‹ ValérieChapitre 32 sur 68 · VAL£JU · texte numérisé non relu

VAL£JU

se sont onyerUy des milliers de fleurs sont re«

venues sur les prairies de Hollyn , que nos pieds foulèrent si souvent ensemble. Que ne sommes-nous encore réunis 1 nous traverserions ces vastes forêts , nous poursuivrions l'élan jusque dans ses retraites les plus cachées»

mais sans le blesser nous le laisserions A sa sauvage liberté , et charmés de silence et de solitude, nous nous reposerions, comme nous e fîmes si souvent» de nos courses vagabondes. / Ce besoin d'errer sans projet, sans dessein, 1 t'ôtait quelque chose de ces forces trop actives, trop dévorantes. Oh 1 que n'es-^u encore ici» que ne calmes-tu ainsi cette agitation de ton âme» qui te jette maintenant dans des dangers que Je crains tant pour toi 1 Tu le sais» Gustave, je n'ai jamais redouté l'amour, il est désarmé pour moi » par la tranquillité de mon imagination» parune foule d'habitudes douces» de sensations peut-être monotones , mais qui par là même ont un empire continuel. Ma vie se compose d*un doux bien-être» et je ressemble A ces végétaux de Ilnde , que la nature destina à garantir de l'orage, puisque l'orage ne les frappe jamais. C'est ainsi que je me crois plus hit que bien d'autres pour calmer» pour diriger un peu les mouvemens trop exaltés de ton àme. Ce n'est pas ton absence seule qui me chagrine, c'est cette passion que cha-

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