‹ ValérieChapitre 27 sur 68 · LETTRE VIL · texte numérisé non relu

LETTRE VIL

Blttde, le 20 avril.

Je fois biea sûr, mon ami , que la crainte

seule d'aimer celle que je n'ose nommer ( car je dois la respecter trop pour associer son nom k nne idéeqni m'estdéfendne) m'a fiât croire... le ne sais t'exprimer ce que je sens , cela doit être obscur pour toi; voici quelque chose de plnsdair.

Ce soir, arrivant dans nn village d^Antriehe, et trouvant qu'il était plus tard qu'on ne pen-* sait , le comte s'est décidé à passer la nuit dans cet endroit. On a dressé le lit de Valérie , et, pendant qu'on arrangeait son appartement , nous sommes toae passés dans nne jolie

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salle qu'on venait de peindre et d'approprier

avec assez d'élégance. 11 y avait là quelques mineurs qai jouaient des walses. Tu sais combien on cuUiye la musique en Allemagne* Quel^ ques jeunes filles qui étaient venues voir ThAtesse f walsaieut ; elles étaient presque toutes jolies , et nous nous amusions à yoir leur gatté et leur petite coquetterie villageoise. Valérie, avec sa vivacité ordinaire , a appelé ses deux femmes de chambre; elle voulait aussi leur donner le plaisir de la danse. Bient6t le bal a cessé , les musiciens seuls sont restés. Le comte est venu prendre Valérie et l'a fait walser » quoiqu'elle s'en défendit, ayant une espèce d'éloignement pour cette danse que sa mère n'aimait pas. Quand il eut fait deux ou trois fois le tour de la salle , il s'arrêta devant moi. c( Je serai spectateur à mon tour, a-t-il dit , Gustave , Valérie vous permet de finir la danse avec elle, Mon cœur a battu avec violence; j'ai tremblé comme un criminel ; j'ai hésité long-temps si j'oserais passer mon bras autour de sa taille. — Elle a souri de ma gaucherie. — J'ai frémi de bonheur et de crainte ; ce dernier sentiment est resté dans mon cœur, il m'a persécuté jusqu'à ce que j'aie été complètement rassuré. Voici comment je suis devenu plus tranquille.

loL soirée était si belle que le comte nous a

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