DO
lOooo
8 5oo
3 QOO
t) DOO
5oo
4 3oo
10 boo
Cette Société à laquelle Lamartine avait,
I. Tableau distribué aux membres de la Société des œuvres de M. de Lamartine.
quelques années avant sa mort, vendu ses droits d'auteur, en ne se réservant que ceux de gros actionnaire, est chargée de surveiller l'intégrité des impressions, la diffusion des œuvres et les traités à passer avec les éditeurs. Son président fut d'abord Emile de Girardin. Emile OUivier lui succéda. Elle a réuni dans son sein tous les amis survivants de Lamartine; elle ne compte plus aujourd'hui, sauf un seul, que des admirateurs. Chaque année, elle tient une séance où l'on lit des comptes rendus des publications, où l'on nomme les membres remplaçants, et délibère sur les mesures à prendre pour propager la gloire de celui qui a dit :
Ainsi tout change, ainsi tout passe Ainsi nous-mêmes nous passons, Hélas ! sans laisser plus de trace Que cette barque où nous gHssons Sur cette mer où tout s'efface !
C'était chez Valentine que se tenait Yâs- ^ 156 ^
SOUVENIRS INTIMES
semblée annuelle. Elle y assistait, assise dans un coin du salon, à quelques pas du bureau où siégaient le Président, le gérant et le secrétaire, en face des actionnaires rangés en cercle sur des fauteuils, silencieuse, attentive, heureuse du succès toujours soutenu de cette gloire qui ne pâlissait pas, et remerciant par tout son regard, toute son attitude, les dévoués qui travaillaient à la perpétuer, et qui, grâce au concours intelligent de la grande Maison Hachette, l'ont
... contre le temps défendu de l'oubli.
Bien avant les fêtes du centenaire, elle connut des manifestations publiques dont la ferveur la remuait. Avec cette dignité, dont elle a constamment revêtu son rôle d"héritière d'un grand nom, elle préférait cependant ne les voir que de loin.
« Demain aura lieu une grande ovation
VALEXTINE DE LAMARTINE
organisée par la France ^, je suis trop souffrante pour y aller..., voilà la raison que je donne à qui s'étonne de ne pas m'y voir. Mais à vous à qui je dis la vérité, parce que vous savez tout comprendre, je dirai que, même bien portante, je ne me serais pas senti le courage d'y aller. Tout ce qu'on dira ou fera pour //// ne pourra jamais satisfaire mon cœur dans l'immensité de sa tendresse pour lui et de l'idéal vrai qu'il garde de lui. Ce serait une immense émotion très douloureuse et voilà tout. Puis, comment y être? iii fiocchi, en grande loge, avec les ordonnateurs de la fête, comme on est venu me l'offrir? Ce n'est pas ma place. Ce serait un manque de convenance, de dignité, une exhibition malséante de moi, de mon culte, de mon respect pour lui. Non, ma place est à son foyer ^ dans l'ombre, et mon deuil, loin de tout ce qui est foule,