‹ Valbert:Chapitre 26 sur 27 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

« Ses parents sont pauvres; mais ce sont de braves gens qui m'aiment déjà comme leur fils. Sans cette toux, nous nous serions mariés le mois dernier. Mais cette toux n'est rien : d'un jour à l'autre, tout sera fini. Et alors, mon cher ami, alors commencera véritablement ma vie. J'ai mille projets, je veux procurer mille jouissances à Alice et à nos enfants. Quel univers de tendre bonheur j'aperçois devant moi! Ah! combien j'ai été stupide, injuste, cruel envers la vie ! L'amour, le bonheur, la vie... »

Valbert ne put achever, car de nouveau son exaltation amena un terrible accès de toux. Comment il a pu survivre à ce dernier accès, je ne puis me l'expliquer. Cinq minutes au moins il resta étendu sur le banc, livide et immobile ; on eut toutes les peines à le ranimer. Et quand il revint à lui, le mouvement de la foule dans le jardinet du théâtre

nous fit voir que le second acte des Maîtres Chanteurs était fini. Aussitôt Valbert se releva, et étreignant mes mains dans ses pauvres mains glacées :

— r Adieu, me dit-il, mon cher ami. Je vais rejoindre ma fiancée, qui est ici avec sa mère. Je vous ai vu tout à l'heure, à la fin de l'entr'acte, j'ai voulu vous apprendre mon bonheur. Mais maintenant j'ai hâte d'aller retrouver Alice. Nous partons demain pour Paris; mais, sitôt marié, je vous écrirai; et vous consentirez, n'est-ce pas, à venir voir souvent notre petit ménage? »

Là-dessus Valbert me quitta. Je descendis vers le théâtre, et, au moment où j'allais entrer pour le troisième acte, j'entrevis mon ami en compagnie de sa future femme.

Celle-ci me parut une jeune fille assez banale, point jolie, mais simple et aimable, au demeurant, avec de bons yeux. Valbert la

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