MADEMOISELLE COCHELET
. MADEHOISEIXE COCHKIfT.
Je n'ai qn'nD mH montent , chère «t aiioaUe tupode. Voua me permettrez ce nom, car toos ww bien touIq me drwner toas les témoignageti d'amjitié Qui m'i^utorUçut à voaa le dooner. J'ai reçD votre lettre , n bonne , sj umfible pooF moi , il 7 a QuelqueA «emwiea. Jages de la joie qu'elle m'» faite eu voos rarouvant telle qoe je tous avais quittée, tu TOjwt qoe, malgré les torts apparemt» qwe ie devais avoir h voa yew , voos a'éMeï pas cbaogée pour moi. Ah ! qae vous av^ bien dieviiié mon oœur ! Je ne pnis voua expnmer tout ce qu'il ; a de reoonnaiaaaDfle , de souvenir , de vœux dans ce cœor pour voua. J9 «e Hj» voua dire tout cela que tout bêlement. J« ne pi^ia même a^aenthler mes idées ; je voudvsis voua ^ire un volume, et il ïant opter entre le plus oécesMire , le ploa indispensable.
FiguPCS'Voua UD ooturier russe avec l'ambition d'aller aussi ^^^^» que le vent du noird, qui veut bien «'arrêter une minute , et qui , bearensement pour moi , a une voiture qui voudrait rester et qui s'est cassée pour on moment. Ce courrier est M. Divoff ; il a le boiibeur de vous
ta,i,.=db,Cooglt'
GouDaitre. Que je voudrais ainsi vous voir , ne f6t-ce que pour quelques instants ! Vous me dites que tous avez eu la bonté de m'écrire deux autres lettres ; je les regrette bien , je ne les ai pas reçues. Je vous ai écrit aussi , mais je sais que mes lettres ne vous sont point parve- Daes, et je vous expliquerai cela, j'espère, an premier moment. Que de fois j'ai pensé à Bade et à ces jours si aimables, à ces sites, à ces montagnes majeBlneoses , à ces mines vivantes de souvenirs 1 Dans ce cadre si imposant, que de fois ai-je retrouvé le tableau d'une femme idéale ' , d'une reine que je sais aimer et respecter avec l'enthousiasme qu'elle mérite !
Que de douleurs elle a traversées! filais l'aurore ne serait pas si belle si elle ne sortait ainsi resplendissante des ténèbres ; et sa vertu tessemble à la mer qui doit ses plus beaux effets aox orages.
Je me rappelle avoir dit ceci plus d'une fois à cette femme angélique ', morte i présent, et qui a versé tant de larmes sons an diadème. .Vous me dites avoir senti quelque chose de ce que je devais avoir éprouvé ; eh bien t je vous dirai que je sois bien consolée. Je l'aimais beaucoup > cette femme si supérieure! je connais-
A UiDBUOISELLE COCHBLBT. aSO
sais entièrement oetUi Ame ai peu fti'ifi pour le Blonde , et c'est cet amour trop pur par l'alliage de l'égoïsme qui m'a ttoDsoIée; elle a diaparii , elle ne m'eat pai enlevée.
SDUTeat à genoai , unie aar cet froida rivage» de la BaltiqtM , je pria encore pour elle : je dEBoande h Dian ee qo'd|le-Rième désirait ai ardemment , qo'eUe devienne toujoura plna pure , ïdna «seeptible , en sa perfectioniiant , de cette félicité cékate. Je la vois, des yeux de la poiBée, radieuse, calme, souriant à set douleurs pauéea. Je penaa comou, au lit de la roort, Qoand tout diaparait , qqaîid Ira illusions a' effacent et que les plaisirs s'enveloppent de deuil , je pense comme elle a aocueilU ses douleurs , comme les saerifiees , lus amertumes de sa vie en l'euvironnant loi auront parn radieuses eu se dévoilant, en Ini disant : Nous avoni paru terriblea à vos yeux , mais nous étions des mensonges envoyés du ciel poor vous pnrifier , pour voua détacher de tout ce qui est fragile et périssable , pour vous apprendre lea vertus avec lesquelles on . doit commencer A vivre sur la terre , poor ne pas être désliérité dans le ciel.
La foi, la confiance en Dieu, la résignation , cet amour profond pour le Dieu maguifi^ue qui ne vent qu'aimer , que combler de dons ; ce bewiu d'un Sauveur plein de miséricorde qui nous adopte et acquitte. nos immenses dettes;
ta,i,.=db,Cooglt'
tooB ces biens auprès desquels les splendears du trftne et des joon semés de Qears ae emit que des misères ; Ions ces aagustes secrets ne s'apprennent qac dans les joars de l'adversité. — Chère amie , ce langage vous pan^tra austère , et ma lettre est bien fiérieuEe : la vie m'a tant dit ! et je ne Tcax plas d'illnnons. La vérité pour moi est le premier besoin , et la féliâté du ciel habite depuis longtemps dans mon Ame. Il oindrait donc cesser d'être moi pour ne pas peindre ce qui me domine. Je me transporte eu idée auprès de cette reine que vous avez le bonhenr d'approcher j je me rappelle ses tonchantes bontés, et je me dis : Si j'avais des trônes à demander an ciel pour elle , la verrais-je heureuse ? Non. Elle a besoin de bien plus. La haute souffrance , fille du ciel , a éprouvé cette àmc angélique ; elle a presque sudKtmbé sous tant de douleurs amères. Je l'ai vue en idée séparée de ses enfants ! et je la connais ! J 'ai senti tant de choscHl — Mais aussi j'ai va s'ouvrir devant elle les vastes domaiues d'une félicité inébranlable.
• J'ai vu le même Dieu, qui a appelé celle qui » n'est plus, lai dire : — Bien ne peut satisfaire <• sur la terre un cœur créé pour des biens •• immenses. J'enverrai la paix du ciel dans ce » cœur agité par les hommes. - — Oh ! que de fois mce pensées ont apporté à la reiac les plus
D,mi,.=db,Cooglt'
A HÀDBMOIS&LLE COCHILET. S31
purs hODunages I Daignez lui dire tont cela , et daignez me peindre à elle avec ce ccenr qui a déjà tant senti , tant souffert , et qui n'est point épuisé ; qui , après tous les biens de la vie et toutes les langueurs, a été retrempé dans cette religion consolatrice et vivante que je désire pour elle.
Le temps presse , et j'ai encore tant h vous dire ! It me reste à m'acquitter d'un devoir qui m'est sacré. Peu de temps avant ta mort de la reine de Prusse , je reçus d'elle une lettre. Je lui avais parlé avec enthouùasme de la reine de Hollande; je lui avais dit qu'elle avait en elle un être qui savait l'apprécier ; voilà ce qu'elle me dit : « Ce qne vous me dites de la ■ reine de Hollande m'a extrêmement intéres- > sée -, tous ceux qui la connaissent l'aiment et
• lui rendent justice : l'amitié qu'elle veut bien » avoir pour moi m'a bien agréablement sur-
• prise, etje vondraisqu'ellesûtleprix qneje V mets à être distinguée par elle. '
Je m'acquitte avec une joie extrême, chère mademoiselle Cocbelet , de cet ordre. J'ai toujours attendu une occasion sûre pour vous écrire , j'espère qu'elles se renouvelleront; s'il me reste du temps , je vous expliquerai quelques passages bien fnippants de la lettre que la reine m'écrivait.
Maiutenant je vous demande instamment de
ta,i,.=db,Ct.)onlc
tS3 UTTKE
toujours m'siincr un peu , de m'écrira ou par U posta ou par de» coorriera , de me parler de la reine , de m trnxié , du petit prince , de tous , de vos plaisirs; y^ \ods supplie , laissez-moi espérer «elle farear. Mon adresw est à Béa, j'y ma depuis que^He« mois ; je soigve une mère âgée, et , entre elle et ma fille, je tîb des jours ignorés et paisibles; j'écris peu, j'en ai peu le temps. Il n'y a point ici de vallées solitaires, de nature riante ; la sombre Russie n'a rien d'eoob^teur ; mais il y a partout daus l'àme de l'homme un uaiver» , et le monde entier ne serait qu'une prison sam cette faculté qui fait rèTcr au delà du monde. Il me reste encore une grâce à vous demander. Je le fais avec confiance , et je commence par l'exposition du fait que je vous prierai de mettre sous les yeux d'un snge.
Cet été, avant de quitter Carlsrube pour venir ici, j'appris qu'uue femme, autrefois dans raisance, et placée par sa position dans le monde de manière h ne point prévoir les désastres qni loi arrivaient , se trouvait dans la plus triste situation. Veuve d'un ministre étranger, elle se voyait maintenant dans la misère , ses meubles veudos , ses biens saisis ; il ne lai restait que l'affreuse consternation d'une secousse terrible où elle s'était vu enlever dans six jours de temps son mari ; et réduite à cette douloureuse siluatioQ... elle la supportait avec calme
ta,i,.=db,Cooglt'
A. «ASBHOISBLLB COCHELET. 33S
et résignation. Sa seule donlenr étai celle de ne pouvoir élever son enfant, car il ne lui restait rien, absolnmcnt rien.
A la yoe de cet enfant orphelin , d'une petite créatore cbarmante, Âgée de six ans , mon cœnr se brisa. Je pleurai amèrement, et peut-être l'Eternel lui-même m'inspira-t-il la pensée de recourir à la reine. — Je connais sa générosité, je dis générosité dans toat ce que ce mot comprend. Je pensai qu'heureuse mère elle-même et angélique par son âme , elle pourrait être l'heureuse main dont Dieu se servirait pour sécher des larmes qui nn jour invoqueraient l'Etemel pour elle.
Avec trois cents florins de Hollande par an , celle femme pourrait garder son enfant et l'élever. Que de bonheur pour une Ame comme celle de la reinel Au reste, je ne puis qu'exposer le fait. Je sais qu'une Ame aussi charitable que la sienne a de vastes dépenses , et qac tout s'épuise ; mais dans mes rêves j'osais espérer que peut-étre elle pourrait effectuer cela ainsi , en présentant à l'impératrice Joséphine , dont je connais la bienfaisance , ce tableau qni la toucherait. — Je n'ose rieu ajouter : si l'Etemel m'inspire, il aura soin de son ouvrage, et je n'ai pas besoin d'excuses. — Cette femme est madame G..., femme du ministre de... à Garlsruhe. — Il ; a six mois que j'ai ceci comme nn
ta,i,.=db,Ct.)onlc
334 LEms
grand devoir rar le cœur, u'osaut écrire par la poste. Si vous me répondez là-dessus , Paul tous fournira des occasiouB.
Voilà douze pi^^ea, et j'écris encore. J'ai diugé autrefois H. de Norvins de voos dire tant, de cboseal l'a-t-il fait? Que &it-il ? Où allez- TODB cet été? La laoté de la reine est-elle meilleare? J'ai va ici la jeune impératrice de Russie, belle, boDue et malheureuse. J'ai peiut la reine à ses jeux comme ces beaux tableaux de Bapbaêl qui appellent les regarda.
J'avais une malachite , magoifiqoe déjà h Carlsrube; elle me parvint caasée , et je n'osai Tons l'envoyer, l 'en ettpère une de HosoiMi, qne mon frère, qui a été prendre des bains en Asie, doit m'euToyer. Vous l'aurez , j'espère , avec le premier courrier. Parlez-moi un peu de lacoor, si vous en avez le temps. — J'ai vu la princesse WolkoQslci à Bade , et lui ai beaucoup parlé de vous avec enivrement : je vous éoriraig une grande lettre à ce ii^t , elle est restée.
Que fait l'impératrice Joséphine? J'ai pour elle de cette inspiration, de ce dévoûioeut qui électrise ; j'ai le besoin de son bonheur. Parlez- ■uù de Navarre. MademoitjLelle de Maceau estelle avec elle? — J'ai vu un moment la charmante princesse Stéphanie. . .. et nom avwis pai:lé de ]» reine.
J'attends de vos nouvelles ; je voqb conjure