‹ ValérieChapitre 2 sur 68 · SUR MADAME D£ KRUDNER · texte numérisé non relu

SUR MADAME D£ KRUDNER

Dam les penonnes contemporaines dont les prodactioiis nous ont amené à étudier la physionomie et le caractère, nous'aimons quelquefois à chercher quels traits des Ages précédens dominent, et à quel moment social il serait naturel de les rapporter comme à leur vrai jour. Ce genre de supposition» en ne le forçant pas, a son avantage. C'est comme pour un taUean qu'on comprend mieux quand on s'en floigne à différons points de vue, ou quand on le fait déplacer, monter, baisser peu à peu, jusqu'à ce qu'on ait atteint la vraie, la profonde perspective. Si nous avons trouvé, par exemple, que madame de Souza était simplement du dixhuitiéme siècle qu'elle continuait dans le nôtre, il nous a semblé que> tout en représentant de près la Restauration dans sa meilleure nuance.

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madame de Duras ne représentait pas moins,

dans on lointain poétique, par sa vie, par ses pages élégantes, par ses sentimens passionnés, sniyis de retours chrétiens, et par sa mort, quelque chose des plus touchantes destinées du dix-septiéme siècle. Anjonrd'hni, en abordant madame de Krûdner sous son auréole mystique, dans sa blancheur nuageuse, dans la vague et blonde lumière d'où elle nous sourit, noire vue et notre conjecture se reportent d'abord bien au delà de notre siècle et des deui précédons : nous n'hésitons pas à la replace plus haut. C'est comme une sainte du moyen âge qui nous apparaît, une sainte du Nord, du treizième siècle, une sainte Elisabeth de Hongrie, ou encore quelque scsur du Grand-Mattre des chevaliers porU^glaive^ qui, du fond de sa Livonie , attirée sur le Rhin et long-temps mêlée aux délices des cours, ayant aimé et inspiré les illustres minnesinger du temps, ayant lait elle-même quelque roman en vers comme un poète de la Wartbourg, ou plutôt ayant voulu imiter notre Chrestien de Troyes ou quelque autre Ceimeux trouvère en rime fran-

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çaise, en cette langue la pim dilitabU d'alors, serait enfin revenue à Dieu, à la pénitencei aurait désavoué toutes les illusions et les flatteries qui l'entouraient, aurait prêché Thibaut, aurait consolé des calomnies et sanctiûé Blanche, serait entrée dans un ordre qu'eUe aurait subi, qu'elle aurait réformé, et, autre sainte Claire, à la suiio d'un saint François d'Assise, aurait remué comme lui des foules et parlé dans le désert aux petits oiseaux.

Voilà, en effet, madame de Krfidner, telle qu'elle aurait dû venir pour remplir toute sa destinée, pour ne pas être seulement un ro-* mander charmant, et bientôt une illuminée qui fit sourire, pour ne pas manquer, comme il lui est arrivé, cette seconde partie de son réle et d'une vie qu'elle avait voulu rendre sans réserve à Dieu, à la charité, à l'œuvre de la sainte parole, an salut et au renouveUement du monde. Mais qu'y faire? elle était née au plein milieu du diz-huitiéme siècle; les des* cendans de Tordre teutonique étaient devenus luthériens; luthérienne donc, et puis femme d'ambassadeur» eDe eut i essuyer d'abord toute

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