abrégé, et l’on compose :
S. M. le Roi.
S. M. le roi (les Belges.