SCENE DIX-SEPTIEME
LES PRECEDENS, Sr. LEON.
Sr. LEON.
Qu’'y a-t-il pour crier de la sorte ?
DE PRAINVILLE.
C’est une barque qui échoue !
Sr. LEON.
Madame Derbois.
DE PRAINVILLE.
Amène ici et amarre cette manœuvre.
ST. LEON, (/a soutenant.) De grand cœur!
DE PRAINVILLE.
Ah! mèche de canon! c’est vous qui mettez ainsi le feu à la Ste.
Barbe.
Moi!
ST. LEON
DE PRAINVILLE.
Oui! mauvais matelot de presse ! Avec votre lettre de mort et vos coups de pistolet.
ST. LEON, (à part.
Ma ruse à fait effet. (Haut). Ah! voilà ses belles couleurs qui reparaissent.
Mnue. DERBOIS.
Oh ! laissez-moi mourir !
ST. LEON
Non ! vivez pour mon bonheur !
: Mnue. DERBOIS.
Quelle voix !
Sr. LEON.
C’est celle d’un homme trop heureux de ce qu’il entend.
Mur. DERBOIS.
Vous”n’êtes donc pas mort ?
DE PRAINVILLE, Il vaudrait mieux qu’il le fût.
e de Ste.
let-
ses
Mue. DERBOIS.
Toujours extrême, M.de Prainville,.….Mais, cette lettre ? wie; - ST. LEON, N’était qu’une épreuve.
DE PRAINVILLE.
Jolie épreuve, morbleu ! qui coûte la raison à ma
nièce.
Sr. LE!ON.
En effet ! javais oublié ce malheur.
Mue. DERBOIS.
Il est affreux !
DE PRAINVILLE.
C’est la perte de ma plus belle corvette.
Sr. LEON.
Jai fait le mal ; je veux être le médecin.
DE PRAINVILLE.
Puissiez-vous être englouti dans une mer sans fond, pour votre imprudence.
Sr. LEON.
Sérieusement, capitaine, aimez-vous mieux tenir à vos projets qu’à la raison de Valentine ?
DE PRAINVILLE, Je donnerais ma meilleure boussole pour la lui rendre.
ST. LEON
Asseyez-vous là, et écrivez ce que Je vais vous dicter.
DE PRAINVILLE.
Comment ?
Sr, LEON.
Mais, si je donne la recette, c’est bien le moins que vous fourn'ssiez les drogues.
DE PRAIN VILLE. | Allons! le vaisseau n’en sautera pas plutôt. (1! va à la tuvle et s’acsied).
Muz. DERBOIS (à St. Léon.) Voilà où conduit une mauvaise tête.
Sr. LEON, (à Mme. Derbois.)
La mienne m’aura guidé vers la félicité, et je veux qu’elle fasse celle des autres... (à de Prainville,) êtes-vous prêt ?
DE PRAINVILLE (gravement.)
Songez bien, monsieur, que votre vie dépend de la raison de ma nièce.
Sr. LEON, (avec âme.)
Je la donnerais de grand cœur, si je n’espérais réparer une imprudence involontaire.
DE PRAINVILLE.
Je tiens la plume.
ST. LEON
Ecrivez ?.... ma chère nièce.
DE PRAINVILLE.
Nièce.
Sr. LEON.
Je ne vèux pas ton éternel malheur.
Malheur. Et je consens à ton union avec Charles.
DE PRAINVILLE, Mais !.… ST. LEON (sérieusement).
Si vous refusez, monsieur, je ne suis plus garant de rien.
DE PRAINVILLE.
Allons !.…..
Sr. LEON Bien ! signez, et laissez cela sur cette table...
maintenant, suivez de point-en-point tout ce que je vais vous dire.