‹ ValérieChapitre 20 sur 68 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

« Rien n'est plus poétique, a dit un éloquent écrivain, qu'on cœur de seize années . Sans être aussi jeune^ je l'étais cependant ; j'aimais à sentir et à méditer , et souvent je créais autour de moi des tableaux aussi variés que les sites qui m'environnaient. Tantôt je voyais les scènes terribles qui avaient oSfort au génie de Shakespeare les effrayantes beautés de Uamlet; tantôt les images plus douces de la vertu et de l'amour se présentaient à moi , et je voyais les ombres touchantes de Virginie et de Paul :

j'aimais à taire revivre ces Atres aimables et infortunés ; j'aimais à leur offrir des ombrages aussi doux que ceux des cocotiers, une nature aussi grande que celle des tropiques , des ri«* vages solitaires et magnifiques comme ceux de la mer des Indes.

Ce fut au milieu de ces rêves, de ces fictions et de ces souvenirs, que je fiis surprise un jour par le récit touchant d'une de ces infortunes qui vont chercher au fond du cœur des larmes et des regrets. L'histoire d'un jeune Suédois , d'une naissance illustre » me fut racontée par la personne même qui avait été la cause inno-

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