DE LA FONTE DES CARACTERES
Au milieu du creuset qui contient le métal en fusion ( 1) se trouve un orifice dans lequel est guidé un piston ; au fond de cet orifice est adapté horizontalement un tube qui communique avec le moule. La matrice se présente du côté opposé du moule, de sorte qu’à chaque révolution de la machine le piston, recevant sa force d’impulsion, injecte la matière en fusion dans le moule jusqu’au fond de l’œil de la matrice, et la lettre est formée.
Le moule étant pourvu d’un réfrigérant, cette lettre est immédiatement figée. Un mouvement fait alors ouvrir le moule, et la sortie de la
non justifiée. ,cttre s °Pere en 1,leme temPs <ïue la rupture du jet.
Sur l’une des pièces du moule se trouve le cran (voir p. 14).
Avec l’emploi des machines dites à lames, les lettres sont frottées, après la fonte, sur une pierre d’émeri, pour en enlever le talus du poinçon et les bavures.
Certaines lettres, principalement dans les caractères penchés, ont une partie de l’œil qui surplombe la tige. Par exemple, les f, ff, fi, ffl, j, g', y : ces lettres ne peuvent être frottées, elles doivent être crénées.
Cette opération consiste à terminer la lettre en é vidant pardessous la partie surplombante, afin que celle-ci puisse reposer sur le talus de la lettre voisine sans produire un blanc inutile à l’impression.
Les lettres, frottées ou crénées, sont rangées sur de longs composteurs en bois et portées au coupoir, pour faire dispa-
(1) La matière qui sert à la fonte des caractères d’imprimerie est un alliage composé de trois métaux : du 'plomb, de Y antimoine et de Y étain. Les proportions de cet alliage diffèrent selon le genre de caractère qu’il s’agit de fondre. Ainsi, la matière employée pour la fonte des caractères d’écriture n’est pas la même que celle employée pour les caractères de texte. Les blancs et interlignes ne se fondent pas avec la même matière que les caractères.
paître les aspérités produites par la rupture du jet et obtenir la hauteur voulue.
Les machines à fondre construites par la maison Loucher suppriment l’opération de la frotterie, mais la mise à hauteur et la crénerie exigent encore une main-d’œuvre supplémentaire.
Les caractères sont ensuite soumis au contrôle et visités pour que les lettres défectueuses puissent être éliminées.
Enfin, on en forme des paquets, par ordre alphabétique et d’après la police (voir ce mot p. 32) commandée.
Mais là ne se borne pas la mise au point d’un caractère : d’autres détails très importants sont à observer. Ainsi, en dehors de la force de corps ou du nombre de points typographiques sur lequel la lettre est fondue, on distingue Y épaisseur, qu’il ne faut pas confondre avec la force de corps, Y œil, Y alignement, la pente, la hauteur en papier (hauteur de l’œil à la base) et le cran.
Donner à la lettre l’épaisseur que nécessite la force d’œil du type, s’appelle en fonderie mettre d’ approche .
L’épaisseur ou la mise d' approche se règle, pour les minuscules, sur les mm et 00 bas de casse; pour les grandes majuscules, sur les HH et OO grandes capitales, et pour les petites majuscules, sur les HH et OO petites capitales.
L’ouvrier commence par fondre la lettre m ; il en règle l’approche de telle façon qu’il y ait entre les lettres, mises l’une à côté de l’autre, le même écart que les jambages en ont entre eux.
Cette règle n’est pas invariable. Ainsi, certains caractères se fondent à approches serrées ou à approches élargies. 11 y a là une question de goût que le maître-fondeur doit trancher.
Hauteur en papier.
Force de corps.
Œil.