‹ Valbert:Chapitre 25 sur 27 · ÉPILOGUE 29i · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE 29i

servir x\lice, de travailler pour elle. C'est, ma foi! la forme la plus décisive sous laquelle je pourrai vous représenter mon amour. Je ne pense à cette jeune fille que pour vouloir la servir, et dans tous mes rêves de bonheur je me vois travaillant pour lui plaire,

« Ne croyez pas au moins que je Taime d'une façon maladive, par une folie de compassion.

Je désire son corps de tout mon corps, et son âme de toute mon âme. Les autres femmes^ maintenant, me semblentlaides; je ne conçois pas autour de mon cou d'autres bras que ceux d'Alice, Mes yeux ont besoin de son visage, mes oreilles ont besoin de sa voix, mes lèvres s'impatientent de sa petite bouche de poupée.

« Et je ne me soucie point de ce j'ai à lui dire, ni de ce qu'elle me dit, Sans effort, nos âmes se comprennent; les paroles, entre nous, ne sont que pour entendre le son de nos voix. Ce qui lui plaît me plaît. Elle s'amuse d'un

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rien ; et moi, rien ne m'amose que de l'amuser.

« Et par on dernier miracle^ mon cher ami, elle m'aime autant que je Taime ! Dès le premier instant, elle m'a aimé ! Non qu'elle ait ressenti pour moi cette romanesque passion que j'attendais jadis en échange de ma sympathie ! Elle prend plaisir à causer ayec moi, elle consent à partager mes joies et mes chagrins, elle s'efforce de me trouver supérieur au reste des hommes. Elle a été riyement touchée de mes soins pour les deux petits, attribuant à ma bonté ce qui n'était qu'un facile plaisir. Elle me croit bon, et elle est si bonne, et je l'aime si profondément qu'elle conservera toujours cette illusion sur mon compte.

Et je suppose qu'elle aussi est impatiente d'unir tout à fait sa vie à la mienne. Nous allons nous marier, nous aurons des enfants, alors notre amour sera enfin consacré pour toujours.

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