‹ Valbert:Chapitre 21 sur 27 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

poitrine se soulevait par saccades subites, puis je la voyais se creuser, je voyais tous les membres du malheureux se crisper dans un effort d'agonie. Valbert, mon cher Valbert, j'aurais offert tout le sang de mes veines pour adoucir son supplice ! Mais l'horrible supplice, par degrés, s'adoucit. De rauques soupirs succédèrent à la toux, le sang cessa de couler, un reflet de vie reparut, illumina de nouveau la mortelle pâleur des joues. Et je vis reparaître sur les lèvres décolorées de Valbert. ce joyeux et tranquille sourire qui disait la sécurité, l'espoir, le naïf épanouissement d'une jeunesse à jamais reconquise.

— Vous êtes bon et je vous aime, reprit Valbert quand il fut en état de parler. Mais ne vous alarmez point de cette toux, qui n'est rien qu'un rhume. On m'avait affirmé que le printemps, puis l'été, le feraient passer ; mais, bah ! ce sera donc l'automne, ai-

mable saison qui m'a toujours été la plus chère. J'ai vingt-sept ans, je riens à peine d'apercevoir la beauté de la vie, mille joies m'attendent; j'ai droit à vivre, j'ai besoin de vivre ; quelle folie d'admettre que je puisse mourir ! Je vous jure, d'ailleurs, que cette toux n'est qu'un rhume. Et plutôt que de m'en alarmer, je la bénis ; car c'est à elle précisément que je dois d'avoir connu la délice d'aimer.

« Je toussais beaucoup déjà au début de l'hiver dernier ; et comme rien ne m'empêchait de continuer -mon travail hors de Paris, les médecins m'engagèrent à aller attendre le printemps dans un endroit moins humide.

J'allai à Cannes, où le soleil, tous les soirs, offre de si prodigieuses fêtes aux montagnes et aux bois. Le mistral, quand il y vient, n'est qu'une brise un peu vive ; l'air y est frais et léger; le Casino, éloigné de la ville, ne gêne personne que ceux qui y entrent, et la vue

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