ÉPILOGUE
servir Alice, de travailler pour elle. C'est, ma foi! la forme la plus décisive sous laquelle je pourrai vous représenter mon amour. Je ne pense à cette jeune fille que pour vouloir la servir, et dans tous mes rêves de bonheur je me vois travaillant pour lui plaire.
« Ne croyez pas au moins que je l'aime d'une façon maladive, par une folie de compassion. Je désire son corps de tout mon corps, et son âme de toute mon âme. Les autres femmes, maintenant, me semblentlaides; je ne conçois pas autour de mon cou d'autres bras que ceux d'Alice. Mes yeux ont besoin de son visage, mes oreilles ont besoin de sa voix, mes lèvres s'impatientent de sa petite bouche de poupée.
« Et je ne me soucie point de ce j'ai à lui dire, ni de ce qu'elle me dit. Sans effort, nos âmes se comprennent; les paroles, entre nous, ne sont que pour entendre le son de nos voix. Ce qui lui plaît me plaît. Elle s'amuse d'un
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rien; et moi, rien ne m'amuse que de Tamuser.
« Et par un dernier miracle, mon cher ami, elle m'aime autant que je Taime ! Dès le premier instant, elle m'a aimé ! Non qu'elle ait ressenti pour moi cette romanesque passion que j'attendais jadis en échange de ma sympathie ! Elle prend plaisir à causer avec moi, elle consent à partager mes joies et mes chagrins, elle s'efforce de me trouver supérieur au reste des hommes. Elle a été vivement touchée de mes soins pour les deux ])elils, attribuant à ma bonté ce qui n'était qu'un facile plaisir. Elle me croit bon, et elle est si bonne, et je l'aime si ])r()fondément qu'elle conservera toujours cette illusion sur mon compte. Et je su|)pose qu'elle aussi est impatiente d'unir tout à fait sa vie à la mienne. Nous allons nous marier, nous aurons des enfants, alors notre amour sera enhn consacré pour toujours.