I.BTXAE VII
proposé une promenade. Il avait donné le bras à Valérie , je marchais à côté de lui ; il faisait tsMK sombre; les étoiles seules nous éelai* raient. La conversation se ressmit toujours des impressions que reçoit Timagination ; la lAIre est devenne sérieuse et même mélanco- Kqne oomme la nuit qui nous environnait.
Nous avons parlé de mon père, nous nous sommes rappelé , le comte et moi , plusieurs traits de sa vie qui mériteraient d'être publiés, pour faire Tadmiration de tous ceux qui savent sentir et aimer le beau. Mous avons mêlé nos tristes et profonds regrets , et parlé de cette belle espérance que l'Être suprême laissa surtout à la douleur i car ceux-là seuls qui ont beaucoup perdu savent combien l'homme a besoin d'espérer. A mesure que le comte parlait^ je sentais mon affection pour lui s'augmenter de toute sa tendresse pour mon père.
Quelle douce immortalité I pensais-jc , que celle qui commence déjà ici-bas dans le cœur de ceos qui nous regrettent I
Que j'aimais cet homme si bon qui sait connaître ainsi l'amitié 1 l'amitié que tant d'hommes croient chérir, et que si peu savent honorer dans tous ses devoirs! Comme mon cœur éprouvait alors ce sentiment pour le comte 1 J'y mêlais ce qui le rend à jamais sacré, la reconnaissance. Il me semblait que
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mon cœur épuré ne contenait plus que ces heareueB affeclioDS qui te réfléeUisaient doucement sur Valérie. Nous nous étions assis, la lune s'était levée , les lumières s'éteignaient peu i pen dans le village » qnelqnea ehevaiis paissaient autour de nous , et les eaux argen-* tées et rapides d'un ruisseau nous séparaient de la prairie. -«-J'ai de tout temps aimé pas* f sionnément une belle nuit» dit le comte, il • me semble qu'elle a toujours mille secrets à dire aux âmes sérieuses et tendres $ je crois anssi que j'ai consenré eette prédQection pow la nuit , parce qu'on me tourmentait le jour, — * Vons n'éties pas beureox dans votre enfiineef Ni dans ma jeunesse , ma dière Valérie. — Il soupira : — Mais j'ai sauvé ce qu'il y a de si précieux à conserver» nne Ame qui n'a jamais désespéré dm bonbeor. Le passé est pour moi comme une toile rembrunie qui attend un beau tableau qui n'en ressortira que davantage. C'est maintenant votre onvrage A tous deux y mes amis, dit-il en tendant ses bras vers nous; c'est à vous à conduire doucement mes jours. Valérie l'embrassa avec tendresse ; je me jetai aussi à son cou ; je ne pus proférer une seule parole. Quel serment pMvait valoir les larmes qne je versais f lamais je n'oublierai ce moment , il m'a rendu le calme et le courage.