LETTRE XX
dâire, oubliant le monde entier, sentant avec
ivresse Valérie presque dans mes bras, et détestant pourtant ma frénésie. J'avais |absolument perdu la tète, et la voix seule de ce que j'aimais pouvait me rappeler à moi . Elle souffrait de la rapidité de la valse, et me le reprodait. Je la posai sur un feuteuil ; je la conjurai de me pardonner. Elle était pâle ; je tremblais d'effiroi : j'avais l'air si égaré, que Valérie m fMfIrappée. Elle me dit ayeo bonté : ~Gela va mieux ; mais, une autre fois, vous serez plus prudent : vous m'avez bien effrayée ; vous ne m'éooutiez pas datent. O Gustave 1 me dit-elle» avec un accent très-significatif, que vous êtes changé! — Je ne répondis rien. — Promettes^ moi, dit-elle encore, de chercher à recouvrer votre raison : promettez-le-moi, dit-elle d'une voix attendrie, aujourd'hui, dans ce jour où vous Pi'aveB montré tant d'intérêt. — Elle se leva , voyant qu'on se rapprochait de nous : je lui tendis la main, comme pour l'aider à marcher ; el, en serrant avec respect et attendrissement cette main, je lui dis : — Je serai digne dé votre intérêt, ou je mourrai. — Je m'enfonçai danales jardins, où je marchai long-temps en proie à mille tourmens que me créaient les remords dont j'étais déchiré .